Nîmes : 11 personnes jugées pour une vaste escroquerie au bois de chauffage

200 victimes, près de deux millions d'euros de préjudice. Le procès de 11 personnes soupçonnées d'une escroquerie internationale au bois de chauffage s'est ouvert ce lundi à Nîmes. Le jugement doit ête rendu le 17 mars.

Aujourd'hui, chef de la chambre de l'instruction à la cour d'appel de Nîmes, Christophe Tessier, a été le premier juge d'instruction nommé et directeur d'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015
Aujourd'hui, chef de la chambre de l'instruction à la cour d'appel de Nîmes, Christophe Tessier, a été le premier juge d'instruction nommé et directeur d'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 © Josette Sanna/ FTV

Onze personnes sont jugées depuis ce lundi matin 15 mars, suspectées d' une vaste escroquerie au bois de chauffage. Une escroquerie avec des ramifications au niveau international mise au jour par une enquête au long cours des gendarmes du Gard. Elle avait conduit à l'interpellation d'une dizaine de personnes en septembre 2020.

Bois payé, jamais livré

Tout commence par une plainte déposée à Marguerittes, près de Nîmes, dans le Gard, pour un achat de bois payé mais jamais livré.
Une plainte qui amène les gendarmes du département sur la piste d'une escroquerie internationale. Trois ans d'une enquête patiente, parfois fastidieuse. "Un travail de fourmi" reconnaissent les gendarmes, "avec des heures et des heures de travail sur des lignes de compte."

Nous avons fait un gros travail sur les comptes bancaires. On a épluché les comptes, toutes les transactions. Petit à petit, nous avons travaillé sur plus de mille comptes, avec de vraies personnes ou avec des identités usurpées.

Alexandra Aicardi, gendarme chargée de l'enquête

En analysant ce millier de comptes bancaires et les transferts de fonds associés, les enquêteurs de la gendarmerie ont mis au jour une arnaque internationale de faux achats et ventes sur internet.

"Au bas de l’échelle il y a ceux qui créent des comptes avec des identités usurpées. Ils récupèrent des coordonnées grâce à des petites annonces, par exemple la vente d'une voiture sur le site Le bon coin, puis ils créent un vrai compte avec", précise Alexandra Aicardi, l'une des gendarmes chargés de l'enquête.

Fausses annonces, vrais escrocs

Grâce à ces fausses annonces, les escrocs se font virer de l’argent, qu’ils transfèrent ensuite à l’étranger, à Malte ou au Bénin par exemple, après avoir gardé une commission au passage. Au-dessus de ces petites mains, sans casier judiciaire, il y a les donneurs d’ordre et puis les têtes de réseau qui sont pour la plupart basées à l’étranger.

Au total les enquêteurs ont comptabilisé 200 victimes et 200 000 euros de préjudice pour la partie du dossier retenue par le parquet de Nîmes. Dix personnes ont été interpellées.

Les escroqueries portent sur des sommes relativement modestes, de 90 à 2 000 euros mais le nombre d’escroqueries commises et le nombre de victimes font monter le préjudice à près de 2 millions d’euros en tout.

Réseau international

L'escroquerie au bois de chauffage qui a permis de lancer cette affaire n'est qu'un élément d'une vaste organisation internationale.
"Ce sont des sites internet qui sont créés exprès", explique le procureur de Nîmes, "on y vend tout : des locations de vacances, du bois et même des rencontres amoureuses. Ce n’est fait que pour déclencher l’achat de Monsieur-Madame Tout le monde."

La gendarmerie rappelle qu'il faut systématiquement se méfier d'offres alléchantes, sur internet, même sur un site connu, des offres à la moitié du prix pratiqué ailleurs par exemple.

Le procès qui s’est ouvert ce lundi dans la salle habituellement réservée aux Assises, doit durer trois jours.

 

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