Nîmes : Claude Pradille, ancien sénateur et maire de Sauve, condamné à deux ans ferme en appel

La Cour d’appel de Nîmes a condamné l'ancien sénateur-maire de Sauve plus lourdement qu'en première instance : Claude Pradille écope de deux ans de prison ferme pour avoir organisé son insolvalibilité afin de ne pas rembourser le million et demi d'euros détournés à l'office HLM du Gard. 
 
Deux ans de prison ferme pour Claude Pradille. L'ancien sénateur et maire de Sauve, a été condamné en appel à Nîmes, ce matin.

Les juges sont allés plus loin que les réquisitions : en octobre dernier, l'ancien sénateur et maire de Sauve,
Deux ans de prison ferme pour Claude Pradille. L'ancien sénateur et maire de Sauve, a été condamné en appel à Nîmes, ce matin. Les juges sont allés plus loin que les réquisitions : en octobre dernier, l'ancien sénateur et maire de Sauve, © F3 Occitanie
La décision de la cour d'appel est tombée ce jeudi matin à Nîmes : deux ans de prison ferme pour Claude Pradille.

Les juges sont allés plus loin que la première instance (Claude Pradille avait d'abord été condamné à 4 mois de prison ferme en 2016. ) et même que les réquisitions du procès d'appel. En octobre dernier, l'ancien sénateur et maire de Sauve, Claude Pradille, avait comparu devant la cour d'appel de Nîmes pour avoir organisé son insolvabilité après une condamnation concernant sa gestion de l'office HLM du Gard.

La justice lui reproche depuis 2016, date du procès en première instance, d'avoir transmis son patrimoine pour ne pas payer ses dus. Il aurait détourné 1,4 millions d'euros à l'office départemental des HLM, Habitat du Gard, pendant qu'il était à sa tête de 1983 à 1994. 

Il s'agit d'un château situé à Caveirac, près de Nîmes dans le Gard, évalué à 750 000 euros dont sa fille et son ex-gendre sont aujourd'hui propriétaires. 

Lors du procès en appel fin octobre, l'avocat général avait requis 18 mois d'emprisonnement, la confiscation du château de Caveirac, cédé à sa fille ou à une SCI, ainsi que ses biens immobiliers à Sauve dont il n'a aujourd'hui que l'usufruit.

12 mois de prison avec sursis avait également été requis contre sa fille poursuivie pour recel et 50.000 euros concernant la SCI. 
 

Deux ans ferme, biens immobilisés confisqués


Ce matin, la cour d'appel de Nîmes a donc allongé la peine à 2 ans ferme. Les biens immobiliers de l'ancien sénateur seront confisqués. 

Sa fille, en revanche, a été condamnée à ce qui avait été requis : un an d'emprisonnement avec sursis pour recel et la société qu'elle dirigeait écope d'une amende de 20 000 euros. 

Son avocat, maître Cabanes a déjà annocé son intention de former un pourvoi en cassation.

 
 

Des malversations datant des années 80-90


L’affaire Pradille remonte aux années 90, quand ses malversations ont été dénoncées alors qu'il présidait l’office HLM du Gard.

Ce matin, c’est donc l'un des derniers actes d’une longue saga judiciaire. Elle avait commencé en juillet 1995, quand le tribunal correctionnel de Nîmes avait condamné le maire de Sauve, petite commune du Gard, à trois ans de prison ferme pour « faux et usage de faux, corruption, complicité d’escroquerie et subornation de témoins ».

C'est à cette époque qu'il avait été reconnu coupable du détournement de 1,4 à 1,5 million d’euros au détriment de l’Office HLM du Gard dont il fut le directeur de 1983 à 1994. Somme que les juges lui avaient imposé de rembourser.

C’est un rapport de la Cour des comptes qui avait fait éclater l’affaire.  Un rapport accablant sur le système de corruption mis en place par Claude Pradille.

Parmi les "exploits" du socialiste, une explosion des effectifs de l'Office Public HLM : des emplois qui servaient surtout à s'occuper de ses activités de sénateur à sa permanence. Ces salariés de l'Office étaient devenus ses chauffeurs, secrétaires ou attachés parlementaires selo une enquête d'Objectif Gard"pulbiée en 2015.
Claude Pradille, s'est également illustré dans les marchés publics bidons, en offrant, par exemple, à son beau-frère, du matériel informatique destiné à l'Office HLM.

Fait rarissime, sa déchéance de mandat de sénateur avait été constatée par conseil constitutionnel le 11 septembre 1997.


 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société politique faits divers