Nîmes : le policier arnaquait les gardés-à-vue en leur restituant des faux billets

Des fausses coupures mais aussi une imitation de Rolex. Le policier de Nîmes mis en examen début décembre remplaçait l'argent et les objets déposés par les gardés-à-vue par des faux et empochait les vrais. Une information du Canard Enchaîné confirmée par nos confrères de l'AFP.
Au commissariat de Nîmes, le policier aurait remplacé par des faux les billets d'au moins 3 personnes pendant leur garde-à-vue.
Au commissariat de Nîmes, le policier aurait remplacé par des faux les billets d'au moins 3 personnes pendant leur garde-à-vue. © MaxPPP

L'affaire a été mise au jour début décembre par la police des polices mais c'est seulement aujourd'hui qu'une source judiciaire a confirmé à nos confrères de l'AFP l'information publiée par le Canard Enchaîné. Depuis au moins 9 mois, un policier nîmois chargé de la fouille  et de la saisie des effets de plusieurs personnes gardées à vue leur aurait restitué à la sortie des faux.  Le fonctionnaire de police a été mis en examen à Nîmes le 4 décembre pour "vol par dépositaire de l'autorité publique, recel de vol, détention et utilisation de faux billets et association de malfaiteurs."
Selon les précisions d'une source policière auprès de France 3 Languedoc-Roussillon,  l'homme était en fait soupçonné depuis 2015, ce qu'il laisse penser qu'il aurait un bon nombre de malversations à son actif.
 

Des faux billets mal imités


L'affaire éclate fin novembre. Une jeune femme, placée en garde à vue pour vol au commissariat de Nîmes, demande que les billets de 10 et 20 euros restitués à sa sortie soient passés au détecteur.
La machine confirme alors ce qu'elle soupçonnait : ce sont des faux, plutôt grossiers, utilisés lors de tournages de cinéma.

Une plainte similaire avait été déposée quelques heures plus tôt par une autre personne, ce qui éveille les soupçons du commissariat de Nîmes car c'est le même policier qui s'est chargé des deux gardés-à-vue.
 

La police des polices mêne l'enquête


L'enquête confiée à la police des polices de Marseille permet notamment de découvrir que neuf mois plus tôt, un troisième homme
placé en garde à vue avait saisi la justice, affirmant qu'il était entré au commissariat de Nîmes avec une Rolex au poignet et s'était vu rendre une contrefaçon à sa sortie. D'après une source proche du dossier, ces accusations n'avaient d'abord pas été prises au sérieux jusqu'à ce que les enquêteurs découvrent que le même gardien de la paix était intervenu dans cette affaire. Une perquisition à son domicile aurait permis de retrouver d'autres objets et des liasses de faux billets. 
D'après nos informations, après le déclenchement de l'enquête, le policier s'est présenté lui-même à l'IGPN de Marseille pour déclarer qu'il était l'auteur des malversations.
 

Sanction immédiate 


Le fonctionnaire, qui a été mis en examen à Nîmes le 4 décembre pour "vol par dépositaire de l'autorité publique, recel de vol, détention et utilisation de faux billets et association de malfaiteurs", a été placé sous contrôle judiciaire et suspendu de ses fonctions. Selon l'AFP, sa hiérarchie a demandé sa radiation.
Selon nos dernières informations, l'homme, âgé de 35 ans, était dans la police depuis une douzaine d'années. Ce serait un gros joueur au loto sportif.
.  
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
police sécurité enquêtes justice