Procès des matchs arrangés de Nîmes : des condamnations définitives pour les ex-dirigeants du Nîmes Olympique

Jean-Marc Conrad, ex-président du Nîmes Olympique - archives / © STRINGER / AFP
Jean-Marc Conrad, ex-président du Nîmes Olympique - archives / © STRINGER / AFP

La cour d'appel de Paris, qui rejugeait plusieurs prévenus dans l'affaire des soupçons de matches arrangés autour du Nîmes-Olympique en Ligue 2 en 2014, a relaxé mardi l'ancien patron du club de Caen, Jean-François Fortin. Les peines des dirigeants nîmois sont désormais définitives.

Par FD avec afp


Les dirigeants nîmois de 2014, Jean-Marc Conrad, président, et Serge Kasparian, co-actionnaire, ont été reconnus coupables en première instance, en 2018, d'avoir cherché à arranger le score de plusieurs matches afin d'éviter la relégation du club qu'ils venaient de reprendre.
Eux qui avaient toujours nié toute malversation s'étaient désistés de leurs appels. Ce jugement de la cour d'appel de Paris ne change donc rien pour eux.
Leurs condamnations à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 50.000 euros d'amende sont définitives.
 

L'ancien président de Caen relaxé en appel

Le 13 septembre 2018, Jean-François Fortin avait été condamné à 15 mois avec sursis et 15.000 euros d'amende pour corruption passive s'agissant du match central du dossier, un nul 1-1 Nîmes-Caen le 13 mai 2014 qui avait permis aux Normands de monter en Ligue 1 et à Nîmes d'éviter la relégation. Il est finalement relaxé en appel.
Il avait toujours nié toute velléité d'arrangement.

"Son honneur est rétabli", a commenté auprès de l'AFP l'un de ses avocats, François Géry. "La cour d'appel sanctionne et rappelle qu'un dossier au pénal, ce n'est pas le dossier des +on dit+", a ajouté l'avocat.
 

Des tentatives d'arrangements mais pas de corruption

En fin de saison 2013-2014, le club de Nîmes-Olympique se trouvait au pied du mur, menacé d'une descente en National.

L'enquête s'était largement basée sur des écoutes téléphoniques plus ou moins limpides - "Commence à machiner, on donnera ce qu'il faut", "Un prêté pour un rendu"... - dans lesquelles le terme "arrangement" était récurrent.

Pour le tribunal correctionnel, cinq matches avaient fait l'objet de tentatives d'arrangements : les rencontres de Nîmes contre Bastia (0-0),
Dijon (défaite 5-1), Brest (1-1), Caen (1-1) et Créteil (1-1).

Ces tentatives avaient échoué. Il n'était pas reproché aux prévenus d'avoir altéré l'issue des rencontres, mais d'avoir essayé.

4 des 9 hommes jugés en 2018 ont été rejugés. 3 n'avaient pas fait appel et 2 prevenus avaient été relaxés en septembre 2018.

Jean-François Fortin, qui avait évoqué au téléphone l'intérêt d'un nul avec Jean-Marc Conrad, l'intermédiaire et patron de club amateur Franck Toutoundjian et deux hommes soupçonnés d'avoir été des intermédiaires ponctuels, l'homme d'affaires Michel Moulin et un ancien joueur devenu "coach mental", Mohamed Regragui.

M. Toutoundjian, condamné en appel pour les matches contre Dijon, Brest et Créteil, a vu sa peine allégée à un an de prison avec sursis. 
M. Moulin a été condamné à six mois avec sursis et 10.000 euros d'amende.
M. Regragui a quant à lui été relaxé. Il s'est dit "soulagé": "je n'ai jamais triché de ma vie".
 

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