Un cas de grippe aviaire dans les Ardennes, les volailles à nouveau confinées dans les zones à risque comme le Gers

Un cas de grippe aviaire a été détecté chez un particulier des Ardennes, entraînant immédiatement le relèvement du niveau de risque en France à "modéré" et le confinement dès vendredi 10 septembre des volailles dans les zones les plus sensibles. Treize communes du Gers sont concernées.
Vers un nouveau confinement des volailles dans certains élevages, gersois notamment.
Vers un nouveau confinement des volailles dans certains élevages, gersois notamment. © Emmanuel Fillon/FTV

Les éleveurs français commençaient à peine à se relever de l'épizootie d'influenza aviaire (communément appelée grippe aviaire) de l'hiver dernier, qui avait conduit à l'abattage de plus de 3,5 millions de volailles, principalement des canards. Et voilà que jeudi 9 septembre a été confirmé un cas de contamination chez un particulier des Ardennes, près de la frontière belge. Ses volailles, non commercialisées, ont toutes été euthanasiées. "Ce cas ne remet pas en cause le statut recouvré par la France le 2 septembre de "pays indemne d'influenza", assure le ministère de l'Agriculture.

Un contexte européen

Depuis début septembre, deux cas de H5N8 ont été déclarés en Belgique, chez un négociant d'oiseaux d'ornement et chez un particulier. Le Luxembourg a également confirmé mercredi un cas chez un particulier, en lien direct avec les ventes effectuées
par le négociant belge, selon un communiqué de l'agence belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

L'élévation du niveau de risque en France, de "négligeable" à "modéré", sur "l'ensemble du territoire métropolitain", est donc entré en vigueur ce vendredi 10 septembre. Des mesures de prévention sont rendues obligatoires dans les communes situées dans des zones dites à risque particulier (ZRP), c'est-à-dire abritant des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs - essentiellement les couloirs de migration des volatiles. Dans le département du Gers, treize communes sont concernées (la liste complète à retrouver ici, sur le site du ministère de l'agriculture).


Nouveau confinement dans les zones à risque

Parmi ces mesures, sont imposées la mise à l'abri des volailles, qui ne pourront donc plus évoluer en plein air dans ces secteurs, et l'interdiction de rassemblement d'oiseaux (pour les concours).
Il s'agit d'éviter toute nouvelle flambée, après une année désastreuse pour les éleveurs de canards. Entre novembre et mai, la France avait recensé près de 500 foyers d'influenza aviaire dans des élevages, principalement dans le Sud-Ouest réputé pour sa production de foie gras.


"Pas d'affolement. C'est une mesure d'extrême prudence et de précaution. C'est tôt, mais cela permet de mieux se préparer", explique Eric Dumas, président du Cifog, l'interprofession des palmipèdes à foie gras. Éleveur dans les Landes, département qui a concentré avec le Gers et les Pyrénées-Atlantiques 95% des foyers d'influenza cet hiver, Eric Dumas fait partie des producteurs qui doivent confiner dès à présent.

Notre ADN, c'est le plein air, mais personne ne veut revivre ce qu'on a subi cette année.

Eric Dumas, président du Cifog


 Du foie gras à Noël

"On sait qu'on n'aura plus de dérogation dans les petits élevages pour laisser les canards dehors", a souligné pour sa part Florian Boucherie, président de la commission circuits courts du Cifog, qui élève, gave et transforme ses oies et canards sur son exploitation du Périgord noir. "On se dit que si on joue tous le jeu, le futur sera plus vert", a-t-il ajouté.

La nouvelle désole les syndicats Confédération paysanne et Modef. Dans un communiqué, ils redoutent "la fin du plein air", "avec des animaux claustrés les trois quarts de l'année".

La France est de loin numéro un mondial de foie gras, avec des ventes annuelles estimées à 2 milliards d'euros. Habituellement, environ 30 millions de canards gras y sont élevés par an. Un chiffre tombé à 21 millions cette année.
Le ministère a précisé que toutes les mesures engagées vendredi seraient "accompagnées d'une surveillance clinique quotidienne dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux)".

Si la France perdait son statut "indemne" tout juste recouvré, cela impliquerait la fermeture automatique des débouchés vers certains pays, comme la Chine et la Corée du Sud. En attendant, le Cifog se veut rassurant : "On veut montrer qu'on rebondit, on sera présent" dans les rayons en fin d'année, "il y aura du foie gras à Noël".

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
grippe aviaire agriculture économie