3 enfants arrêtés et expulsés le lendemain de la rentrée : colère et rassemblement à Cornebarrieu

Manifestation d'associations de soutien aux étrangers sans papier devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu / © Pierre Grenier - Cimade
Manifestation d'associations de soutien aux étrangers sans papier devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu / © Pierre Grenier - Cimade

Un rassemblement est organisé à l'initiative du Cercle des Voisins, ce jeudi 12 septembre, devant le Centre de Rétention de Cornebarrieu (31). 3 enfants albanais scolarisés ont été arrêtés le jour de la rentrée des classes et renvoyés le lendemain dans un avion spécialement affrété.

Par Nathalie Fournis

Les associations le Cercle des Voisins, la Cimade et Réseau Education Sans Frontières (RESF) disent NON aux arrestations et aux placements des enfants au Centre de Rétention Administrative de Cornebarrieu (CRA). Quelques jours après l'expulsion de trois enfants albanais, ces associations de défense des étrangers sans papier se sont réunies pour condamner ces pratiques ce jeudi matin.
 

Arrêtés le jour de la rentrée

Ce lundi 2 septembre 2019, ces 3 enfants ont fait leur rentrée des classes comme des milllers d'écoliers en Midi-Pyrénées. Le soir même ils ont été placés au CRA de Cornebarrieu avec leurs familles, pour embarquer dès le lendemain matin à bord d'un avion charter spécialement affrété direction l'Albanie.

Joint par téléphone, Pierre Grenier est délégué régional de la Cimade, il nous confie son sentiment :

"C'est une expulsion expéditive pour éviter tout contrôle sur les irrégularités de procédure. 
  C'est une action surtout symbolique pour montrer notre vigilance et notre indignation face aux arrestations et à l'enfermement des enfants."

 

Les associations toujours mobilisées

Le 8 septembre, selon la Cimade, 2 lycéens étaient aussi derrière les barreaux de Cornebarrieu en attente de leur renvoi vers leur pays d'origine. Ce jeudi est la première manifestation mais ce ne sera pas la dernière annoncent les associations.

Elles veulent maintenir la pression sur les préfectures responsables de ces pratiques .

"C'est dur mais je m'y attendais"

Le député européen La France Insoumise Manuel Bompard a exercé son droit de visite au CRA ce même jour.
Pendant deux heures le parlementaire a pu rencontrer les personnels, les associations ainsi que les personnes en rétention.
Nous l'avons contacté pour avoir son ressenti sur cette visite.

"C'est dur mais je m'y attendais"


Il déplore les conditions de vie difficiles pour les adultes vivant dans au centre, pas de rideaux aux fenêtres, le bruit incessant des avions, le manque d'intimité, la fatigue.
Des conditions de rétention certe pas adaptées aux adultes mais problématiques quand il s'agit des enfants.

"J'ai visité l'aire de jeux, elle est dans un état déplorable... aucun enfant n'aurait envie d'aller y jouer"

Parmi les nombreuses personnes avec qui il a pu échanger, une rencontre a cependant marqué la visite de Manuel Bompard.


"Il s'est présenté à moi spontanément. 
Le jeune homme est d'origine algérienne, il est retenu depuis dimanche dernier au CRA. 
L'année passée il était scolarisé en première scientifique au lycée des Arènes à Toulouse et a fait sa rentrée en bac pro au lycée Rolland Garros avant d'être arrêté le 8 septembre lors d'un contrôle d'identité.
Il a des bons résultats et reçoit le soutien de la communauté éducative mais il est sous le coup d'une obligation de quitter le territoire. Le jeune homme est très inquiet."

 

 

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