Accessibilité : des peines symboliques et de la prison avec sursis pour Odile Maurin et les personnes handicapées

La militante Odile Maurin et d'autres personnes en situation de handicap ont été condamnées ce matin par le tribunal correctionnel de Toulouse à des peines de prison avec sursis et des amendes symboliques. Elles avaient bloqué la gare Matabiau et l'aéroport de Toulouse-Blagnac en 2018.

Odile Maurin devant le palais de justice de Toulouse avant son procès, vendredi 6 décembre
Odile Maurin devant le palais de justice de Toulouse avant son procès, vendredi 6 décembre © C.Romain / FTV

Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné ce mercredi matin les 16 prévenus en fauteuil roulant - dont la militante Odile Maurin - à de la prison avec sursis et des amendes symboliques. Pour alerter sur leurs situations, elles avaient bloqué la gare Matabiau et l'aéroport de Toulouse-Blagnac en 2018.

Des peines symboliques

Leur cheffe de file Odile Maurin a écopé de 6 mois de prison avec sursis, de 2 à 4 mois de prison avec sursis pour les autres. Les 16 prévenus devront aussi verser des amendes symboliques : 1€ pour Airbus et 1€ pour l'aéroport de de Blagnac. Une somme sensiblement supérieure pour la SNCF : un peu plus de 2000€.

Plusieurs blocages en 2018 pour dénoncer la situation des handicapés

La justice leur reproche d'avoir entravé la circulation d'un TGV le 24 octobre 2018 en gare de Toulouse-Matabiau et d'avoir envahi les pistes de l'aéroport de Toulouse-Blagnac le 14 décembre 2018. Des actions fortes et symboliques pour alerter sur la situation que vivent au quotidien les personnes en situation de handicap. Elles réclament ainsi une meilleure accessibilité aux transports, aux logements.

Le 24 octobre 2018 les militants de Handi-Social ont bloqué les voies de la gare de Toulouse-Matabiau
Le 24 octobre 2018 les militants de Handi-Social ont bloqué les voies de la gare de Toulouse-Matabiau © Th. Gausserand

Un reproche qui vaut aussi pour la justice. Dans un communiqué, les associations Handi-Social, Droit Pluriel et la Ligue des Droits de l'Homme dénoncent les conditions de comparution devant le tribunal judiciaire de Toulouse en mars 2021 : "Le tribunal les a reçus sans interprète, sans micros opérationnels, avec pour faire office d’ascenseur un monte-charge inconfortable et mal odorant. Les documents n’étaient pas lisibles pour la synthèse vocale utilisée par l’accusée aveugle…. Pour dire le droit, la justice les a ainsi mis dans une situation indigne et en rupture d’égalité. Dans l’impossibilité de se rendre aux toilettes, ces femmes et ces hommes ont été forcés de porter des couches, de s’uriner dessus. Qui accepterait cela?"

Nul doute que la militante désormais élue d'opposition à la ville de Toulouse va continuer de se battre pour la cause des handicapés.

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