Assemblé au CNES de Toulouse, le satellite Taranis perdu peu après son lancement

Le lanceur européen Vega qui devait mettre en orbite deux satellites, dont Taranis pour le compte du CNES de Toulouse, dans la nuit de lundi à mardi a essuyé "une anomalie" dans sa trajectoire peu après son décollage. Malheureusement, le satellite a été déclaré perdu par Arianespace.
C'est 8 minutes seulement après son décollage depuis le Centre Spatial Guyanais de Kourou que le lanceur Véga a subi une "dégradation de sa trajectoire". L’absence de données de télémétrie sur la position de l’engin a ensuite été constatée, mettant ainsi un terme à la mission.

Anomalie de trajectoire

La "trajectoire" est "dégradée" ont indiqué peu après le décollage du lanceur européen Vega les équipes en charge du suivi des opérations selon la retransmission vidéo du lancement. Le lanceur léger Vega qui avait décollé à 22H52 depuis Kourou en Guyane française (02H52 heure de Paris) a rencontré une "anomalie" et "la mission est perdue", a confirmé en direct quelques minutes plus tard depuis le centre spatial de Kourou Stéphane Israël, le PDG d'Arianespace, la société qui opère les lancements. Dans un communiqué, Arianespace précise :

Huit minutes après le décollage de la mission, immédiatement après le premier allumage du moteur du quatrième étage, une dégradation de la trajectoire a été constatée, entraînant la perte de la mission.

"Les analyses des données de la télémesure sont en cours pour préciser les raisons de cet échec" a précisé le groupe.

Enorme déception pour le CNES

Cet échec est un coup de tonnerre pour les concepteurs de la mission Taranis. Baptisé du nom du dieu du ciel et de la foudre chez les Celtes, le satellite de 180 kg conçu par la France devait être placé en orbite héliosynchrone, à 670 kilomètres de la Terre, pour observer pendant deux ans les gigantesques "flashs lumineux" de 30 à 90 km de haut qui explosent au-dessus des gros nuages d'orages. Il était attendu avec impatience par des scientifiques du monde entier.

Cet échec de Vega nous rappelle une fois encore que nous faisons un métier très difficile, où la frontière entre le succès et l’échec est extrêmement ténue. Les équipes vont immédiatement se remettre au travail pour analyser, comprendre et corriger les causes de cette défaillance afin de repartir en vol dans les meilleurs délais. 

Jean-Yves Le Gall, Président du CNES

Projet de 110 millions d'euros

Ce projet de 110 millions d'euros devait apporter des données uniques pour comprendre les mécanismes à l’origine des transferts d’énergie s'effectuant à la suite d'éclairs entre l’atmosphère, l’ionosphère et la magnétosphère, ainsi que leurs possibles impacts sur l’environnement de la Terre. Initiateur de cette mission, le CNES assurait la maîtrise d’œuvre, l’intégration de la charge utile sur la plateforme, issue de sa filière de micro-satellite Myriade et les essais de Taranis.

Il s'agissait de la deuxième mission de l'année pour Vega qui a connu "une année difficile" (2 lancements contre 4 prévus), avait expliqué lundi Mario Fragnito, directeur de Vega, en référence à l'épidémie de Covid-19 et à des météos consécutives défavorables en Guyane.

Vega avait aussi connu une défaillance à l'été 2019, qui avait entraîné sa destruction, par précaution.
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