Coronavirus : les ambulanciers privés sont aussi en première ligne

A Toulouse, ils assurent la moitié des transports des malades, les ambulanciers privés sont aussi en première ligne de cette crise sanitaire. Ils ont dû s'adapter aux nouvelles contraintes et aimeraient que cette épidémie les aide à faire évoluer leur profession.

Transport de malades du Covid-19 par ambulances à Perpignan.
Transport de malades du Covid-19 par ambulances à Perpignan. © MAXPPP/ Clementz Michel
On en parle peu, ils sont pourtant l’un des maillons de la chaîne dans la prise en charge des patients atteints par le Covid-19.
Depuis le début de l'épidémie, à Toulouse, les ambulanciers privés sont aussi en première ligne de cette crise, pourtant ils sont peu reconnus.
En lien avec le SAMU31 et les hôpitaux, ce sont eux qui véhiculent la moitié des malades vers les urgences des différents établissements hospitaliers ou cliniques privées.
En ce moment, les ambulanciers privés réalisent un à trois transport par jour de malades potentiellement atteints par le covid-19, leur charge de travail s'est alourdie, leur mission s'est largement étoffée.

"Nous faisons front"

Dès que nous sommes appelés pour transporter un patient pouvant être atteint de coronavirus, nos procédures ont beaucoup évolué. Nous devons d'abord nous rendre au SAMU31 pour récupérer nos tenues de protection et de quoi désinfecter notre ambulance. Chez le patient, ils nous faut ensuite prendre un maximum de précaution face à un virus encore méconnu et potentiellement dangereux. Après avoir déposé le malade aux urgences, nous passons jusqu'à 50 minutes à nettoyer et à désinfecter toute l'ambulance avant de pouvoir reprendre en charge un autre malade. C'est devenu très lourd. Mais nous faisons front.

nous explique Anthony Bonnet, ambulancier et président de l'Ambusquad 31, une association regroupant des ambulanciers indépendants en Occitanie.

 

Voir évoluer leur mission

La crise identitaire qui a frappé les personnels soignants l'an passé a aussi laissé des traces chez ces ambulanciers.
Manque de reconnaissance, horaires difficiles, charge de travail, aujourd'hui ces professionnels du transport de santé ressentent le besoin d'être entendus et aimeraient faire évoluer leur travail pendant cette crise pandémique.

En ce moment nous sommes tous fortement mobilisés pendant cette épidémie, on essaye de faire un travail de qualité dans des situations parfois compliquées avec des patients atteints par plusieurs pathologies, dont peut-être le coronavirus. Il faut réussir à bien les prendre en charge et à les rassurer.

poursuit Anthony Bonnet.

Des infirmiers à bord des ambulances

Doté d'un diplôme d'Etat délivré par le ministère de la Santé, sur les 8 modules de formation, les ambulanciers en préparent 4 en commun avec les aides-soignants.
Au chevet du patient, ils disent plus remplir une mission de santé que de secours. Dans les cas très graves, c'est le SMUR avec un médecin qui se déplace mais dans des situations moins vitales, se sont eux qui vont au contact du patient.

Parfois les situations se dégradent pendant l'intervention, poursuit Anthony Bonnet. Or nous ne sommes ni médecin, ni infirmier. Il y a certains gestes, comme juste poser un électrocardiogramme pour pouvoir communiquer des constantes à un médecin à distance, qui nous sont interdits. Aujourd'hui avec mon association on essaye de déposer un projet pilote pour pouvoir bénéficier de la présence d'infirmiers dans nos ambulances.

L'association Ambusquad 31 milite en effet pour obtenir un infirmier à bord des ambulances privées pour faire plus de prévention et développer une meilleure prise en charge des patients.
Une idée, un projet qui a été soumis à Carole Delga, la présidente du conseil régional d'Occitanie.
"Il faudrait que cette crise épidémique nous serve de support pour l'après, dans l'organisation et pour intégrer un peu plus les ambulanciers sur l'activité et la prise en charge pré-hospitalière du patient", conclut Anthony Bonnet.

Les ambulances privées ont transporté 158 966 personnes à la demande du SAMU sur toute l'Occitanie en 2018, contre 137 399 personnes évacuées par les pompiers. 16 474 personnes ont été prises en charge, elles, par le SMUR, le service mobile d'urgence et de réanimation mobilisé qu'en cas d'urgences vitales.

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