Curiosity, le robot de la NASA doté d'une camera développée à Toulouse, a fêté ses 3000 jours sur la planète Mars

3000 jours de présence sur Mars et Curiosity, le robot de la NASA, poursuit son travail de recherche de traces de vie sur la planète rouge. Le 18 février prochain, un autre rover, appelé Persévérance, et équipé d'instruments encore plus perfectionnés, posera ses roues sur Mars.

Selfie pris par Curiosity, le vaisseau spatial de la NASA, le 11 octobre 2019, lors de son 2553ème sol, c'est à dire jour martien.
Selfie pris par Curiosity, le vaisseau spatial de la NASA, le 11 octobre 2019, lors de son 2553ème sol, c'est à dire jour martien. © NASA / MAXPPP

Le 12 janvier, huit ans et demi après son arrivée sur la planète rouge, le robot Curiosity a atteint les 3000 sols, c’est-à-dire 3000 jours martiens, qui sont un peu plus longs que les jours sur Terre puisqu’ils durent 24h et 39 minutes. 3000 jours, 23 km parcourus et toujours bon pied bon œil ! Et cela tombe bien car la caméra embarquée, ChemCam, continue à immortaliser de beaux clichés de la planète Mars.

Le rover Curiosity est à la fois un laboratoire scientifique mobile et un géologue robotisé. Sa mission est de sonder le sol martien à la recherche de traces de vie. Toutes les données récoltées ont permis aux scientifiques de démontrer qu’il y a 4 milliards d’années, la planète Mars a connu des conditions favorables à la vie, sans qu’elle s’y soit pour autant développée.

Une durée de vie difficile à estimer dans le spatial

Depuis 2012, Curiosity est programmé pour appeler chaque matin pour donner des nouvelles de sa santé. Il en profite pour envoyer les données collectées et récupérer le plan d'activités jour. Le contact est établi 3 à 4 fois par jour, via des relais satellites et donc pas en direct.

Comme le fait remarquer Sylvestre Maurice, astrophysicien à l'institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) basé à Toulouse, qui communique avec Curiosity quotidiennement, il n'est pas aisé d'estimer la durée de vie d'un véhicule interplanétaire. Il décrit un processus "artisanal" : "Nous sommes des artisans, nous en faisons un tous les 10 ans, il ne s'agit pas d'un processus organisé comme dans le domaine de la construction de voitures où vous savez qu'entre 200 000 et 300 000 km, le véhicule tombera en panne. Souvent on a de la mort subite, de l'écrasage à l'atterissage par ex, un problème avec la fusée .... Et puis il a aussi des "missions étendues" c'est-à-dire plus longues. 

Sylvestre Maurice, astrophysicien à l'IRAP (CNRS, CNES, Université Toulouse 3 Paul Sabatier) communique avec le robot Curiosity au quotidien, depuis 8 ans et demi.
Sylvestre Maurice, astrophysicien à l'IRAP (CNRS, CNES, Université Toulouse 3 Paul Sabatier) communique avec le robot Curiosity au quotidien, depuis 8 ans et demi. © OMP/Sebastien Chastanet

 

On essaie de marger un maximum de façon à ce que les véhicules interplanétaires durent au minimum la mission nominale de 2 ans, idéalement on atteint 3 fois cette durée et au delà, c'est du bonus donc nous sommes très contents

Sylvestre Maurice, astrophysicien à l'IRAP (Institut de recherche en astrophysique et planétologie) à Toulouse

En télétravail depuis presque une décénnie ...

Quant au télétravail qui se généralise actuellement, c'est loin d'être une nouveauté pour Sylvestre Maurice !

Mon bureau, il est sur Mars ! Je suis en télétravail depuis 8 ans et demi. Nous sommes en vrai distanciel, cela nous arrive d'être à 300 millions de kilomètres

Sylvestre Maurice, astrophysicien à l'IRAP (CNRS, CNES, Université Toulouse 3 Paul Sabatier)

Très prochainement un nouvel habitant sur Mars

Le 18 février prochain, la famille s’agrandit sur la planète Mars. Curiosity sera rejoint par Persévérance, un autre rover de la NASA. La mission consiste à déployer l’astromobile sur le sol martien pour en étudier sa surface. L’objectif final est de ramener des échantillons du sol de la planète Mars sur Terre pour permettre leur analyse.

Pour mener à bien sa mission, Persévérance sera doté d’outils encore plus perfectionnés que Curiosity. À commencer par SuperCam, la version améliorée de ChemCam, la caméra de Curiosity, pour pouvoir analyser les minéraux.

Derniers tests et vérifications de l'instrument SuperCam à l'IRAP, avant sa livraison au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, pour son intégration sur le rover de la mission Mars 2020.
Derniers tests et vérifications de l'instrument SuperCam à l'IRAP, avant sa livraison au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa, pour son intégration sur le rover de la mission Mars 2020. © CNES/OLLIER Alexandre, 2019
L'instrument SuperCam en test à l'IRAP, avant sa livraison au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa pour son intégration sur le rover de la mission Mars 2020.
L'instrument SuperCam en test à l'IRAP, avant sa livraison au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa pour son intégration sur le rover de la mission Mars 2020. © CNES/OLLIER Alexandre, 2019

Par ailleurs, pour la première fois sur Mars, un micro permettra d’écouter le souffle du vent à la surface de Mars et de savoir à quoi ressemble le son sur cette planète. 

Pour l'avant-goût, c'est ici que cela se passe : mars.nasa.gov/mars-sounds

 

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