Football : le TFC serait relégué en Ligue 2 en septembre, mais se réserve le droit d'exercer un recours juridique

Olivier Sadran, président du TFC, fait face à de nombreux points d'interrogation dans la perspective d'une relégation des violets en Ligue 2 en septembre prochain. / © Pascal Pavani/AFP
Olivier Sadran, président du TFC, fait face à de nombreux points d'interrogation dans la perspective d'une relégation des violets en Ligue 2 en septembre prochain. / © Pascal Pavani/AFP

L'avenir du TFC devrait être une relégation en Ligue 2 à la reprise des championnats de football début septembre. La Ligue de football professionnel a confirmé ce jeudi la décision du président de la FFF, annonçant la fin de la saison 2019-2020. Mais le club se garde une possibilité de recours.

Par Yann-Olivier d'Amontloir

Dans tous les cas de figure - sauf un -  le TFC serait relégué en Ligue 2 en septembre.
Le scénario du psychodrame que vit le football professionnel français depuis 48 heures semble y mener tout droit.
Mais les dirigeants du club ne sont pas encore résignés à se laisser faire.
Il y a d'abord eu l'annonce par le président de la FFF (Fédération française de football) Noël Le Graët, de la fin du championnat de Ligue 1, suite au discours du Premier ministre Edouard Philippe mardi devant l'Assemblée Nationale sur les modalités que prendra le déconfinement progressif de la France.

La Ligue après la Fédération

Pour se mettre en conformité avec la décision du chef du gouvernement d'interdire les rassemblements de plus de 5 000 personnes jusqu'au début du mois de septembre, c'était au tour du bureau et du Conseil d'administration de la Ligue de football professionnel (LFP) de se réunir ce jeudi matin afin d'entériner la décision de la FFF.

Les conséquences sportives et financières déchaînent les passions, surtout au niveau des présidents de clubs classés au sommet du championnat : hormis le PSG - assuré de son titre de champion de France et de sa place en Ligue des champions la saison prochaine, la bataille fait rage depuis 48 heures entre Marseille, Rennes et Lille, qui sont trois pour deux places dans la "grande coupe d'Europe", et les 5 clubs classés plus loin mais séparés d'un point seulement, pour les places en Ligue Europa ("la petite coupe d'Europe").

L'idéal : une "saison blanche"

Le président de l'Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, n'est pas le moins virulent : pour lui l'idéal serait de déclarer une "saison blanche", ce qui l'arrangerait bien pour conserver la qualification de l'OL en ligue des champions, et sinon d'organiser des "play-offs".
Cette solution ferait aussi le bonheur du TFC qui serait alors assuré de repartir en Ligue 1, gommant ainsi un milieu de saison catastrophique qui a vu les violets ne marquer qu'un seul point en 19 journées, et se retrouver à 14 points de la place de barragiste.

Des enjeux d'abord financiers

Mais l'immense majorité des 40 présidents des clubs de Ligue 1 et 2 n'y est pas favorable : en tête de peloton, ceux des équipes pouvant prétendre à une place en coupe d'Europe ou une promotion en division supérieure.
Les enjeux sont donc à la fois sportifs et financiers, notamment au niveau des droits télé à se partager.
Après la colère parmi les supporters du Toulouse football club, c'est plutôt la résignation face à la perspective d'une relégation en Ligue 2. / © PASCAL PAVANI / AFP
Après la colère parmi les supporters du Toulouse football club, c'est plutôt la résignation face à la perspective d'une relégation en Ligue 2. / © PASCAL PAVANI / AFP

A Toulouse les supporters des violets avaient déjà fait à 99% leur deuil du maintien en Ligue 1 : il aurait fallu un vrai miracle pour remonter l'écart de 14 points au classement en seulement 10 matches, surtout au vu de la spirale négative dans laquelle l'équipe était engluée depuis plus de trois mois.

C'est peut-être un mal pour un bien : cela va donner l'occasion au président Olivier Sadran de "faire le ménage", pour repartir sur de bonnes bases

analyse Alain Grolier, le président du club des supporters des violets.

Dans les faits, après sa réunion de ce jeudi matin, le Bureau du Conseil d'Administration - qui n'a pas de pouvoir de décision - a transmis au C.A. de la LFP la proposition d'entériner une formule qui donne le verdict suivant : le 5ème Reims et le 6ème Nice accompagneraient le 4ème Lille en Ligue Europa; Marseille et Rennes disputeraient la Ligue des champions aux côtés du PSG.
Dans le même temps il n'y aurait que deux relégations en Ligue 2, l'avant-dernier Amiens et le dernier Toulouse et deux montées dans l'élite  : le 1er Lorient, et le 2ème Lens, le barrage étant annulé.
En toute logique le Conseil d'Administration devrait suivre son Bureau et valider cette formule, qui renvoie le TFC à l'étage inférieur.

La balle dans le camp de l'assemblée générale

Reste que la décision concrète sur le choix du classement final ne sera définitivement prise que par l'assemblée générale des 40 clubs de la LFP, laquelle devrait se tenir le 20 mai.

On se réserve le droit d'exercer un recours juridique contre cette relégation. On ne sait pas encore si on le fera, c'est encore trop tôt pour le dire, mais on se réserve le droit de le faire

a annoncé le président toulousain Olivier Sadran à l'AFP.
En effet il s'agirait d'une décision purement administrative et non basée sur le plan sportif, dans la mesure où le TFC conservait une chance mathématique de parvenir à assurer son maintien lors des dix dernières journées de championnat.

Des milliards à se partager

D'ici là les téléphones devraient encore sonner abondamment, et le ton monter entre certains protagonistes, car les répercussions économiques de ce verdict au plan sportif seront cruciales pour nombre d'entre eux... D'autant plus que la manne des droits télé va augmenter de 60% pour les quatre prochaines saisons et franchir la barre des 4 milliards d'Euros.
L'aspect budgétaire est aussi fondamental pour le TFC

Le président Sadran va-t-il réussir à convaincre les partenaires financiers du club de continuer à le suivre en Ligue 2 ?

s'interroge Alain Grolier.

Il est clair que l'équipe aura besoin du soutien de ses sponsors si elle veut se relancer dans de bonnes conditions.
Et les pertes enregistrées par les entreprises, des plus petites aux plus grandes, pendant les deux mois de confinement, ne laissent guère augurer d'un effort financier supplémentaire dans ces circonstances.
Pour le football français dans son ensemble et le TFC en particulier, il reste de nombreux points d'interrogation.

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