Handball : le départ (presque) programmé du Toulousain Claude Onesta

Claude Onesta et son adjoint Didier Dinart / © AFP
Claude Onesta et son adjoint Didier Dinart / © AFP

Le sélectionneur de l'équipe de France de handball, médaillé d'argent à Rio, n'a pas encore dit quand il quittera son poste. Ce sera sans doute après les Mondiaux 2017, qui auront lieu en France en janvier. Il prépare la transition en douceur avec son adjoint Didier Dinart. 

Par Fabrice Valery

C'est l'entraîneur de handball le plus titré au monde. Depuis dimanche, le Toulousain Claude Onesta, a une nouvelle breloque autour du cou : la médaille d'argent des Jeux Olympiques de Rio, après la défaite en finale de l'équipe de France face au Danemark. Certes les "Experts" n'ont pas remporté leur 3ème titre olympique consécutif après Pékin 2008 et Londres 2012, mais le coach toulousain ramène encore une médaille, dans un contexte où on le voit, petit à petit, s'effacer au profit de son adjoint Didier Dinart. 

Une transition en douceur pour "ne pas ouvrir de guerre de succession"

Cette transition ne date pas des JO de Rio. Elle a débuté en janvier 2016 en Pologne, lors des championnats d'Europe. Des championnats ratés par la France, alors tenante du titre, qui n'avait pas réussi à se qualifier pour les demi-finales. Là, pour la première fois, on voyait Dinart haranguer les joueurs français pendant les temps morts, Claude Onesta restant en arrière. Une volonté du coach principal qui voulait ainsi entamer une transition en douceur, ne souhaitant pas "ouvrir une guerre de succession" en annonçant brutalement son départ. En d'autres termes, l'homme fort du hand français préfère choisir son successeur et l'imposer à la fédération française plutôt que de voir surgir des candidats venus d'un peu partout. 

Confirmation à Rio​ avant les Mondiaux

Aux JO de Rio, le scénario s'est renouvelé. Onesta est resté le patron mais Dinart a été mis en avant. Le Toulousain n'intervenait que par petites touches durant les matchs, précisant les instructions de son adjoint ou apportant son regard de spécialiste. Le résultat est loin d'être catastrophique. Avec une équipe "mixte" (des "vieux" comme Omeyer, Guigou ou Karabatic encadrant une nouvelle génération montante symbolisée par l'ancien Toulousain Valentin Porte),  la France n'a pas réussi son pari d'être la première à remporter 3 titres olympiques consécutifs mais ramène une nouvelle médaille.

L'entraîneur le plus titré

Le départ de Claude Onesta ne fait aujourd'hui plus de doutes. Sauf accident, Dinart lui succédera, sans doute après les Mondiaux 2017, qui, se déroulant en France, seront une véritable tournée d'adieux pour le sélectionneur toulousain qui aura 60 ans quelques jours plus tard. 
L'ancien joueur un peu rugueux symbolise aujourd'hui la réussite du handball français ces 20 dernières années.
Pourtant, lorsqu'il arrive à la tête de l'équipe de France en 2001, personne ne donne cher de sa peau. Il succède à l'emblématique Daniel Constantini, auréolé du titre mondial la même année.
Onesta et Constantini en 2001 / © AFP
Onesta et Constantini en 2001 / © AFP
Les deux hommes s'apprécient guère et les débuts d'Onesta sont difficiles. Il pâtit des départs, un à un, des cadors de l'équipe, dont Jackson Richardson. Mais peu à peu, il bâtit une équipe en intégrant de nouveaux petits génies et rafle année après années les plus grands titres : 2 titres olympiques et une médaille d'argent, 3 titres mondiaux et 3 titres européens. Constantini est (presque) effacé des tablettes. Onesta aura lui profité de plusieurs générations de joueurs de grands talents et aura surtout su faire le lien entre tous ces grands joueurs. 
Et dire que, jeune homme, ce natif d'Albi se destinait au rugby à XIII ! Le hand français n'aurait peut-être pas aujourd'hui le même palmarès. 

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