Inquiétude pour les sous-traitants d'Airbus après un nouveau partenariat avec la Chine

Airbus : chaîne de montage finale de Tianjin, fuselages avant et arrière / © LANDOV/MAXPPP
Airbus : chaîne de montage finale de Tianjin, fuselages avant et arrière / © LANDOV/MAXPPP

Airbus et la Chine ont annoncé un renforcement de leur partenariat. Les deux parties s'engagent à approfondir et élargir leur coopération industrielle dans le secteur aéronautique. Mais ce protocole d'accord peut impacter les sous-traitants européen.

Par Xavier Marchand

Airbus continue d'étendre son empreinte industrielle et commerciale en Chine. Les deux parties s'engagent à approfondir et élargir leur coopération dans le secteur aéronautique. C'est une bonne nouvelle pour Airbus qui conforte son avance sur Boeing en Asie.

Mais car il y a un mais, selon Xavier Petracci délégué CGT Airbus, "le partenariat avec la Chine est une bonne chose puisque la finition et la livraison des avions se feront à Tianjin pour le marché Asiatique mais nous sommes vigilant à la sous-traitance des sous-ensembles et des pièces élémentaires. Beaucoup de sous-traitants européens sont mis en concurrence avec des entreprises chinoise et risquent de perdre leur marché car en Asie, la sous-traitance low-cost se développe de plus en plus". Le syndicaliste précise qu'il faudra être vigilant sur 

les conditions de réalisation, le respect des droits sociaux et environnementaux ainsi que sur le respect du règlement aéronautique.

Dans le communiqué de presse fournit par Airbus, aucun mot sur la sous-traitance alors que 80% d'un avion est sous-traité.

L'accord a été signé à Pékin par He Lifeng, président de la Commission Nationale pour le Développement et la Réforme de Chine et Guillaume Faury, Chief Executive Officer d'Airbus, en présence du président chinois Xi Jinping et du président Emmanuel Macron.

Une hausse de 50%

Selon ce protocole d'accord, les deux parties ont convenu de prendre des mesures pratiques et efficaces en faveur de nouvelles initiatives concernant les monocouloirs et les gros-porteurs d'Airbus.
La chaîne d'assemblage de Tianjin en Chine va participer à la montée en cadence de la production de la famille Airbus A320neo qui doit passer à 63 unités par mois en 2021.  A Tianjin, le rythme mensuel passera à six appareils d'ici la fin de cette année. Cela représente une hausse de 50 % par rapport à son concept initial.

La nouveauté de l'accord est que l'A350 pourra aussi être livré au départ du Centre d'Aménagement  Commercial et de Livraison de Tianjin. Inauguré en septembre 2017, celui-ci était  dédié aux A330. Il pourra désormais aussi recevoir l'A350 à partir du second semestre 2020 et la première livraison d'un A350 au départ de Tianjin devrait être réalisée d'ici 2021.

Depuis son inauguration en septembre 2008, le site a assemblé et livré 450 appareils de la famille A320 aux clients chinois et asiatiques d'Airbus.


"Nous attachons une grande importance à notre partenariat stratégique avec la Chine et son industrie aéronautique", a déclaré Guillaume Faury, PDG d'Airbus. "Airbus s'est engagé à accompagner le secteur de l'aviation chinoise en pleine croissance grâce à la diversité de son portefeuille et nous sommes déterminés à travailler avec nos partenaires chinois pour façonner l'avenir de l'industrie", a-t-il ajouté.

7 560 appareils sur les 20 prochaines années

Le trafic international à destination et en provenance de la Chine a presque doublé au cours des dix dernières années.
Selon les prévisions globales du marché (GMF - Global Market Forecast) d'Airbus, la Chine devrait avoir besoin de quelque 7 560 appareils neufs au cours des 20 prochaines années.

Tianjin en Chine fait partie des 5 chaînes d'assemblage final avec Toulouse en France, Hambourg en Allemagne, Séville en Espagne et Mobile aux États-Unis. 


 

En 2018, Airbus a réalisé un chiffre d'affaires de 64 milliards d'euros avec un effectif de 134 000 personnes.

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus