A l'INSA de Toulouse, un nouveau laboratoire cherche à recycler le plastique à l'infini

Ce laboratoire, inédit dans le monde de l'ingénierie enzymatique, a été inauguré le 28 janvier 2020. / © FTV
Ce laboratoire, inédit dans le monde de l'ingénierie enzymatique, a été inauguré le 28 janvier 2020. / © FTV

La société Carbios a noué un partenariat stratégique avec l'Institut national des sciences appliquées (INSA) de Toulouse. Un laboratoire collaboratif, inédit dans le monde de l'ingénierie enzymatique, a été inauguré fin janvier 2020. Objectif : parvenir à recycler - à l'infini - le plastique. 

Par Marie Martin

Et si l'on pouvait résoudre - définitivement - le problème de la fin de vie du plastique ? C'est le souhait de tous les grands industriels. Et des scientifiques sont peut-être sur le point d'y parvenir.

PLA et PET

La société Carbios, basée dans le Puy-de-Dôme près de Clermont-Ferrand, spécialisée dans la chimie verte, a développé deux procédés industriels qui révolutionnent la biodégradation et le recyclage des polymères (plastiques, colles, peintures, caoutchouc, etc). 

Le premier de ces procédés consiste à rendre biodégradables les plastiques dits PLA (plastiques d'origine végétale). Grâce à une technologie enzymatique.
Des granulés enzymés seront produits et commercialisés dès 2020 et serviront à la fabrication de plastiques biodégradables et biosourcés. 


Utile mais décrié

Le second grand projet de Carbios concerne, lui, les plastiques dits PET, soit la fibre la plus importante en terme de quantité (elle a dépassé le coton). "Un plastique très utile", explique Alain Marty, le directeur scientifique de Carbios, "mais également très décrié". Car sa fin de vie est problématique. "On ne sait que le recycler, et pas de manière pérenne. Notre idée, c'est une vraie économie circulaire. Grâce aux enzymes (qu'Alain Marty compare à des petits ciseaux), les cellules qui composent le PET vont être purifiées. On va pouvoir recycler ce plastique à l'infini".

Des équipes universitaires travaillent là-dessus depuis cinq ans. "Cela me paraissait impossible au début. Car pour mettre une enzyme dans le plastique, il faut le faire fondre à 170°. Quelle enzyme pourrait y résister ?"


Une production en 2023 ?

Mais le procédé s'est révélé fiable. "On finalise actuellement l'ingénierie. Une usine en miniature a été créée pour faire la démonstration que ça fonctionne. A partir des résultats de cette pré-étude, Carbios pourrait dimensionner une usine en 2023-2024, pour une production entre 50 et 10 000 tonnes". 
 

Un laboratoire collaboratif avec l'INSA de Toulouse

Carbios et l'INSA Toulouse ont développé une collaboration il y a huit ans et depuis six mois, se formait le projet d'un laboratoire collaboratif. "On profite des compétences énormes de ces chercheurs. On concrétise ce partenariat. Le développement des enzymes se fera ici".


Des industriels très intéressés

Depuis 2011 que Carbios travaille sur ces projets, la société a été approchée par de nombreux industriels. Dans le même temps, d'autres entreprises entreprennent des recherches autour d'un procédé chimique ayant la même finalité mais Carbios met en avant que son procédé, non polluant, présenterait un risque industriel nul.

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