JO 2021 : un jeune nageur surdoué de Toulouse aux Jeux paralympiques de Tokyo

Ugo Didier n'a que 19 ans mais il est déjà champion du monde et triple champion d'Europe en natation handisport. Le Toulousain licencié au Cercle des nageurs de Cugnaux espère bien ramener plusieurs médailles des JO paralympiques de Tokyo qui débutent ce mardi.

Ugo Didier, un battant chercheur d’or, espiègle de 19 ans. Il va se jeter pour la première fois dans le bassin olympique cette nuit de mardi à mercredi. Et il a soif de médailles...

En quête de médailles

Il ne peut ni courir, ni sauter mais il grimpe sur les podiums. A 16 ans, il remporte son premier titre mondial sur le 400m nage libre. Né avec une atrophie des membres inférieurs et des pieds bots, il gagne tous les titres. 4 médailles encore cette année. Il n'est pas rassasié pour autant.

Dans ma tête, je vais à Tokyo pour chercher 3 médailles d’or. Je ne vais pas dire que je vais aux jeux pour une médaille d’or ou une finale. Non, j’y vais pour gagner les 3 médailles d’or. Mais en interview, je vais dire qu’une médaille d’or ce serait déjà bien.

Ugo Didier, champion du monde handisport de natation

Plus fort que le handicap

Ugo Didier découvre la natation a 6 ans. L’eau devient rapidement son élément. Le handicap au niveau des jambes et des pieds se noie devant sa ténacité et ses qualités naturelles. « Dans l’eau c’est vraiment génial. La situation de handicap est moins importante dans l’eau. Quand je marche, je sent des douleurs à chaque appui, j’ai des douleurs à chaque station debout, alors quand quand je suis dans l’eau ça ne fait pas mal. Mes jambes flottent. Je n’ai aucune douleur et c’est parfait. »

Tout jeune, il participe aux championnats valides. « J’ai toujours voulu faire comme les valides, je fais les compétitions avec eux. J’avais envie de nager aussi vite qu’eux voire plus vite. »

Alors avec son entraîneur Samuel Chaillou, il travaille ses rares points faibles : virages et appuis qui sont donc les seuls talons d’Achille du nageur. « Il a un caractère très positif, une très bonne endurance naturelle. Depuis le départ, il a ces qualités-là. De l’endurance mentale -il est capable de tenir dans la douleur et l’effort- mais aussi de l’endurance physique par rapport à ses muscles et à son gabarit » déclare son coach.

Un constat que partage le président du cercle des nageurs de Cugnaux Cédric Vergnes : « Il a des points faibles, la poussée forcément compte tenu de son handicap sur les jambes, mais il a une fréquence de bras qui m’impressionne à chaque fois. Il fait même des compétitions nationales en nageur valide et il rivalise avec les nageurs qui sont dans les lignes à côté. C’est impressionnant. ».

Son handicap lui a donné une force de caractère. A l’âge de 15-16 mois, il subit sa première intervention chirurgicale. Longtemps plâtré, il a beaucoup souffert, avec des efforts quotidiens et des dépassements de soi pour apprendre à marcher.

Un surdoué des bassins et des études

Performant dans les bassins, Ugo ne l'est pas moins dans les études. Très jeune, pour passer son temps et oublier le handicap, il lit beaucoup. Diminué physiquement, il développe son intellect.

Décembre 2017, les championnats du monde handisports de natation se déroulent à Mexico. C’est la consécration pour Ugo qui remporte le titre de champion du monde de nation sur le 100m d’eau qui devient sa spécialité. « C’était ma première compétition internationale. Je ne m’y attendais pas du tout. »

Ce qui ne l’empêche pas de décrocher son bac quelques mois plus tard à 16 ans avec la mention très bien. « J’aime bien quand ça va vite, quand je suis occupé. Les entraînements de natation me permettent d’oublier les cours et réciproquement. C’est l’idéal pour mon équilibre. Je suis content avec ça. » Il navigue sans problème entre les 2 domaines.

Août 2018, place aux championnats d’Europe à Dublin. Il récidive, record d’Europe à la clé. Licencié au Cercle des nageurs de Cugnaux, il poursuit en parallèle ses études dans une école d’ingénieur à Toulouse.

Une ambition insubmersible

A Tokyo, au milieu des 138 athlètes français dont il figure parmi les plus jeunes, il prendra le départ du 400m nage libre mercredi matin avant le 200m d’eau et le 400m 4 nages.

Ugo Didier retrouvera une autre étoile de la natation française handisport : son pote Alex Portal, 19 ans lui aussi et quadruple médaillé comme lui aux derniers championnats d'Europe.

Toujours habité d’une ambition insubmersible, le champion aux 2 prénoms veut maintenant se faire un nom.