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Jugé à Toulouse, le gendarme qui avait blessé une zadiste de Sivens avec une grenade reconnaît “une erreur”

Dans la salle des pas perdus du Palis de justice de Toulouse, à l'entrée de l'audience / © Olivier Denoun/France 3 Occitanie
Dans la salle des pas perdus du Palis de justice de Toulouse, à l'entrée de l'audience / © Olivier Denoun/France 3 Occitanie

Le procès d'un gendarme accusé d'avoir blessé par un jet de grenade offensive une opposante au projet de barrage à Sivens (Tarn) s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse, sur fond de débats sur l'usage d'armes non létales pour le maintien de l'ordre.

Par VA, avec AFP

Une cinquantaine d'anciens zadistes de Sivens s'étaient rassemblés avant l'audience.

Ils étaient venus soutenir la victime, une jeune femme elle-même zadiste, ayant requis l'anonymat, qui avait été blessée trois semaines avant la mort, sur le même site de Sivens, de Rémi Fraisse, un militant écologiste de 21 ans tué par une grenade tirée par un autre gendarme lors d'une manifestation. 
 
Ce gendarme de 49 ans comparaissant ce mardi devant le tribunal correctionnel de Toulouse, dans une salle bondée, sur fond de débats sur l'usage d'armes non létales pour le maintien de l'ordre.

Il devait répondre de "violences volontaires ayant entraîné une ITT de 15 jours avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé le président Jérôme Glavany avant d'entamer la lecture des faits.
    
Le maréchal des logis est accusé d'avoir jeté une grenade offensive qui a atterri à l'intérieur d'une caravane où la jeune femme, aujourd'hui âgée de 29 ans, se trouvait avec d'autres opposants au projet de barrage. Blessée à la main en voulant rejeter le projectile dehors, elle avait indiqué lors de l'enquête avoir pensé qu'il s'agissait d'une grenade lacrymogène, a lu le président Glavany. 

"A aucun moment je n'ai voulu jeter la grenade à l'intérieur", "je l'ai lancé en me déplaçant, je n'ai pas vu où je la lançais", a affirmé l'accusé à la barre.

Il n'y avait pas de menaces, c'était une erreur de ma part, a-t-il ajouté.


Lors de l'enquête, des collègues avaient témoigné qu'il "traversait une période difficile due à une séparation", "pleurait" et "était amaigri".
    
Les faits s'étaient déroulés en octobre 2014 lors d'une expulsion de militants "zadistes" occupant une parcelle du site du barrage contesté. 
    
Sur une vidéo filmée de l'intérieur de la caravane, et montrée à l'audience après avoir été diffusée sur YouTube, on aperçoit un gendarme faire une sommation, en disant aux opposants, une grenade à la main: "A trois, je vous laisse partir". Puis retentit un bruit d'explosion, et les cris des occupants de la caravane.
    
Le projet de barrage avait fait l'objet d'une très forte mobilisation d'opposants, avant d'être abandonné par l'Etat qui a ouvert des discussions pour une retenue d'eau moins ambitieuse.

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