REPLAY. Lors du débat du second tour à Toulouse, les deux candidats se rendent coup pour coup

Après d'âpres négociations d'après confinement, la gauche se présentera rassemblée sous l'étendard d"'Archipel Citoyen" à Toulouse. Face à cette alliance le mettant en danger, Jean-Luc Moudenc (Les Républicains) a opté pour une communication offensive. Revisionnez le débat entre les deux candidats.

Antoine Maurice (Archipel Citoyen) et Jean-Luc Moudenc (Aimer Toulouse) ont participé au débat animé par Patrick Noviello.
Antoine Maurice (Archipel Citoyen) et Jean-Luc Moudenc (Aimer Toulouse) ont participé au débat animé par Patrick Noviello. © Emmanuelle Gayet - FTV

Les négociations entre la liste d'Antoine Maurice, "Archipel Citoyen" (Europe Ecologie-Les Verts, La France insoumise) et celle de Nadia Pellefigue, « Une nouvelle énergie » (Parti socialiste, Parti radical de gauche, Parti communiste) ont rythmé les deux premières semaines de déconfinement à Toulouse. La gauche arrivera-t-elle à se rassembler pour le second tour des élections municipales à Toulouse, le 28 juin prochain ? La réponse est oui mais cette alliance ne s'est pas faite sans accrocs.  

Après avoir tenté d'imposer dans les négociations la présidence de Toulouse métropole à sa signature, la socialiste Nadia Pellefigue a finalement refusé de prendre place sur cette liste d'union tout en assurant qu'elle ne «serait pas un obstacle au rassemblement».

Un sondage qui fait tout basculer

Difficile en effet pour la vice-présidente de la région d'Occitanie d'apparaitre comme la responsable d'une défaite de la gauche durant ce scrutin. D'autant plus difficile à assumer, qu'Archipel Citoyen a judicieusement dégainé un sondage au moment de ces discussions.

Selon une étude de l’Ifop (échantillon de 700 personnes), une triangulaire le 28 juin était synonyme de défaite. En revanche, une liste commune des gauches battrait le maire sortant, Jean-Luc Moudenc (LR- LREM). Pas question pour les partis traditionnels, comme le parti socialiste ou EELV,  de rater cette occasion. Surtout à quelques mois d'élections départementales et régionales.

Le "péril rouge"

Bien qu'arrivé largement en tête au premier tour (36,18 %), Jean-Luc Moudenc se sait en difficulté. Depuis le début de la campagne, le maire sortant le rappelle à ses troupes : cette élection n'est pas gagnée d'avance et une alternance s'avère possible.

L'élu Républicain a décidé de lancer la charge contre ses adversaires. "Les ‘‘gilets jaunes’’ sont à la porte du Capitole." assure Jean-Luc Moudenc agitant même le chiffon de l'extrême gauche sous les yeux de son électorat.

Une façon pour le candidat des Républicains et de la République en Marche de mobiliser ses électeurs et de provoquer un sursaut des abstentionnistes du 15 mars dernier. Lors du premier tour de la ville rose, le taux d'abstention avait atteint la barre des 63%.

Résumé du débat


Mais le débat de second tour animé par Patrick Noviello a été surtout celui des mises au point. La campagne de ces dernières semaines est devenue chaque jour un peu plus violente, parfois sale. "Une campagne de caniveau" pour Antoine Maurice où "Jean-Luc Moudenc a voulu faire peur aux électeurs toulousains mais la peur réelle, c’est celle de Jean-Luc Moudenc qui a peur de perdre le pouvoir." Une référence directe aux derniers sondages donnant vainqueur la liste de gauche sur le maire sortant. 

"Je reproche à Antoine Maurice d’être le cheval de Troie de l’extrême gauche" rétorque le candidat Les Républicains évoquant les manifestations des gilets jaunes "dévoyées par des forces extrémistes" lors de « samedis noirs ».

La tête de liste d’Aimer Toulouse (LR -LREM-UDI) se veut un "maire fédérateur", dépassant les "clivages politiques." "Je travaille très bien avec l’actuel gouvernement, comme je travaillais avec le précédent, celui de Bernard Cazeneuve." Tout au long du débat, l’actuel maire de Toulouse n’hésite d’ailleurs pas à rappeler sa coopération sur plusieurs dossiers avec la présidente de la Région, Carole Delga, et le président du conseil départemental de Haute-Garonne, Georges Méric. Tous les deux socialistes et soutiens de la liste d’Antoine Maurice.

"Une caricature" pour le candidat d’Archipel Citoyen (EELV-FI-PS-PC-PRG) qui rend responsable Jean-Luc Moudenc d’avoir "attisé les tensions". "Je veux être le maire de l’apaisement et du dialogue, assure le conseiller municipal d’opposition. Je veux rassembler les toulousains et non pas les diviser comme Jean-Luc Moudenc." Antoine Maurice se veut le candidat de "co-construction » avec les habitants de Toulouse, là où Jean-Luc Moudenc ne serait celui que de « l’information" prenant les décisions seuls, sans consulter les Toulousains.

Le maire reconnait que la "demande de participation est plus forte. Il faut en effet l’accompagner mais au final c’est aux élus de décider" et assure que des mesures seront prises. "Vous promettez demain ce que vous n’avez pas fait hier" lui répond son adversaire.

Accusé par Jean-Luc Moudenc d’être contre la Ligne à Grande Vitesse (LGV) et de ne pas soutenir la filière aéronautique, Antoine Maurice saisi l’occasion de clarifier ses positions. 

La LGV ?  "je suis pour le train à grande vitesse, assure l’élu écologiste. La LGV est promise depuis 35 ans. Je préfère un TGV plutôt qu’une LGV qui n’arrivera jamais. Ce que ne dit pas Jean-Luc Moudenc, ce sont les nouvelles taxes qu’il faudra pour la financer, comme il l’a fait en 2014. Je me battrais pour l’aménagement d’un TGV qui coûtera 4 milliards d’euros au lieu des 8 milliards annoncés pour la LGV. "

Jean-Luc Moudenc assure de son côté qu’il n’y aura pas d’augmentation d’impôts. Brandissant un document de la région Occitanie, le candidat les Républicains affirme croire au même titre que "la présidente de la région, Carole Delga, et celui du conseil départemental de Haute-Garonne, Georges Méric, que le gouvernement va inscrire ce projet de financement de la LGV." Pour le maire actuel "Nous avons proposé une solution de financement mais je ne me résous pas de savoir que Toulouse soit la seule capitale régionale à ne pas avoir la grande vitesse." "On vend un mythe aux Toulousains. Je veux être le maire de la réalité." réplique le candidat d’Archipel Citoyen.

Concernant le secteur de l’aéronautique, Jean-Luc Moudenc, qui se présente lui même comme "l'ami des entrepreneurs et des commerçants" réaffirme l’importance pour lui "d’être pour l’aéronautique". "Monsieur Maurice a critiqué par exemple qu’il y avait trop de navettes Air France entre Paris et Toulouse. Moi, je me suis battu avec Carole Delga et Jean-Luc Chauzy pour soutenir la filière."

Encore une fois "une caricature" pour Antoine Maurice : "Je suis très attaché à la filière. Il y a d’ailleurs beaucoup de mes colistiers et de militants qui travaillent dans ce secteur, beaucoup plus que ceux de Jean-Luc Moudenc. Il faut poursuivre de la recherche mais le sujet est de savoir comment on mobilise ces technologies et pour diversifier cette économie industrielle." Le candidat d’Archipel Citoyen évoque les domaines du ferroviaire, des emplois "climat", de l’économie circulaire, du recyclage là où celui de la liste "Aimer Toulouse" parle de l’Oncopole, du tourisme, de l’intelligence artificielle. "Nous sommes dans la dynamique de l’innovation" revendique Jean-Luc Moudenc. De nouveau Antoine Maurice clos l’échange : "Parier seulement sur la technologie c’est attendre 30 ans" avant d’en tirer des bénéfices. "Moi je veux agir tout de suite."

Revisionnez ici l'intégralité de ce débat animé par Patrick Noviello :

 

 

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