Plan social : Airbus loin du "zéro licenciement sec", encore 700 volontaires au départ à trouver

Les syndicats espèrent qu'il n'y ait pas de licenciements secs chez Airbus. D'après un document interne, "la direction considère que 698 postes sont encore à supprimer". Il reste donc des volontaires à trouver pour quitter leur poste avant le 31 mars 2021. Au-delà, les départs seront contraints.

A la fin du mois de juin Airbus avait annoncé la suppression de 15 000 postes dans le monde dont 5 000 en France en réponse à la crise économique causée par le coronavirus.
A la fin du mois de juin Airbus avait annoncé la suppression de 15 000 postes dans le monde dont 5 000 en France en réponse à la crise économique causée par le coronavirus. © Georges Gobet / AFP
Il pourrait y avoir des licenciements secs chez Airbus. Pourtant, il y a encore une quinzaine de jours, la direction et les syndicats assuraient qu'il n'y aurait aucun départ contraint. Les salariés ont jusqu'au 31 mars pour annoncer leur volonté de quitter l'entreprise. Après cette date, les postes restant à supprimer, s'il en reste, seront forcés. Et pour l'instant, 698 postes sont encore à supprimer. 
 

D'où sort ce chiffre de 700 ? 

Fortement touché par la crise du coronavirus, Airbus souhaite supprimer 5 000 postes en France. A l'heure actuelle (lundi 26 octobre), presque 4 300 volontaires au départ ont d'ores et déjà été trouvés d'après un document interne que France 3 Occitanies'est procuré. La majorité fait partie de l'APLD (l'activité partielle de longue durée), d'autres (1000) sont en fait des départs en pré-retraite, et il y a aussi ceux qui font partie du plan Corac (Conseil pour la recherche aéronautique civile) et les départs volontaires (350 environ, pour le moment). Il reste donc presque 700 places à supprimer. 

Encore 5 mois pour se décider

Pour une partie des syndicats et la communication d'Airbus, ce chiffre n'est pas alarmant. Les salariés ont jusqu'au 31 mars pour annoncer leur volonté de quitter l'entreprise. Une période qui a déjà été rallongée une première fois puisqu'à l'origine, elle s'étendait jusqu'au mois de décembre.

"C'est le serpent qui se mord la queue, explique Florent Veletchy, syndiqué CFTC. Les gens prennent encore plus le temps de réfléchir à leur départ volontaire parce que la période a été étendue". Pour lui, l'annonce de ce chiffre de 700 postes encore à faire disparaitre permet à la direction de lancer un appel. Et entre les reconversions professionnelles, les transferts de métiers (accord avec Enedis par exemple) et les substitutions (certains services ont plus de demandes de départs volontaires et cela compense les service où il n'y en a aucune), le délégué syndical pense que ces 700 postes seront trouvés d'ici à la fin du mois du mars. 

Pour l'instant c'est encore tôt pour se prononcer mais de toute façon nous sommes très regardants sur le fait qu'il ne doit pas y avoir de départ forcés. 

Florent Veletchy, syndiqué CFTC

Pour Jean-François Knepper de Force Ouvrière : "le nombre de 700 aura bougé d'ici fin mars car les volontaires sont en train de se déclarer". Et de rassurer : "à l'issu de ce comptage fin mars, on décidera de se réunir à nouveau pour réunir les conditions et mesures qui permettrons d'éviter les licenciements secs. Nous n'avons aucun doute sur le fait qu'on arrivera à 0 licenciements secs". 

La CGT conteste les négociations

Ce doute qui plane sur 700 emplois est la raison pour laquelle la CGT, elle, a refusé de signer les négociations sur l'APLD (Activité partielle de longue durée), précise le délégué syndical Xavier Petrachi. "Tout le monde ne partira pas volontairement : tout le monde ne partira pas en pré-retraite et tout le monde ne va se reconvertir en vendeur de pizza au bord de la mer" assure le syndiqué. Il tient à rappeler que la direction ne s'est jamais engagée à ce qu'il n'y ait pas de licenciements forcés. 

"Des décisions seront prises en mars 2021"

Du côté de la communication d'Airbus, les faits sont moins sûrs. "C'est prématuré de parler de chiffres maintenant. Nous avons toujours pour objectif de limiter au maximum les départs contraints" affirme-t-on. Cela ne veut donc pas dire qu'il y n'y aura pas de licenciements secs, comme annoncé il y a une quinzaine de jours. D'ailleurs, le 15 octobre, dans un courrier adressé à l'ensemble du personnel Donald Fraty (RH Airbus France) et Patrick Piedrafita (président Airbus Opérations) se félicitent des discussions avec les syndicats au cours des 3 derniers mois mais soulignent : "Cette approche basée sur le volontariat reste néanmoins incertaine et n’aboutira que si les efforts des départs volontaires sont maintenus dans le temps imparti. Pris globalement, les chiffres sont encourageants, mais les niveaux de disparités entre secteurs sont encore élevés. Il faudra notamment passer par plus de redéploiements internes, et accompagner si nécessaires les salariés concernés par des formations appropriées ". Les deux dirigeants en concluent :

Limiter autant que possible les départs contraints demeure notre objectif, néanmoins en fonction des résultats constatés, des décisions seront prises en mars 2021 pour a conduite à tenir dans l’hypothèse où les mesures n’auraient pas eu les résultats escomptés

Courrier du 15 octobre de Donald Fraty et Patrick Piedrafita

Selon la direction du constructeur, 698 postes sont toujours sous la menace d’un départ contraint. Un état d’avancement de la situation sera réalisé à la fin du mois de décembre et un second pourrait être également intervenir fin février 2021.
 
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