"Plus jamais une famille ne doit être endeuillée au motif d'idéologie d'extrême droite", le monde du rugby signe une tribune dans L'Equipe

Le quotidien L'Equipe publie ce mardi une tribune signée par des dirigeants, entraîneurs, joueurs et anciens joueurs, notamment du Stade Toulousain. Selon eux, l'international argentin Frederico Martin Aramburu assassiné de plusieurs balles en plein Paris serait mort parce qu'il s'opposait à des idées extrémistes et fascistes.

Un mois jour pour jour après la mort de l'ancien joueur du Biarritz Olympique et de l'USAP Frederico Martin Aramburu assassiné en plein Paris, plusieurs personnalités du monde du rugby sortent du silence dans une tribune publiée dans L'Equipe en dénonçant un crime d'extrême-droite.

Défendre les valeurs du rugby...

Plus de 300 personnalités du monde du rugby se retrouvent pour dénoncer les circonstances de la mort de Federico Martin Aramburu, le 19 mars dernier, qui aurait été tué par des militants d’extrême droite, toujours présumés innocents en attente du procès. 

Le Gaillacois et président de la FFR Bernard Laporte, le Lotois et sélectionneur du XV de France Fabien Galthié, les dirigeants et entraîneurs du Stade Toulousain Didier Lacroix, Ugo Mola, Jean Bouillou, Jérôme Cazalbou, Clément Poitrenaud mais aussi bon nombre de joueurs rouges et noirs (Dupont, Ntamack, Lebel, Baille, Médard, Marchand, Ramos, Cros, Jelonch, etc...) et beaucoup d'autres personnalités du rugby français ont signé une tribune dans le journal L'Equipe.

Frederico "avait en lui les valeurs du rugby, d'humanisme. Nous, joueurs, anciens joueurs, coaches, entraîneurs, cadres dirigeants de clubs avons ces mêmes valeurs en nous, inculquées dès le plus jeune âge dans nos clubs et nos villages."

Parmi ces valeurs, l’intégrité, la passion et le respect. "On ne peut accepter qu'un des nôtres soit assassiné en 2022 au cœur de la capitale française, parce qu'il respectait et appliquait ces valeurs, auxquelles nous ajoutons en mémoire de Federico la générosité, la bienveillance, le combat pour une justice sociale et par-dessus tout l'amour de la famille et du partage amical."

...contraires à l'extrême-droite

Depuis plusieurs jours, on peut voir dans Paris des affiches avec le visage du rugbyman et ce titre "Le fascisme tue". Le texte précise que l'international argentin a été "assassiné par l’extrême droite pour s’être opposé au racisme". 

Une accusation reprise dans la tribune publiée ce matin : "Assassiné parce qu'il s'est opposé à des idées extrémistes et fascistes. Non, la mort de Federico n'est pas un fait divers, une affaire de droit commun comme certains veulent le laisser entendre. C'est l'expression "d'un état de violence qui existe, que nous ne pouvons ignorer, que nous ne pouvons intégrer dans la vie quotidienne". (Emmanuel Mounier, philosophe français)

Le 19 mars dernier, l'international argentin était en compagnie de son ami et associé Shaun Hegarty attablés à une terrasse de café au petit matin. "Federico et Shaun étaient en dehors du terrain de jeu, et comme à leur habitude, n'ont pas laissé dire des paroles contraires à leur pensée, leur éducation, leur philosophie de vie. Ils n'ont pas tourné la tête en faisant semblant de n'avoir rien vu mais ils ont choisi de réagir, à ce qui pour eux était évidence."

Une allusion à la chanson de Dylan "Blowin'in the Wind" dont les paroles sont explicites : "How many times can a man turn his head and pretend that he just doesn't see ?" (Combien de fois un homme peut-il tourner la tête et prétendre qu'il ne voit tout simplement pas ?)

Que s'est-il passé le 19 mars vers 6h du matin en plein Paris ?

Selon les informations du Journal du Dimanche, tout aurait commencé vers 6h à la terrasse d’une brasserie où se trouvaient les deux anciens joueurs. Un SDF aurait alors demandé une cigarette aux clients. Ce qui aurait déplu à Loïk Le Priol et Romain Bouvier, deux anciens du syndicat d'extrême-droite GUD (Groupe Union Défense) ) qui se trouvaient au même endroit. Frederico Aramburu et Shaun Hegarty auraient répondu à leur voisin de table de respecter cette personne. Le Priol aurait alors répondu : "On est chez nous, on fait ce qu'on veut. T'as pas à nous dire ce qu'on a à faire."

Après plusieurs altercations en terrasse, les deux militants d'extrême-droite toujours présumés innocents auraient poursuivi et rattrapé les deux anciens joueurs et tiré sur Aramburu. Le Priol l'aurait mortellement atteint de six balles.

Des faits inacceptables pour les signataires de la tribune du journal. "Plus jamais un être humain ne doit mourir dans ces conditions, plus jamais une famille ne doit être endeuillée au motif d'idéologie d'extrême droite, nous continuerons à combattre pour nos valeurs, nos idées, nous lutterons toujours contre ceux qui veulent laisser entrer la haine dans notre pays. Nos différences sont notre richesse. Nous sommes une Nation."

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