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Procès Merah : le vol du scooter au coeur des débats

Dessin d'Abdelakder Merah longuement interrogé sur le vol du scooter qui a servi à son frère Mohammed Merah pour les attentats des 11, 15 et 19 mars 2012 / © Benoît Peyrucq/AFP
Dessin d'Abdelakder Merah longuement interrogé sur le vol du scooter qui a servi à son frère Mohammed Merah pour les attentats des 11, 15 et 19 mars 2012 / © Benoît Peyrucq/AFP

Abdelkader Merah rejugé en appel était-il le complice de son frère Mohammed lors des attentats perpétrés à Toulouse et Montauban en mars 2012 ? Lors de l'audience de ce 8 avril la cour d'assises spéciale s'est penchée sur le vol du scooter qui a servi aux meurtres.

Par Juliette Meurin

Le vol du scooter est un élément essentiel dans le procès d’Abdelakader Merah. La question est de savoir si le frère de Mohammed Merah a participé à ce vol le 6 mars 2012 et s’il savait à quoi il devait servir. Le scooter, un T-max, a permis au tueur toulousain de commettre ses meurtres les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban.

Abdelkader Merah, poursuivi notamment pour complicité d’assassinat à caractère terroriste et association de malfaiteurs à caractère terroriste a été interrogé à ce sujet pendant plus de 4 heures lors de l’audience de ce lundi 8 avril.

A la demande de la présidente de la cour d’assises spéciale, il raconte sa version des faits :

« J’étais à la pizzeria des Izards en train de boire un café. Mon petit frère m’a demandé de l’accompagner acheter une veste. On est monté en voiture avec un ami à moi » (NDLR : Walid Larbi Bey , un délinquant mort en 2014 dans un probable règlement de compte).
« Je conduisais, la troisième personne était passager, mon petit frère derrière. On part chez Maxxess.
Soudain mon petit frère me demande de m’arrêter. Il sort, je trouve une place pour me garer. Et je vois mon petit frère sur un scooter passer à vive allure sans casque. Le passager Monsieur Larbi Bey me conseille de le suivre. Il conseille mon petit frère de dissimuler le scooter. il lui propose un endroit. Il descend, moi je reste dans la voiture. Et quelques instants après ils reviennent. »

« Vous ne lui demandez pas ce qu’il compte en faire ? », lui demande la présidente.

« Ben mon petit frère c’est un voleur je le catalogue comme un potentiel délinquant. C’était pour quoi faire ? je ne sais pas ...commettre des délits, des braquages de stations. »

Après le vol du scooter le trio part acheter une veste de moto pour Mohammed Merah comme prévu.

"Est-ce logique, demande un avocat des parties civiles, qu’après le vol du scooter vous êtes allé lui acheter un blouson ?"
(Abdelkader Merah a reconnu avoir financé une partie du blouson payé en liquide 159 euros. Mohammed  Merah n’avait pas assez d’argent Abdelkader Merah lui a donné 100 euros).

« Vous avez expliqué, poursuit un autre avocat, avoir ressenti de la colère contre Mohammed Merah après le vol du scooter. C’est compatible avec l’achat d’une veste ? »
« Ça reste mon petit frère, explique Abdelakader Merah. Dans les quartiers il y a des vols tous les jours c’est presque naturel. » 

« Oui, conclut l’avocat on pourrait croire finalement que la veste c’était une récompense. »


En novembre 2017, à l’issue du premier procès, le frère du « tueur au scooter » abattu par le Raid le 22 mars, avait été acquitté de la complicité de crimes et condamné à 20 ans pour association de malfaiteurs à caractère terroriste. 

Le verdict de ce procès en appel est attendu le 18 avril.

 

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