Toulouse : des Syriens délogés d'un squat sans aucune proposition de relogement

Les familles de réfugiés syriens ont tenté de s'installer sur la place du Capitole puis devant la préfecture / © Pierre-Alain Sarda
Les familles de réfugiés syriens ont tenté de s'installer sur la place du Capitole puis devant la préfecture / © Pierre-Alain Sarda

Une quarantaine de Syriens, dont 15 enfants, ont été expulsés ce lundi en fin d'après-midi d'un squat des Izards à Toulouse. Aucune proposition de relogement ne leur a été faite alors que certains ont déjà leurs statuts de réfugiés.

Par Christine Ravier

Une quarantaine de Syriens ont été délogés d’un squat ce lundi dans le quartier des Izards, au nord-est de Toulouse. Ils vivaient là depuis un an. L'expulsion a été un choc d'après des témoins.

Cathy Kermoal est une habitante du secteur qui aide ces familles qu'elle estime livrées à elles-mêmes au quotidien. "On avait fait déjà deux évacuations de squats dans le quartier et ça s'était très bien passé..."
 

Demandeurs d'asile


"Mais là, ajoute-t-elle révoltée, deux camions sont arrivés après une voiture de police. Ils ont jeté les affaires dans des sacs poubelles. Les enfants étaient dans la cour et ne comprenaient pas ce qui se passait. Les parents non plus. On les a jetés comme des paquets."

Dans la soirée, les réfugiés ont essayé d'installer leurs tentes place du Capitole puis devant la préfecture mais ils ont été refoulés.

Ils ont finalement posé leurs tentes dans la soirée sur les allées François Verdier, par souci de préserver la sécurité des jeunes enfants. Ces familles syriennes sont en procédure de demande d'asile.
 

Dispositif saturé


"La plupart ont déjà obtenu une protection subsidiaire ou même le statut de réfugié, explique Thomas Couderette du CEDIS (Collectif d'entraide et d'innovation sociale). Mais le dispositif national d'asile est saturé. Résultat : on les a abandonnés à la rue".

Pour les associations de défense de ces publics fragiles, il s'agit d'une nouvelle façon de procéder. Jusque-là, en effet, les demandeurs d'asile se voyaient proposer un logement quand ils étaient expulsés.
 

Un Etat "sans vergogne"


"On peut comprendre qu'on applique une décision de justice quand un propriétaire demande la restitution de son bien, poursuit Thomas Couderette. Mais qu'il n'y ait personne de la préfecture pour se manifester et gérer la situation, prévoir un relogement, c'est nouveau. L'Etat agit avec ces personnes sans vergogne, de façon purement sécuritaire".
 

La préfecture cherche des solutions pour les cas qui relève du droit d'asile

En fin de journée ce mardi, la préfecture de Haute-Garonne nous indique que "le squat des Izards s'est établi illégalement sur une propriété privée". Elle rappelle que c'est une ordonnance du tribunal d'instance de Toulouse qui a permis de faire intervenir les forces de l'ordre.

Elle précise que des solutions sont recherchées pour prendre en charge "les personnes qui relèvent uniquement de la demande d'asile". Une solution a pu être trouvée dès ce soir (mardi) pour deux familles qui seront prises en charge dans le cadre du dispositif de l'office français de l'immigration et de l'intégration.
 

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