Toulouse : un dispositif de lutte contre le harcèlement sexuel et sexiste créé à l'école d'ingénieurs Isae-Supaéro

A Toulouse, l’école d’ingénieurs Isae-Supaéro vient de se doter d'une cellule spécialisée dans la lutte contre le harcèlement, les discriminations et les violences sexuelles et sexistes. La directrice de l'établissement souhaite faire de ce dispositif «une priorité pour l’avenir».

Toulouse - L'école d'ingénieurs Isae-Supaéro souhaite libérer la parole sur le harcèlement sexuel et sexiste.
Toulouse - L'école d'ingénieurs Isae-Supaéro souhaite libérer la parole sur le harcèlement sexuel et sexiste. © Alexandre MARCHI/MaxPPP

Ils veulent dire « stop » aux cas de harcèlement sexiste et sexuel dans l’enseignement supérieur. L’école d’ingénieurs Isae-Supaéro vient de lancer un dispositif pour lutter contre ce fléau. Depuis le début de l’année, de nombreux cas de harcèlement sexuel et sexiste ont été constatés dans l’enseignement secondaire à Toulouse.
En mars, une étudiante de Sciences Po Toulouse a déposé une plainte pour viol. A l’université Jean-Jaurès, plusieurs enseignants ont été sanctionnés pour des cas de harcèlement sexuel sur des étudiantes. Face à cette situation, il y a urgence. L’établissement a donc appliqué « une tolérance zéro » en la matière et a modifié le règlement intérieur de son école.

Un dispositif présent en dehors et sur le campus

Pour libérer plus facilement la parole, la cellule est dirigée par des étudiants. Carl Guignon, étudiant en première année et responsable du pôle Solidaire et Harcèlement, fait partie du dispositif. Avec son équipe, il recueille le récit des potentielles victimes et réalise une enquête interne : « Lors de signalements de cas de harcèlement, nous informons la direction et redirigeons la victime vers des professionnels de santé spécialisés comme des psychologues », indique-t-il.

La cellule prévoit plusieurs actions d’information et de prévention pour les étudiants et les personnels de l’établissement : « le dispositif est présent sur le campus, dans le milieu professionnel, dans les enseignements, pendant les stages en entreprises ou lors les échanges universitaires », explique Marie-Hélène Baroux, directrice adjointe de l’établissement. 

Depuis la mise en place du dispositif, nous n'avons eu aucun cas de harcèlement dans notre école.

Carl Guignon, responsable du pôle Solidaire et Harcèlement à Isae-Supaéro.

Illustration.
Illustration. © Isae-Supaéro

Un comité de pilotage réuni deux fois par an

Un comité de pilotage se réunira deux fois par an au sein de la cellule pour évaluer les cas de harcèlement sexuel et sexiste : « tous les cas d’atteinte à l’intimité de la vie privée, de publication d’un montage inapproprié, de diffamation, de comportements vulgaires seront étudiés», précise Marie-Hélène Baroux. Carl Guignon, étudiant en charge du projet fera également partie du comité de pilotage et souhaite en tant qu'homme montrer l'exemple : « les cas de harcèlement sexuel et sexiste touchent plus les femmes. Mais il faut tous s'engager pour faire changer les choses.» 

Les victimes doivent savoir qu’elles ne sont pas seules au sein de l’institut. Aucun acte ne doit être laissé sans réponse.

Marie-Hélène Baroux, directrice adjointe d'Isae-Supaéro.

L'école a décidé d'aller encore plus loin. Elle projette pour la rentrée 2021 de mettre en place une charte pour lutter contre le harcèlement sexe et sexiste. Les enseignants et les élèves devront donc signer ce dispositif et s'y engager.

Rappelons que les faits de harcèlement sexuel sont punis de 2 à 3 ans de prison et de 30 000 à 45 000 euros d’amende. L’agression sexuelle est un délit condamnable de 5 à 7 ans d'emprisonnement. Si vous êtes victime ou témoin de harcèlement sexuel ou sexiste, vous pouvez joindre la cellule «Thémis» au 09 88 68 55 55.

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