Virus créé par l'homme ou d'origine naturelle, le muséum de Toulouse mène l'enquête sur le Coronavirus

Dans une publication du 10 juin 2020, deux scientifiques du muséum de Toulouse Henri Cap et Dominique Morello tentent de percer le mystère de l’origine du Coronavirus. L’article explore deux hypothèses : une origine naturelle et une artificielle.

Cellule apoptotique fortement infectée par des particules de virus SARS-COV-2, isolée d'un échantillon de patients au NIAID Integrated Research Facility le 18 mars 2020 à Fort Detrick, Maryland.
Cellule apoptotique fortement infectée par des particules de virus SARS-COV-2, isolée d'un échantillon de patients au NIAID Integrated Research Facility le 18 mars 2020 à Fort Detrick, Maryland. © ZUMA PRESS/MAXPPP
Sur les réseaux sociaux, le muséum d’histoire naturelle de Toulouse nous invite à suivre son enquête. A la manière d’un détective qui ouvre et referme des portes derrière lui après avoir investigué et tenté de récolter des indices, l’enquête essaie de percer les mystères de l'origine COVID 19.
 
Mais derrière cette opération de vulgarisation, il y a bien entendu le travail rigoureux de deux scientifiques. Henri Cap, biologiste et zoologue au muséum de Toulouse et Dominique Morello, biologiste retraitée au CNRS.

Leur article du 10 juin 2020, en ligne sur le site du muséum de Toulouse, explore deux hypothèses : l’origine naturelle et l’origine artificielle du coronavirus.- Dans la première hypothèse, Henri Cap et Dominique Morello détaillent tout d’abord l’importance des chauves-souris rhinolophes comme réservoir naturel des coronavirus grâce aux différentes données issues du séquençage, puis s’intéressent au pangolin malais comme "hôte intermédiaire mais pas idéal". Ils explorent la piste des mutations et recombinaisons pour "expliquer l’inexplicable",  mettant enfin en évidence le fait qu’un "autre hôte intermédiaire est vivement recherché".

La  seconde hypothèse est établie ainsi par les deux scientifiques :
 

L’ensemble des publications privilégiant l'hypothèse naturelle du SARS-CoV-2 ne nous permet pas en l'état actuel de nos connaissances d'écarter l'hypothèse d'une création artificielle dans un laboratoire. Une des raisons principales est que le SARSCoV- 2 se fixe et pénètre plus facilement les cellules humaines que celles de chauvesouris, alors que ces animaux sont censés en être la source !

Henri Cap, Biologiste et zoologue au muséum de Toulouse et Dominique Morello, Biologiste retraitée au CNRS.

 
Dominique Morello et Henri Cap essaient de comprendre ce qui aurait pu se passer, si la main de l’homme est bien à l’origine de l’existence du virus. Ils récoltent, regroupent et mettent en perspectives différentes informations déjà publiées par certains de leurs collègues internationaux autour du laboratoire de Wuhan, le Wuhan Institute of Virology (WIV) en Chine.
Wuhan Institute of Virology in the central China city of Wuhan
Wuhan Institute of Virology in the central China city of Wuhan © Kyodo/MAXPPP
Les deux auteurs de l’article reviennent également sur "le marché et les jeux mondiaux et militaires de Wuhan" tout en terminant l’exploration de cette seconde hypothèse artificielle par une question  : " à quand des certitudes ? "

Dans leur conclusion, Dominque Morello et Henri Cap ne se prononcent pas sur l’origine du Coronavirus mais ils tentent à prouver que les virus font bien partie du vivant. "Nous avons vu que leur capacité à s'adapter à leur hôte dépendait autant du hasard, que de leur génome ou de celui de leur hôte, abritant parfois d'autres virus […] Et si les virus sont vivants, cela pose bien évidemment un problème majeur que de pouvoir favoriser l'émergence d'êtres vivants "augmentés" dans leur capacité à parasiter d'autres êtres vivants, en l'occurrence notre propre espèce ! En créant de nouveaux virus, l'homme s'est octroyé le droit de manipuler la vie, et en cela l'être humain s'est donné beaucoup plus de pouvoir que de sagesse, alors que sa survie ne tient qu'à celle des autres êtres vivants".

C’est en forme de question que l’article se termine : « alors qui sait ce que ce nouveau virus nous léguera ? ». Sans répondre directement, les deux auteurs rejoignent les propos de la philosophe et historienne des sciences françaises, Bernadette Bensaude-Vincent : "Serait-on en train de redécouvrir l'utilité de la recherche scientifique ?"

L’enquête n’est donc pas terminée.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société recherche culture sciences
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter