REPLAY. Municipales à Tarbes : revoir le débat entre deux des trois candidats

Replay. C'est une triangulaire qui se joue à Tarbes, pour le 2nd tour des élections municipales. Le 28 juin, le maire (LR) sortant Gérard Trémège affrontera la liste de gauche d'Hervé Charles ainsi qu'une liste de fusion "centriste". Mais le débat proposé par France 3 Occitanie s'est fait sans lui.
L'hôtel de ville de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées.
L'hôtel de ville de Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. © Grégoire Alcalay/FTV

Gérard Trémège, qui brigue donc un quatrième mandat, sera-t-il réélu maire de Tarbes, le 28 juin prochain ? 

Les candidats à la mairie de Tarbes étaient invités à débattre sur notre antenne ce 18 juin, à partir de 18 heures. Le maire sortant Gérard Trémège a décliné cette invitation, au motif que son adversaire, Myriam Mendez, aurait instauré un "climat délétère" dans la campagne.

Le débat a donc eu lieu entre Hervé Charles et Myriam Mendez. Y ont été abordés les thèmes suivants : la démocratie locale ou comment mettre en place des assemblées citoyennes ; y a-t-il un "système Trémège", comme le dénonce la candidate divers centre ? ; enfin, ce second tour, plus de trois mois après le premier et une crise sanitaire sans précédent, est-il finalement une nouvelle élection, les projets ayant évolué au regard de cette crise ? Les candidats avaient 20 minutes pour en débattre.

L’absence « très présente » du troisième candidat, arrivé largement en tête du scrutin, a pesé sur les échanges. Myriam Mendez a notamment déclaré que son principal adversaire n’était pas là, « Hervé Charles n’est pas un adversaire. Gérard Trémège ne respecte plus ni les candidats ni les Tarbais ». Pour Hervé Charles, « c’est un problème qu’il ne soit pas là, ne serait-ce que pour simplement faire vivre le débat démocratique ».

Adversaires, ces deux candidats sont d’accord pour dire la nécessité, selon eux, de tourner la « page Trémège », « après 20 ans d’usure », a notamment déclaré Myriam Mendez. « Le système Trémège, ce sont des pressions, des copinages, c’est mettre ses amis à toutes les places possibles. C’est aussi aller voir toutes les personnes que les candidats rencontrent. C’est une omerta, une terreur réelle ».

Plus mesuré, Hervé Charles évoque une absence de « collectif ». « Ce n’est pas très sain dans une démocratie qu’une personne reste en place pendant une vingtaine d’années. Il [Gérard Trémège] n’a pas su préparer une transmission ».

Les deux candidats ont beaucoup insisté sur la nécessaire démocratie participative, Myriam Mendez évoquant « un nouveau souffle et de nouvelles pratiques », Hervé Charles la transparence : « On n’en fera jamais assez avec la transparence, il faut que cette participation citoyenne irrigue la vie politique locale, que des citoyens participent aux commissions d’attribution des marchés publics, par exemple ».

L’écologie, l’économie et les solidarités sont des thèmes communs aux deux candidats mais si Hervé Charles assure qu’elles faisaient partie du programme avant la crise sanitaire, Myriam Mendez admet avoir « revu nos priorités ».

La jeune femme, qui conduit désormais une liste de fusion avec celle de Pierre Lagonelle, étiquettée MoDem avec le soutien de LREM, refuse les étiquettes politiques, quand Hervé Charles, à la tête d’une liste Parti socialiste, EELV, Générations et PCF, au contraire les revendique : « C’est peut-être old school mais il faut afficher les couleurs. Nous, on combat tous les jours la politique d’Emmanuel Macron, Myriam Mendez a été pendant six ans adjointe de Gérard Trémège, sans émettre de critiques, donc c’était impossible de s’allier », a-t-il expliqué à son adversaire qui lui reproche d’avoir refusé ne serait-ce que de dialoguer.

 

Revoir le débat  :

Débat municipales second tour pour Tabes

Triangulaire

Arrivé en tête du premier tour, avec une confortable avance (41,39 % des voix), le maire LR sortant se dit "confiant" et présente une liste non retouchée. Il affronte au second tour la liste de gauche (PCF, EELV, Générations et PS) emmenée par Hervé Charles, arrivée en deuxième position le 15 mars dernier avec 15,22 % des voix. Mais également la liste "Tarbes, le renouveau", née de la fusion entre les listes de Pierre Lagonelle (MoDem/LREM) et de Myriam Mendez (Divers centre), arrivées 3ème et 4ème au premier tour avec respectivement 13,78 % et 13,43 % des suffrages.

L'ancien bastion communiste qu'est la ville de Tarbes a peu de chances de rebasculer à gauche. Le report des voix "possible" en faveur de la liste d'Hervé Charles est faible et l'autre liste de gauche, qui a recueilli un peu plus de 6 % au premier tour, n'a pas donné de consignes de vote.

Fusion MoDem/LREM/Divers centre

La surprise pour le maire sortant LR viendra-t-elle donc plutôt de cette fusion des deux listes centristes et LREM, arrivées au coude à coude au premier tour ? Elles étaient toutes deux emmenées par deux conseillers municipaux, élus depuis 2014. Pierre Lagonelle a choisi de fusionner avec Myriam Mendez, qui prône une politique plus écologique pour la ville, et a claqué la porte de la majorité municipale en août 2019. La liste née de cette fusion est sans étiquette.

Une reconversion à poursuivre

Ville de tradition industrielle, Tarbes, qui compte 42 590 habitants, a souffert de la fermeture de l'Arsenal dans le cadre de la restructuration de l'industrie de défense. Une fermeture non compensée par l'Etat qui a fortement impacté la ville en terme économique et démographique. Eloignée des grandes métropoles que sont Toulouse et Montpellier, elle bénéficie très peu du rayonnement économique de ces dernières, au contraire d'autres villes moyennes comme Montauban, Albi ou Foix.

Depuis la disparition définitive de GIAT au début des années 2000, Tarbes est tournée vers l'aéronautique (avec Daher-Socata et Tarmac Aerospace notamment) et la construction ferroviaire avec Alstom (plus de 600 salariés) et reste la deuxième ville industrielle de l'ancienne région Midi-Pyrénées.

Elle est aussi un important pôle universitaire et en tant que siège du Parc National des Pyrénées, elle a une place centrale dans le tourisme pyrénéen.

Les incertitudes de l'après-Covid

Malgré ces atouts, elle va devoir faire face à l'enjeu de l'économie et de l'emploi qui attend tout un chacun, au sortir de cette crise inédite engendrée par l'épidémie de coronavirus. 

Enfin, la grande inconnue de ce second tour des municipales 2020 reste la participation. A Tarbes, elle était de 36, 93 % le 15 mars dernier (contre 66,21 % en 2014). Un score dont on ne peut se satisfaire, a récemment déclaré Gérard Trémège.

 

Tous les débats à voir sur France
15 juin : Albi
16 juin : Pamiers et Millau
17 juin : Moissac
18 juin : Tarbes et Figeac
19 juin : Rodez
22 juin : Montauban
23 juin : Colomiers et Condom
24 juin : Lourdes et Graulhet
25 juin : Toulouse
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