Au procès du beau-père et de la mère de Kenzo, le bébé martyr de Lunel : des accusés à la personnalité violente

Teddy Maton, un maçon de 35 ans, est accusé d'avoir torturé et tué Kenzo, 21 mois, l'enfant de sa compagne Angelina Seine (23 ans) en février 2017 à Lunel. Elle comparaît pour complicité et non dénonciation de crime devant les assises à Montpellier. Tous deux nient les faits.
Cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier.
Cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier. © V. Luxey-Cohen. FTV
"J'ai voulu donner à mon fils tout ce que je n'avais pas eu". Dans le box des accusé, Angelina Seine, une jeune femme massive et brune, les cheveux longs coiffés d'une queue de cheval haute, jean et sweat blanc et noir est interrogée par le président sur elle, sa vie. L'accusée parle vite et sa vie, elle la résume en une phrase.

J'ai 23 ans. J'ai pas eu une vie facile. J'ai grandi dans les foyers et les familles d'accueil jusqu'à mes 18 ans. Je ne voulais pas que mon fils vive la même chose : une vie de violence et de foyers. Mon fils c'était ma vie. On était fusionnels.

Angelina Seine, accusée

Enfant issue d'une fratrie de 10 frères et soeurs, elle n'a jamais connu son père. Juste su que c'était un gitan et qu'on le surnommait "Johnny". Avec sa mère, il n'y a que coups, injures, violences et humiliations assure la jeune femme qui comme tous ses frères et soeurs a été placée dès sa naissance.

Violence

Lorqu'elle tombe enceinte à 17 ans, elle est en foyer et ses éducateurs lui conseillent d'avorter, ce qu'elle refuse de faire au dernier moment. Mais la jeune femme qui se présente comme une mère aimante et attentionnée s'échauffe vite et part au quart de tour quand les questions la dérangent, tenant tête au président de la Cour d'assises et à l'avocat général, notamment sur les violences qu'elle dit avoir subies de la part du père de son enfant et qui auraient justifié qu'elle quitte le foyer avec son bébé pour aller vivre avec l'accusé, son nouveau compagnon.

L'horreur

Elle dit n'avoir jamais frappé son bébé. "Sauf, peut-être une fois quand il a mis les mains dans la prise. Il devait avoir un an et demi".
Pourtant il y a des coups, des morsures, des brûlures : le rapport de l'autopsie du nourrisson, est une succession d'horreurs. Au moment de la lecture de l'arrêt de renvoi devant la cour d'assises, le père de l'enfant décédé sort de la salle d'audience en larmes. Il relève de l'innommable. Il fait état notamment d'une vidéo que la mère de l'enfant a prise. Elle a filmé son compagnon dans une voiture, les phares braqués en pleine nuit sur le bébé qu'il aurait fait mine d'écraser.

Torture

Kenzo, mort d'une hémorragie interne  aurait été torturé avant son décès. Il a reçu des coups de pied et des coups de poing sur tout le corps. Selon Angelina Seine, Teddy Maton, son compagnon aurait tenté de le noyer en le mettant la tête la première dans la cuvette des toilettes, lui aurait auparavant fait manger les excréments de sa couche en le traitant de "sale bâtard". Ce qu'il nie en bloc :"Il ne peut pas reconnaître ce qu'il n'a pas commis", souligne Me Jean-Baptiste Mousset, l'un des avocats de Teddy Maton. Il est convaincu de la-co responsabilité des deux accusés dans les actes de torture et de barbarie infligés au petit garçon. "Selon moi, Mme Seine pourrait même être l'instigatrice de ces violences. Les débats montreront à quel point elle peut être manipulatrice", ajoute l'avocat.

Il est manifestement plus facile de torturer un enfant et de le tuer que d'admettre sa responsabilité.

Maître Michaël Corbier, avocat des parties civiles

relève Me Michaël Corbier, avocat des parties civiles. Cela fait trois ans que les accusés se renvoient la responsabilité de ce crime. Aujourd'hui, nous attendons la vérité".

Chute

La scène s'est déroulée dans un hôtel de Lunel dans lequel logeait le couple le 14 février 2017.
Teddy Maton nie avoir donné la mort au bébé. Il évoque 3un malaise de l'enfant. Dit avoir fait une chute en sortant de la douche et avoir tenté de la ranimer par des petites claques et des petits morsures".
Le médecin légiste avait cependant constaté des lésions d'importances différentes sur tout le corps du bébé, datant de plusieurs époques.

Il a toujours voulu être père

Dans le box, l'accusé, athlétique, cheveux courts écoute attentivement le président. Il se présente comme un homme calme, posé qui a toujours travaillé comme maçon. Pourtant, son casier judiciaire fait état de plusieurs condamnations pour violences en réunion. Mais ce n'était jamais vraiment de sa faute. "Je me suis retrouvé dans des situations impossibles", dit-il. Il tranche avec l'image d'homme lisse et sans histoires que veut montrer l'accusé. Il ajoute qu'il a toujours voulu être père.

Un autre enfant en commun

Un enfant, conçu avec la jeune femme qui partage avec lui le box des accusés est né en prison quelques mois après la mort de Kenzo.
Teddy Maton encourt la réclusion criminelle a perpétuité, sa compagne 30 ans.

Le verdict est attendu en fin de semaine.
 
La responsabilité des services sociaux
La partie civile pointe les carences des services sociaux et judiciaires. " La mère de Kenzo ne s'est pas rendue par deux fois aux rendez-vous de la PMI. Le papa de l'enfant a alerté les services et on lui a répondu que tout allait bien, or les violences étaient habituelles et cela s'est terminé par un torrent le jour du drame. Il n'a plus jamais revu son fils après qu'elle ait quitté le domicile conjugal : privation de soins, de nourriture, de vêtements, d'amour.... Ce gamin a été privé de tout pendant des semaines avant de mourir dans ces circonstances", précise Michaël Corbier, avocat du père et des proches du bébé martyrisé .
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers justice société assises jeunesse famille décès violence