Hérault : découvrez les routes départementales qui vont repasser à 90 kilomètres/heure

L’Hérault, c’est 4.520 kilomètres de routes départementales. Imposée il y a deux ans, la limitation à 80 km/heure disparaîtra bientôt de certains tronçons pour laisser place, à nouveau, aux 90 km/heure. Mesure effective dès la pose des panneaux 90 mais pas avant... attention aux radars.

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C’est officiel : dans l’Hérault, 350 kilomètres de routes départementales vont repasser à 90 kilomètres/heure, deux ans après la loi de l’abaissement de la vitesse à 80 kilomètres/heure entrée en vigueur le 1er juillet 2018.

8% du réseau des routes départementales de l'Hérault concernés

Sur les 4.520 kilomètres de routes départementales que compte l’Hérault, 350 vont repasser à 90 kilomètres/heure, soit 8% du réseau.

Voici quelques routes concernées dans l’Hérault :
Dans l'Hérault, 350 kilomètres de routes départementales vont repasser à 90 kilomètres/heure, deux ans après la loi de l’abaissement de la vitesse à 80 kilomètres/heure entrée en vigueur le 1er juillet 2018. / juillet 2020.
Dans l'Hérault, 350 kilomètres de routes départementales vont repasser à 90 kilomètres/heure, deux ans après la loi de l’abaissement de la vitesse à 80 kilomètres/heure entrée en vigueur le 1er juillet 2018. / juillet 2020. © Département de l'Hérault

18 mois d’étude

"Nous avons pris le temps d’étudier la question" affirme Philippe Vidal. 18 mois d’étude ont été nécessaires pour choisir les axes concernés par le changement de vitesse.

Nous avons pris en compte le profil de chaque axe et l’accidentologie qui leur est liée.

Puis, le 23 juillet 2020, la Commission départementale de Sécurité routière (CDSR) a répondu favorablement à la proposition du Département de l’Hérault de repasser 350 kilomètres de routes départementales à 90 kilomètres/heure.

Dans un communiqué, le Département de l’Hérault affirme avoir "mené, avec l’appui d’un bureau d’études extérieur, une étude poussée de l’accidentalité sur ce réseau présentée au comité des usagers, composé des associations d’usagers des routes départementales". Parmi ces associations : la Prévention Routière, la Ligue Contre la Violence Routière, la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers ou encore la Fédération Française des Motards en Colère.

Pourtant, pour Nicolas Gou, le président de la Ligue contre la Violence Routière de l’Hérault, le Conseil départemental "persiste dans une volonté d’un autre temps". "Nous avons participé à deux réunions lors desquelles nous avons pointé les insuffisances et les incohérences des études réalisées."

Plus de la moitié des tronçons concernés font partie des routes les plus dangereuses du département ! Ce sont les plus fréquentés donc la fréquence des accidents sera plus importante si le tronçon repasse à 90 kilomètres/heure !

Selon la Ligue contre la Violence Routière de l’Hérault, les axes qui comportent le plus fort trafic sont les suivants : la D909, la D986, la D613, la D612, la D13, la D32, la D609 et la D17. "La D17 comporte des sorties de camion, associées à une circulation importante. Si l’on augmente la vitesse, les accidents aussi, vont augmenter" affirme Nicolas Gou.

La route départementale D17 inquiète. Dans un communiqué du 20 juillet 2020, le docteur Odile Arnaud, également membre de la Ligue contre la Violence Routière de l’Hérault dénonce le passage aux 90 kilomètres/heure sur cet axe : "J’ai eu le RD 17 comme terrain d’activité important avec les accidents de la route, pendant mes 30 ans d’activité de médecin généraliste intervenant auprès des sapeurs-pompiers".
 

Il n'y a pas d'accotements stabilisés donc aucune possibilité d’éviter un véhicule ou un animal errant qui surgirait sur notre voie. Il faut noter les nombreuses sorties de mas, et de chemins d’où sortent des engins agricoles. On est au milieu des vignes. 

"Ce 90km/h est donc en contradiction avec les recommandations du groupe d'experts du CNSR (Conseil National de Sécurité Routière) pour lequel il faut, entre autres, 10 kilomètres sans obstacle" ajoute Odile Arnaud.

80 km/h : baisse de la mortalité ?

Plusieurs mois après l’abaissement de la vitesse à 80 kilomètres/heure, le bilan était clair. Au niveau national, selon le ministère de l’Intérieur, "sur les 20 mois consécutifs à la mise en œuvre de la mesure, le nombre de vies épargnées s'élève à 349, par rapport à la moyenne des cinq années précédentes 2013-2017 prises en référence."

Chaque semestre est comparé à la moyenne de ce semestre des années 2013 à 2017, les mois de janvier et février 2020 sont comparés à la moyenne des mois de janvier et février des années 2013 à 2017. Cet indicateur est plus fiable et plus stable que la stricte comparaison avec l'année 2017, et conforme aux recommandations de la communauté scientifique.

Quel coût ?

"Cela ne représente pas un coût exorbitant" affirme Philippe Vidal, vice-président chargé des infrastructures au Conseil départemental de l’Hérault.

Nous avons presque tous les panneaux 90 à disposition puisque nous les avions gardés. Le passage aux 80 kilomètres/heure nous aura coûté plus cher !

La limitation à 90 kilomètres / heure sera appliquée pendant l’été, dès lors que les panneaux seront mis en place. Avant cela, veillez à bien respecter la limitation actuelle pour ne pas être flashé !

Quid des autres départements ?

En Lozère, la Commission départementale de Sécurité routière (CDSR) ne s’est toujours pas réunie, en raison de la crise sanitaire. Cependant, la Présidente du Conseil départemental, Sophie Pantel, demande le retour aux 90 kilomètres/heure. Déjà en 2018, l’abaissement de la vitesse n’était pas le bienvenu en Lozère :

"Si la diminution du nombre de victimes d’accidents de la route est un objectif qu’on ne peut que partager, la réduction de la vitesse maximale autorisée sur le réseau secondaire ignore les difficultés de déplacement dans les territoires ruraux et de montagne."

Selon la Ligue contre la Violence Routière de l’Hérault, les départements du Gard et de l’Aude resteraient aux 80 kilomètres/heure. Une information que nous n’avons pas pu vérifier auprès des préfectures et des Conseils départementaux concernés.
 

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