Hérault : Serviettes à gogo, farniente, la plage dynamique a déjà du plomb dans l’aile. Attention aux sanctions.

Bronzage sur la plage depuis le déconfinement / © ftv
Bronzage sur la plage depuis le déconfinement / © ftv

Les plages sont autorisées en mode actif pour faire du sport, mais pas pour bronzer. Une condition de leur réouverture pour le déconfinement. Mais certains héraultais sont vite passés en mode lézard, allongés sur le sable. Les autorités vont sévir car la règle: c'est la plage à l'Australienne.
 

Par Anne-Sophie Mandrou

Du soleil, de la chaleur, le pont de l’Ascension qui se profile. Allez zou, on prépare le pique-nique et on file se dorer la pilule à la plage. Euh ben non, en fait, vous n’avez pas le droit ! De l’Espiguette à la côte Vermeille , vous pouvez profiter du littoral seulement pour des activités sportives : paddle, kite, pêche à pied, baignade, marche. 

C’est le concept de la plage à l’australienne, ces plages urbaines où filles et gars musclés font du sport tous azimuts.
C’est grâce à ce concept que plusieurs élus et maires de la région ont convaincu les autorités de rouvrir les plages.

Pour la plus grande joie des habitants, sevrés de mer depuis la saison dernière. Car le languedocien est comme un lézard, il a besoin de se réchauffer au soleil, de préférence sur le sable de longues heures durant, pour engranger bonne humeur et vitamine C. Voilà, c’est comme qui dirait dans notre ADN !

Envolées les bonnes intentions ?


Et chassez le naturel, il revient vite au galop. Ce mardi 19 mai, 16h, 29 ° au thermomètre: de petits groupes de personnes, allongées sur leur serviette en train de parfaire la première couche d’un bronzage qui devra s’intensifier jusqu’à l’automne.
 
Bronzage sur les plages du littoral / © ftv
Bronzage sur les plages du littoral / © ftv


Soyons juste : il y a quand même de la distance entre les groupes , et la plage n’est pas bondée.
Mais bon, ce qu’on voit n’est pas super dynamique !!!
 

Difficile de résister à la tentation de s’allonger sur le sable

Il y a un quiproquo

explique Yvon Bourrel, le maire de Mauguio-Carnon.

"Au départ, l’idée c’était l’accès à la mer, pas l’accès à la plage. Possibilité d’y aller pour pratiquer des activités les pieds dans l’eau. Mais interdire au gens de poser leur serviette, c’est comme promener un sucre d’orge sous le nez d’un enfant en lui disant de ne pas toucher » 

Dès jeudi, l’ensemble des plages de la commune seront accessibles, avec en plus l’ouverture du parking de 1000 places au Grand Travers.
« Nous gérons 6 km de littoral,  pour un bassin de 500 000 habitants. Comment contenir l’enthousiasme de tous ceux qui veulent en profiter ? » ajoute le maire de Carnon-Mauguio

Autre concept à la Grande-Motte

Plage de la Grande-Motte / © MAXPPP/Guillaume BONNEFONT
Plage de la Grande-Motte / © MAXPPP/Guillaume BONNEFONT


Chez les voisins de la Grande-Motte, une autre option va être testée : proposer un espace bronzage de 2 km2, sur réservation 48h à l’avance. Créneaux déjà complets pour jeudi et vendredi.

Mais aussi une plage famille, une nature et une sportive, où l’on ne peut pas s ‘allonger.

Jouons le jeu ensemble 


demande la ville de la Grande-Motte qui propose des ouvertures de plages organisées.

« Nous avons lancé un message de responsabilité, mais difficile de savoir comment il va être reçu. La réussite tient à chacun. »

 
 

« Chez nous, c’est plutôt huile solaire et chichis ! »

Ces plages en mode actif sont-elles une fausse bonne idée ? Ou un pari trop éloigné de notre culture méditerranéenne ?
« Souvent, les gens ont une méconnaissance totale de ce qu’est la plage en mode dynamique. Chez nous, c’est plutôt huile solaire  et chichis,  sourit David Bank, le Directeur Général des Services de la mairie de Maugio-Carnon. Mais ça va mieux dès qu’on leur explique. »

Le député LREM de l’Hérault Patrick Vignal a été l’un de ceux qui a poussé pour la réouverture des plages à la mode australienne, découvertes lors d’un voyage. Une lettre de plusieurs députés avait d'ailleurs été envoyée au gouvernement

«  Je me suis dit, jusqu’au 15 juin ça fait un petit mois, les gens vont respecter . Je ne pensais pas que les montpelliérains se jetteraient sur les serviettes. Je vais être clair et assumer. Ceux qui ne respectent pas tant pis, c’est 135 euros. On applique la sanction. Et ça fera de l’argent pour les communes. »

La séance de bronzage peut coûter une amende de 135 euros

Des communes qui doivent trouver des solutions pour faire respecter les règles : drônes de surveillance à Agde, « réserve » municipale à Sète pour faire de la pédagogie sur le sable. Sur les plages de la Grande-Motte, 25 policiers et agents municipaux vont sillonner les différents espaces pour rappeler les bonnes pratiques. A Carnon, une quarantaine seront mobilisés sur l’ensemble du week-end.

Je demande à ma police d’avoir une approche bienveillante mais pas laxiste,


prévient Yvon Bourrel, le maire de Mauguio carnon.

On verbalisera si nécessaire. 

Les plages vont–elles fermer à nouveau ?

La préfecture de l’Hérault enfonce le clou et rappelle qu’après la pédagogie du premier week-end, les contrevenants s’exposent maintenant à une contravention. Et si ça ne suffit pas, le préfet a le pouvoir de fermer à nouveau les plages.

D’ailleurs, en Bretagne, trois maires du Morbilhan ont demandé à refermer leurs plages dès ce mercredi soir face aux incivilités.

Dans la région, risque-t-on aussi de faire machine arrière ?

Ce serait un gros coup dur, alors que se profilent de longs week-ends et des températures estivales. 
Les « lézards » languedociens vont devoir vite se mettre au bronzage en mouvement, en attendant de pouvoir à nouveau s’affaler sur le sable chaud.
 

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