Chikungunya à Montpellier : le quartier de Las Sorbes concerné

L'Agence régionale de santé a confirmé l'existence de quatre cas de Chikungunya à Montpellier, quatre adultes d'une même famille âgés entre 40 et 60 ans. Un voyageur revenu d'une zone infestée a également été localisé. La transmission provient de moustiques tigres. Le quartier sera traité.

Béatrice Broche médecin ARS répond aux questions de la presse le 21 octobre 2014
Béatrice Broche médecin ARS répond aux questions de la presse le 21 octobre 2014 © France 3 LR / L.C.
"On est loin d'Ebola et le chikungunya est une maladie relativement bénigne" précise d'emblée Dominique Keller le président de l' ARS à Montpellier.
Le but de la conférence de presse est de rassurer : "nous savions qu'il y avait un risque vue la montée de l'épidémie aux Antilles".

Le représentant de l'Institut de veille sanitaire précise tout de même que 42 cas de chikungunya importés ont été recensés depuis le 1er mai en Languedoc-Roussillon et qu'il s'agit ici des quatre premiers cas autochtones. Quatre personnes contaminés sans avoir voyager.
Il évoque aussi 16 cas de dengue recensés dans la région.
Le moustique tigre est le responsable de la contamination puisque le chikungunya ne se transmet jamais d'homme à homme.

"La famille va bien précise Béatrice Broche médecin ARS. Il s'agit de quatre adultes âgés entre 40 et 60 ans. Un premier cas est apparu mi-septembre. C'est un médecin qui a donné l'alerte en repérant les symptômes (fortes fièvre et douleurs articulaires).
Un voyageur arrivé depuis moins de quinze jours d'une zone infestée, porteur du virus,  a également été localisé. 
Les piqûres de moustique d'un sujet à l'autre ont permis la transmission du chikungunya.

Les représentants de l'EID ont repéré le périmètre à traiter dans le quartier de Las Sorbes "un traitement a été réalisé dimanche, un autre le sera vendredi "
"Une intervention à grande échelle n'aurait aucun intérêt puisque le moustique n'a qu'un rayon d'intervention de 150 mètres. Une démoustication systématique aurait pour effet de rendre les femelles adultes résistante aux insecticides" selon Grégory Lambert entomologiste à l'EID.
durée de la vidéo: 01 min 48
Chikungunya à Montpellier : le quartier de Las Sorbes concerné

Qu’est ce que le niveau 3 du « plan départemental anti-dissémination du chikungunya et de la dengue »

Depuis 2006, date d'implantation du moustique Aedes albopictus en métropole, le gouvernement a mis en place un plan national anti-dissémination du chikungunya et de la dengue.
Il comporte 6 niveaux :
Niveau 1 (niveau actuel pour l'Hérault) Aedes albopictus implantés et actifs
Niveau 2 Aedes albopictus implantés et actifs et présence d’un cas humain infecté par le virus du chikungunya ou de la dengue.
Niveau 3 Aedes albopictus implanté et actif avec présence d’un foyer de cas humains (définition de foyer: au moins 2 cas groupés dans le temps et l’espace).

Mobilisation générale

Le Préfet de l'Hérault et l'Agence régionale de la santé en appellent donc à la mobilisation individuelle et collective et demandent aux personnes résidant dans l'Hérault d’adopter un certain nombre de mesures visant à maîtriser la dissémination du virus. 3 conseils de prévention :

=> Détruire les gîtes potentiels de reproduction et de développement des moustiques autour et dans l’habitat en supprimant les eaux stagnantes où se développent les larves : retirer toutes les soucoupes des pots de fleurs, mettre à l’abri tous les objets susceptibles de se remplir d’eau de pluie ou d’arrosage et nettoyer au moins une fois par semaine tous les endroits où l’eau peut stagner (gouttières, siphons, vases, détritus, etc).

=> Se protéger individuellement des piqûres de moustiques : porter des vêtements longs, appliquer sur la peau des produits anti-moustiques, surtout la journée (en respectant les précautions d’emploi, en particulier chez l’enfant et la femme enceinte) et installer des moustiquaires de berceau chez le nouveau-né et le nourrisson.

=> Protéger l’habitat : utiliser des diffuseurs d’insecticide à l’intérieur et des serpentins à l’extérieur, installer des moustiquaires et allumer la climatisation au besoin car les moustiques fuient les endroits frais.

L’application de ces mesures sur le territoire départemental vise à ralentir la progression de l’implantation du moustique.

En cas de fièvre brutale et de douleurs articulaires, il faut consulter rapidement son médecin.
Grégory Lambert coordinateur national réseau de surveillance EID-Méditerrannée
Grégory Lambert coordinateur national réseau de surveillance EID-Méditerrannée © France 3 LR / L.C.


Le chikungunya est une maladie transmise aux Antilles par un moustique qui a la particularité de piquer pendant la journée.

Comment se transmet le chikungunya ?
1. Un moustique “tigre” sain pique une personne infectée par le virus.
2. Quelques jours plus tard, le moustique infecté devient contaminant.
3. Ce moustique transmet le chikungunya à une autre personne saine en la piquant.
4. Pendant au moins 1 semaine après l’apparition des symptômes, la personne malade peut contaminer un moustique sain qui pourrait ensuite piquer d’autres personnes et leur transmettre la maladie.
Il faut 4 à 7 jours pour que les symptômes apparaissent chez la personne contaminée par le moustique.

Quels sont les symptômes du chikungunya ?
Le chikungunya se manifeste par l’apparition brutale d’une fièvre souvent supérieure à 38.5°C et généralement accompagnée de :
• douleurs articulaires,
• courbatures,
• éruption,
• maux de tête…
Consultez rapidement un médecin en cas de fièvre brutale et de douleurs articulaires.


Le périmètre de l'enquête épidémiologique

Le ecteur retenu pour les enquêtes épidémiologiques à l’intérieur et de part et d’autres du polygone déterminé par les rues suivantes :
Avenue de Lodève ; Rue d’Alco ; Rue de Grézac et Michel Ange ; Avenue St Clément et rue Las Sorbes.

 
Le périmètre concerné par l'enquête épidémiologique suite au recensement de 4 cas autochtones de chikungunya à Montpellier
Le périmètre concerné par l'enquête épidémiologique suite au recensement de 4 cas autochtones de chikungunya à Montpellier © ARS Montpellier

 


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