Corps carbonisé à Mauguio : le duo mal assorti dans le box des accusés

Premier jour du procès procès aux assises de l'Hérault des assassins présumés d'un dealer italien dont le corps carbonisé a été retrouvé près de l'aéroport de Montpellier en 2009. / © Laurence Creusot
Premier jour du procès procès aux assises de l'Hérault des assassins présumés d'un dealer italien dont le corps carbonisé a été retrouvé près de l'aéroport de Montpellier en 2009. / © Laurence Creusot

Au premier jour du procès des meurtriers présumés d'un dealer italien à Mauguio : deux profils cohabitent. La brute polie et le complice craintif. On se demandait si les deux hommes allaient se rejeter mutuellement la faute mais les rôles semblent d'emblée distribués. 

Par Laurence Creusot


Les deux hommes sont accusés d'avoir volontairement donné la mort.

Le 25 novembre 2009,  ils passent une soirée avec la victime Guiseppe Oliva en consommant force drogue et alcool.
Thierry Holland accuse Lorenzo Martinelli d'avoir frappé à la tête Guiseppe Oliva un revendeur de cocaïne, avec une bouteille de wiskhy puis de l'avoir étranglé en chantant une comptine italienne.
Il lui attribue la responsabilité du meurtre. Les deux hommes auraient ensuite emballé le corps dans une bâche. Puis ont brûlé ce cadavre près d'un chemin derrière l'aéroport sur la commune de Mauguio.

Dès le début du procès Lorenzo Martinelli annonce la couleur :" Je souhaite assumer la mort.". Une façon de reconnaître sa culpabilité.
L'homme est imposant. Même amaigri sa carrure de malabar remplit le box. Et puis, il y a ce regard perçant sans qu'on sache s'il est bleu profond ou carrément noir.

A ces côtés Thierry Holland, 65 kg, semble effacé. Métis de mère française et de père ivoirien, il reste en retrait. Au fait Thierry ou Arnaud, le prénom donné par son père ou sa mère ? Cela varie selon les témoins qui défilent à la barre.
Holland dépend de la drogue depuis son adolescence, n'a pas vraiment de boulot et perd pied quand la mère de ses deux enfants le quitte. Il parle d'une voix mal assurée. Sa mère et son beau-père le forcent à monter dans l'avion pour l'Afrique. Il en reviendra accro au cannabis et à la cocaïne à 17 ans.

Comme au théâtre

Lorenzo Martinello occupe tout l'espace et décrit d'une voix théâtrale sa famille parfaite, son armée dans la marine, ses années de BTS pour devenir ingénieur commercial. Les patrons l'exaspèrent ils changent deux fois d'employeur avant de faire quelques voyages à Amsterdam puis au Pérou.
Trafiquant de drogue ? Non joueur de poker même mieux : analyste financier pour ses parents.
Violent non ! Menaçant oui car quand on travaille dans ces activités on doit se faire respecter dira-t-il au président Mocaer.
Quand l'avocat général Marion Brignol le reprend : "vous dites travail mais il faut comprendre trafic" ? Martinelli ne se démonte pas. Il a même un rôle de juge de paix dans le prisons qu'il fréquente en 4 ans et demi, six en tout. "Les maisons d'arrêt sont peuplées de gens très jeunes  et très turbulents. Si je peux aider à calmer les choses, je le fais".

Les épouses témoignent

Leur attitude avec leurs compagnes diffèrent aussi. Martinelli met un semi automatique sur le visage de son épouse et la menace de mort parce qu'elle le trompe. Holland veut se marier avec la mère de ses enfants après le procès. L'ex-épouse de Martinelli l'accuse explicitement d'autres meurtres. La compagne de Holland lui promet fidélité jusqu'à son dernier soupir.

Mais nous n'en sommes qu'à l'étude de la personnalité demain mardi  dès 9 h 00 la cour  étudiera le fond du dossier et il s'agira de vérifier ce que Thierry Holland a dit lors de son entretien en 2011 avec la psychologue :" Il a préféré tout faire, il voyait que je n'assurais pas".

Pour continuer à suivre le procès en direct 

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