Montpellier : le meurtre d'une lingère à la maison de retraite de Montferrier-sur-Lez devant les assises

Le dispositif de sécurité près de la maison de retraite - novembre 2016. / © PASCAL GUYOT / AFP
Le dispositif de sécurité près de la maison de retraite - novembre 2016. / © PASCAL GUYOT / AFP

Un procès particulier débute ce jeudi aux Assises de l'Hérault. Celui du meurtrier de la maison de retraite des Chênes Verts, à Montferrier-sur-Lez, près de montpellier. Un lingère de 54 ans y a été tuée de 3 coups de couteau, c'était fin novembre 2016. Le drame avait provoqué une grande émotion.

Par FD avec JS

Christian Segaud est un vieil homme dévasté. Il a 90 ans mais sa vie s'est arrêtée le 24 novembre 2016. Ce jour-là, sa fille Catherine, a été tuée

Ce 24 novembre 2016, vers 22 heures, un homme encagoulé pénètre dans un Ehpad à Montferrier-sur-Lez dont les pensionnaires sont d’anciens religieux missionnaires en Afrique.

L’homme commence par agresser une aide-soignante, puis poignarde Catherine Segaud la lingère de 54 ans... 3 coups de couteaux qui entraînent la mort de l’employée.
Le meurtrier prend la fuite.

Un dispositif policier se déploie autour de la maison de retraite : 130 gendarmes, le GIGN et les policiers de la brigade de recherche et d’intervention, la BRI sont épaulés par un hélicoptère pour retrouver l'auteur du meurtre.

Sa cavale va durer 20 heures. On le retrouve finalement près de son domicile, à Saint-Mathieu-de-Tréviers. Le suspect est identifié grace aux papiers de sa voiture abandonnée dur place. Il s'agit d'Eric Boucher, un homme de 47 ans, ancien employé de l'ehpad.
 


Au début, les enquêteurs n’écartent pas la piste terroriste...


En raison de la nature des pensionnaires, on pense d’abord à un acte anti-religieux, mais au fil de l’enquête, un autre scénario se dessine. Celui d’un cambriolage qui a mal tourné.

Le suspect est un ancien militaire de l’armée de l’air, sans emploi et pris à la gorge financièrement. Il avait déjà travaillé dans cet Ehpad, il était donc connu de ses victimes.
 


Un vol meurtrier qui suivait un précédent cambriolage


Quelques jours avant son acte désespéré, il avait déjà commis un vol dans l'établissement : deux ordinateurs, une console de jeux et un vidéoprojecteur.

Le 24 novembre, il retourne à la maison de retraite, mais une femme courageuse se met en travers de son chemin et lui arrache sa cagoule.
Craignant d’être reconnu, il la poignarde à 3 reprises... mortellement.

Après une traque de 20 heures, il a été interpellé par la gendarmerie, le 25 novembre aux alentours de 18h. L'arrestation du suspect a eu lieu près du stade de Saint-Mathieu-de-Tréviers, non loin de son domicile. Selon les enquêteurs, il n'était pas armé.

L'homme a reconnu être l'auteur de l'assassinat lors de sa garde à vue.
 

Quelles seront les lignes de défense lors du procès ?


La défense du mis en examen devrait insister sur sa précarité financière et son état dépressif au moment du drame.
"Il ne voulait pas attaquer  les moines. C'est un cambriolage qui a mal tourné", précise son avocat Me david Mendel. Il était revenu pour voler des objets pour les revendre car il avait des dettes. Ce n'était absolument pas une attaque terroriste. Il n'a pas prémédité de tuer l'employée, il l'a fait suite à une réaction impulsive.  C'est dramatique. Il assume les faits et attend la sanction", ajoute le conseil de l'accusé.

Les parties civiles s’interrogeront probablement sur l’arsenal retrouvé dans sa voiture. Des armes à feu factices et des armes blanches, un matériel disproportionné pour un cambriolage, mais qui laisse penser que le suspect avait préparé son attaque et donc prémédité ses actes.

"Il a tué par lâcheté"

"L'attirail retrouvé laisse penser qu'il vivait dans un monde virtuel", souligne Me Jacques Martin avocat du père et du fils de la victime. Il est venu voler. Il a tué par lâcheté. La victime a agonisé plusieurs minutes avant de mourir. Il n'a rien fait pour essayer de l'aider" se désole l'avocat. La famille n'est pas dans un sentiment de vengeance. Elle espère simplement que la justice fera son oeuvre afin non pas de réparer mais d'apaiser ses blessures".

Pour ce meurtre aggravé, Eric Boucher risque jusqu'à 30 ans de réclusion.
 

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