A Montpellier évacuation matinale du bidonville du Zénith 2

Au petit matin du mercredi 08 septembre, les forces de l'ordre sont intervenues pour évacuer le bidonville du "Zénith 2". Après une heure de blocage, l'opération est finalement lancée. Une centaine de personnes majoritairement originaires de Roumanie vivent dans ce camp depuis 2010.

Les habitants et les associations le redoutaient depuis une semaine. Ce matin, plusieurs dizaines de policiers et CRS ont bouclé tout le périmètre autour du bidonville Zénith 2. Des représentants d'associations qui s'étaient rassemblés dans le camp pour empêcher l'opération, ont été priés de sortir, ainsi que la presse.

Deux huissiers de justice se sont alors présentés. Mais ils n'ont semble-t-il, pas pu présenter de mandat d'expulsion, empêchant pendant un moment l'opération d'évacuation et de démantèlement de commencer. Après une heure de négociation, l'avocate des populations du camp, Me Elise de Foucauld a pu franchir le cordon policier pour aller discuter avec les représentants de l'Etat. Sans succès appremment puisque celle-ci a fini par partir au Tribunal de Montpellier, pour alerter le procureur de la République. Après une heure d'attente, l'évacuation a finalement commencé.

La ville de Montpellier absente

Pour rappel, une centaine de personnes habite ce bidonville depuis 2010. Après l'évacuation le 31 août dernier, d'un autre camp, celui du Mas Rouge, et l'incendie qui avait frappé le Zénith 2 le même jour, les associations redoutaient ce scénario. La Ligue des Droits e l'Homme et la Cimade, notamment, avaient tenu à alerter la presse le lundi 06 septembre. En improvisant une conférence sur le parvis de l'Hôtel de Ville de Montpellier. Ils avaient interpellé le maire de Montpellier Michaël Delafosse pour lui demander de prendre position. Sophie Mazas, de la Ligue des droits de l'homme, expliquait ainsi : "Pour expulser quelqu'un parce qu'il y a un jugement d'expulsion, pour l'expulser de chez lui, il faut que le propriétaire demande au Préfet le concours des forces de l'ordre. En l’occurrence, il n'y a pas eu de demande de la mairie, selon la position qu'elle nous a transmise. Et donc on se demande sur quelles bases le préfet va expulser. "

Une information confirmée par la mairie de Montpllier à travers un communiqué de presse envoyé aux rédactions dans lequel la Ville assurait n'avoir jamais demandé l'évacuation des camps. Sophie Mazas et les autres associatifs espéraient la présence d'un élu de la mairie, qui d'après eux, aurait pu suffire à interrompre l'opération, mais aucun membre du conseil municipal n'était présent devant le Zénith 2. L'avocate des populations du camp Me Elise de Foucauld, a annoncé qu'elle assignait la mairie de Montpellier en justice.

Dans un communiqué, la Préfecture de l'Hérault explique ce matin que le démantèlement intervient "en exécution d'une décision de justice, et après l'octroi du concours de la force publique par le Préfet de l'Hérault, Hugues Moutouh". Et précise que "les lieux présentaient  des risques importants pour ses occupants en terme de salubrité et de sécurité."

Tout en assurant que "les services de la Préfecture, de la Direction Départementale de l'Emploi, du Trvail et de la Solidarité (DDETS), les sapeurs-pompiers du SDIS 34, une association de sécurité civile, le 115, et l'Agence Régionale de Santé (ARS) Occitanie sont mobilisés pour organiser la mise à l'abri des personnes. Tous les occupants du campement en situation régulière se verront proposer un hébergement, en particulier les familles avec enfants et les personnes vulnérables". D'après le Préfet de l'Hérault, 75 individus habitaient ce campement. Une vingtaine d'entre eux auraient disparu dans la nature avant l'intervention des policiers. Une cinquantaine de personnes seraient hébergées, notamment dans des hôtels.

La veille de l'évacuation redoutée, les habitants du camp avaient commencé à regrouper leurs affaires, pour sauver ce qu'ils pouvaient face à la destruction annoncée, avec parfois l'intention de remonter un habitat temporaire ailleurs. Pour rappel, le camp du zénith 2 a été créé en 2010 par des personnes qui avaient été évacuées quelques jours plus tôt d'un autre camp montpelliérain, dans le quartier des Sabines.

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