Coronavirus : un cluster de 60 cas positifs recensés à la faculté de médecine de Montpellier

60 étudiants de la faculté de médecine de Montpellier ont été testés positifs au Covid-19. Les cours en présentiel ont été interrompus pour les 2ème année pendant 15 jours. Le cluster se serait déclaré après plusieurs soirées dont une dans un bar privatisé. 

Un quart des 2ème année de médecine à Montpellier ont été testés positifs au Covid-19
Un quart des 2ème année de médecine à Montpellier ont été testés positifs au Covid-19 © Cedric JACQUOT / FTV
Un cluster a été recensé la semaine dernière à l'université de Montpellier, plus précisément à la faculté de médecine. 60 étudiants, 51 de 2ème année et 8 de 3ème année, ont été testés positifs au coronavirus. A l'origine de la contamination, plusieurs soirées dont une soirée d'intégration organisée par des étudiants de 3ème année pour les 2ème année dans un bar privatisé, au début du mois de septembre. 

Les soirées d'intégration sont interdites au sein des campus, et le doyen de la faculté, Michel Mondain, confirme avoir demandé aux BDE (bureaux des étudiants) de ne pas organiser d'intégration cette année, les rassemblements de plus de 10 personnes étant interdits dans l'Hérault. Suite à l'apparition de ces cas, il a été demandé aux 200 étudiants de 2ème année de rester chez eux pendant 15 jours.

"Les cours seront enregistrés sur le site de Nîmes et leur seront retransmis", précise le doyen, qui ajoute que la promotion des 300 étudiants de 3ème année est aussi surveillée.
 

Je suis un peu désabusé. Le port du masque est obligatoire, nous l'avons répété à l'occasion d'une réunion de rentrée. Donc si ces étudiants, une fois sortis de l'université, ne respectent pas les consignes, on ne peut pas faire grand chose. 

Michel Mondain, doyen de la faculté de médecine de Montpellier

Les soirées étudiantes mises en cause


Les foyers de cas positifs se multiplient dans l'enseignement supérieur. 87 étudiants d'une école d’ingénieur de Toulouse ont été testés positifs au Covid-19. A Montpellier, 17 cas positifs ont été recensés à l'école de chimie, et à l'IAE, une classe de 60 élèves a été mise à l'isolement suite à un cas de coronavirus.

Dans les facultés de médecine ailleurs en France, 43 cas ont été dépistés à Rennes, 13 cas positifs recensés à Angers, et 500 étudiants ont été isolés à Nantes ou Amiens. En tout, une dizaine de clusters a été détecté dans les universités.

En conséquence, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a réagi en début de semaine en appelant les étudiants à la "responsabilité individuelle" dans un communiqué.
 

Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirées étudiantes, privatisations de bars...) associés à un relâchement des consignes sanitaires, notamment des gestes barrières.

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

 

Une "responsabilité collective" selon les syndicats étudiants


Mais la "responsabilité individuelle" demandée par la ministre ne peut exister sans une "responsabilité collective" selon certaines organisations étudiantes qui pointent du doigt les universités.
 

Aujourd'hui on nous force à aller en cours, à nous entasser dans des amphis bondés, à croiser dans les couloirs des centaines d'étudiants. Pour ça, on prend des tramways et des bus bondés. On ne peut pas demander aux étudiants ensuite d'éviter de sortir au bar alors qu'ils ont déjà été collés toute la journée. Ce sont deux poids deux mesures que les étudiants ne comprennent pas.

Fabien Bon, syndicat étudiant SCUM

Pour Fabien Bon, du SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier), aucune mesure n'a été prise par l'université pour protéger les étudiants, à part le port du masque. "Les horaires auraient pu être décalés pour éviter une affluence dans les couloirs, les cours auraient pu être organisés de façon à ce qu'on ne soit pas entassés dans les amphis. Mais il n'y a eu aucune anticipation en amont, et on attend qu'il y ait un cluster pour le faire", déplore-t-il. Son syndicat souhaite que tous les cours soient filmés pour les étudiants les plus fragiles, notamment.

L'université Paul Valéry a en effet évoqué, lundi lors d'un conseil avec les organisations étudiantes, le passage prochain à une alternance présentiel/distanciel des cours une semaine sur deux selon les promotions, afin de réduire les flux d'étudiants et d'améliorer la distanciation physique. A l'IAE, cette règle est déjà appliquée.

"On a distribué des masques et des tubes de gel hydroalcoolique aux étudiants, les tables sont nettoyées, la distance d'un mètre est respectée dans les salles qui sont régulièrement aérées, ont a instauré un système de 50% des étudiants en présentiel, un sens de circulation, et bientôt la numérotation des tables afin de pouvoir rechercher plus rapidement les cas contacts", précide le référent Covid-19 de l'IAE, Grégory Bouviala.

Joint par téléphone, le doyen de la faculté de médecine rappelle que les mesures qui ont été demandées par le ministère sont appliquées, et que la distanciation physique en amphi n'en fait pas partie. "A partir du moment où deux personnes portent un masque, selon l'ARS, il y a un risque très faible de transmission du virus", rappelle Michel Mondain.

Le reportage de Jérôme Gaussen et Cédric Métairon
 
 
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