Deux morts devant le tribunal de Montpellier : "Des avocats sidérés par ce désastre de chair et de sang"

Armé d'un revolver, un homme de 72 ans a tiré sur son ex-femme et l'a tuée d'une balle dans la tête, mardi à 14 heures, sur le parvis du palais du tribunal judiciaire de Montpellier, dans l'Hérault. De nombreux avocats et membres du personnel, qui ont assisté au drame et cru en premier lieu à un attentat, sont sous le choc.

Scène d'horreur, mardi 20 février 2024, sur le parvis du tribunal judiciaire de Montpellier : armé d'un revolver, un homme a tiré sur son ex-femme de 66 ans et l'a tuée d'une balle dans la tête. L'homme, âgé de 72 ans, a ensuite retourné l'arme contre lui et s'est suicidé. 

Divorcés depuis 2016, cet homme et cette femme avaient un simple rendez-vous devant le juge aux affaires familiales pour la "liquidation de leurs intérêts patrimoniaux", a précisé le procureur de la République de Montpellier, Fabrice Belargent, lors d'un point presse organisé hier, en fin de journée.

Tout a été filmé par le système de vidéo protection de la juridiction. "Le meurtrier attendait sa victime, assis sur un banc du parvis du tribunal. Dès qu’il a visualisé son ex-épouse qui arrivait, il s’est immédiatement levé, a sorti son arme, puis a fait feu sur elle, avant de retourner l’arme contre lui, un revolver 357 magnum, légalement détenu en sa qualité de tireur sportif au sein d’un club de tir de la région de Montpellier", précise ce mercredi le Parquet, .

Les personnes présentes aux abords du palais et dans les salles d'audience ont été "confinées avant d'être évacuées" et l'accès au tribunal, situé près du centre-ville, a été bloqué.

Sur le parvis du palais, des draps blancs ont été tendus derrière une grande grille blanche, pour cacher les corps.

Une communauté judiciaire sous le choc

Ce crime, suivi du suicide, a eu lieu entre la grille d'entrée et le poste de sécurité, à un horaire où le palais est très fréquenté : de nombreuses personnes, avocat et personnel du tribunal ont assisté à la scène.

Beaucoup se sont vus mourir : au moment des coups de feu, ils ont cru à une attaque terroriste et ont craint pour leur vie pendant de longues minutes, pensant qu'il s'agissait de l'intrusion d’un forcené dans les locaux.

Pour les avocats présents sur les lieux, le barreau de Montpellier va mettre en place une mesure d’accompagnement sur le long terme pour les aider à reprendre une vie normale : 

Des confrères ont été profondément choqués, sidérés à la fois de la peur qu’ils avaient eu pour eux et, après de la confrontation, par ce désastre absolu de chair, avec ces corps et ce sang devant le palais de Justice. On sait que ça peut arriver, on travaille sur des choses, on accompagne mais entre savoir et voir, il y a une grande différence et ça change tout. 

Iris Christol, vice-bâtonnière du du barreau de Montpellier 

"Vous assistez à une scène, vous la voyez, mais le cerveau met un peu de temps avant de réaliser ce qui est en train de se passer et ce qui pourrait se passer. Ensuite tout ça, ce sont des éléments qu’il va falloir verbaliser. Essayer d’accompagner pour faire en sorte que ça ne laisse pas trop de traces traumatiques" explique l'avocate de Montpellier.

Une cellule de soutien psychologique a également été mise en place pour le personnel du tribunal.

L'homme, dont l'identité n'a pas été dévoilée, n'était pas connu des services de police ou de justice et il n'y avait aucune "procédure de violence intrafamiliale en cours ni d'ordonnance de protection", a précisé hier le procureur. Selon 

Un féminicide tous les trois jours en France.

Ce nouveau féminicide a horrifié le ministre de la Justice qui a réagi sur X mardi, en adressant ses pensées "à la victime et à ses proches".

En déplacement à Nouméa, Eric Dupond-Moretti ne pourra pas venir à Montpellier, mais un de ses représentants fera le déplacement dans la journée.

En moyenne, un féminicide survient tous les trois jours en France. M. Dupond-Moretti a récemment avancé le chiffre de 94 féminicides en 2023, contre 118 en 2022, une baisse accueillie avec scepticisme par les associations féministes.