Hérault : 3 mois avec sursis requis en appel contre le sénateur LREM Robert Navarro

Robert Navarro, sénateur PS de l'Hérault, et son épouse Dominique au palais de justice de Montpellier - 7 juin 2016. / © Maxppp
Robert Navarro, sénateur PS de l'Hérault, et son épouse Dominique au palais de justice de Montpellier - 7 juin 2016. / © Maxppp

Le parquet de Montpellier a requis mardi en appel, la confirmation des condamnations du sénateur LREM Robert Navarro, ex-patron du PS dans l'Hérault et de son épouse Dominique, à trois mois de prison avec sursis. Ils sont jugés pour abus de confiance.

Par FD avec afp

En première instance, le couple Navarro a été condamné à 3 mois de prison avec sursis, l'un et l'autre.

Le parquet a réclamé en appel la même peine.
Une amende de 30.000 euros chacun et la privation de leurs droits civiques pendant trois ans ont également été requis devant la cour d'appel de Montpellier, conformément à la peine prononcée en première instance.

Des voyages en famille, au frais du PS ?


L'affaire porte sur des billets d'avion payés pour un total de plus de 85.700 euros entre 2004 et 2010 par la fédération PS de l'Hérault, dont Robert Navarro était alors premier secrétaire, sa femme étant "chargée de mission" et attachée parlementaire.
Ils concernent notamment des voyages en famille à Prague, Ljubljana, Budapest ou Marrakech.

Selon l'avocat général Georges Gutierrez, dans cette "affaire emblématique", les époux Navarro, condamnés en première instance le 6 juillet 2016, n'ont pas hésité à "tromper les adhérents" du PS. "Ce type de procédés contribue à pourrir le système" politique, a-t-il asséné.

"Flingage politique" entre PS et "Frêchistes" ou justice ?


Comme en première instance, Robert Navarro a dénoncé un "flingage politique", peinant comme son épouse à répondre précisément aux questions et s'attirant de nombreuses remarques du président Olivier Brue sur son manque de "rigueur" en matière de comptabilité.

"J'avais une multitude de fonctions et j'étais plutôt dans l'action", s'est défendu celui qui était à l'époque également parlementaire européen.


"Une absence de rigueur ne signifie pas une infraction intentionnelle", a plaidé le conseil du couple Me Patrick Maisonneuve, en demandant la relaxe.

"Mais de qui se moque-t-on !", s'est exclamé l'avocat de la fédération socialiste Luc Abratkiewicz, dénonçant "une bouillie infâme", "un système de défense qui n'est pas digne d'un élu de la République". "L'argent dont on parle, c'est des cotisations de petites gens qui s'impliquent", a-t-il relevé.


La disparition des documents comptables !


Au coeur de l'affaire figure également la disparition - "comme par hasard" se sont mutuellement accusées les deux parties - de tous les documents comptables de la fédération.
L'affaire avait éclaté en avril 2011 dans un contexte politique marqué par de fortes turbulences. En 2010, Robert Navarro, ancien employé de la SNCF, figurait sur la liste alors dissidente du défunt Georges Frêche aux élections régionales.
Le PS, alors dirigé par Martine Aubry, soutenait la liste menée par Hélène Mandroux, qui était maire de Montpellier.
MM. Frêche et Navarro avaient été exclus du PS et la fédération PS héraultaise placée sous tutelle fin 2010 avec à la clef un audit. M. Navarro a été réélu au sénat en 2014 sous l'étiquette DVG et est aujourd'hui rattaché au groupe LREM.

La cour rendra son arrêt le 2 mai.

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