Le village de transition de la Rauze ferme définitivement, "engagement tenu" avec la majorité des personnes relogées

Il y a deux ans, les 165 habitants du bidonville de Celleneuve, à Montpellier, étaient relogés dans le village de transition de la Rauze. Ce mercredi 24 avril, le village a fermé ses portes, alors que la quasi-totalité de ses habitants ont accédé à une situation pérenne. La ville salue un "engagement tenu".

En fermant d'une chaîne et un cadenas le portail du village de transition de la Rauze, au sud de Montpellier, le maire Michaël Delafosse a mis un terme à un dispositif de deux ans. Le 25 avril 2022 débutait l'évacuation et la résorption du bidonville de Celleneuve, le plus grand de la ville. Ses 165 habitants, des Roms, majoritairement originaires de Roumanie, étaient relogés à la Rauze.

La gestion du site était confiée à deux associations, Coallia et 2ChosesLune. Le but : accompagner les anciens occupants du bidonville pour leur permettre d'accéder à une situation pérenne, en trouvant un emploi, un logement, et en scolarisant les enfants.

105 personnes relogées

Deux ans après, les résultats de ce dispositif sont probants : sur 165 personnes, 105 ont pu accéder à un logement social, soit 31 familles. Grâce à l'engagement des bailleurs sociaux, et à l'accompagnement des associations en termes d'insertion professionnelle : "Ça a été un gros travail, salue Christophe Cavard, directeur régional de Coallia. 36 personnes ont trouvé un emploi, ce qui a permis à presque l’ensemble des familles d'accéder à un logement."

Grâce aux baux glissants, ce relogement ne s'est pas fait au détriment de personnes qui travaillent, et qui sont éligibles à un logement social.

Michaël Delafosse, maire de Montpellier

France 3 Occitanie

Un autre gros travail a été mené sur la scolarisation des enfants, et notamment sur leur assiduité. "On partait de loin, se souvient Christophe Cavard. Les enfants étaient inscrits à l'école, mais n'y allaient pas. Il a fallu travailler avec l'Éducation nationale, sur l'accompagnement scolaire mais aussi le fait qu'ils prennent goût" à l'école.

Ça s'est très bien passé, puisque les familles se sont trouvées comme des parents d’élèves classiques, dixit les directeurs et directrices d’école, ce qui n’était pas le cas avant qu’ils arrivent dans le village.

Christophe Cavard, directeur régional de Coallia

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Parmi les 165 anciens occupants du bidonville de Celleneuve, tous n'ont pas été relogés car certains, 31 personnes au total, ont préféré repartir en Roumanie, leur pays d'origine. Là encore, les associations les ont accompagnés dans leurs projets. "On a travaillé avec eux, ils ne sont pas repartis du jour au lendemain", assure le directeur régional de Coallia, qui note que la plupart des habitants de la Rauze ont quitté le village "avec le sourire aux lèvres".

D'autres sont partis volontairement, hébergés par des tiers, ou encore vers des habitats d'urgence. 8 personnes ont en revanche dû être expulsées au cours des deux ans d'existence du village de transition, pour non-respect des règles de vie, notamment pour des nuisances sonores ou des violences physiques.

Un "exploit" en deux ans

La ville de Montpellier, très active sur ce dispositif aux côtés de la préfecture de l'Hérault, parle d'un "constat très positif" et un "engagement tenu" pour le village de la Rauze. "Il y a eu une volonté, il y a eu un chemin, il y a eu une méthode. Il y a eu beaucoup de tempêtes, ça a été dur, mais la métropole et l'Etat ont travaillé ensemble", salue Michaël Delafosse, le maire de Montpellier.

Parvenir à reloger 105 personnes en deux ans n'a pas été une tâche facile. "C'est un exploit, abonde Christophe Cavard. Quand j’ai ouvert le site il y a deux ans, avec les 165 personnes, au début on s’est dit qu'on n'allait jamais y arriver."

"C'est un exploit, car trouver un emploi, mettre dans le logement et scolariser des personnes, ce n'est vraiment pas simple", appuie François-Xavier Lauch, préfet de l’Hérault et présent lors de la fermeture du village de la Rauze.

Ce que je retiens de ce dispositif, c'est notre capacité à se fixer des objectifs ambitieux, mais pas trop non plus. Il faut aller dans le temps, mais sûrement.

François-Xavier Lauch, Préfet de l’Hérault

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Le succès de ce village de transition pousse en effet les autorités à poursuivre dans cette stratégie de résorption de squats et de bidonvilles à Montpellier. "Je pense qu'il faut voir loin : se fixer un défi annuel en termes de bidonvilles qu'on élimine, et de nombre de personnes" prises en charge, se projette le préfet de l'Hérault. "C'est un engagement que l'Etat et la métropole [de Montpellier] donnent aujourd'hui, de continuer ce travail."

Concernant le village de transition de la Rauze, ses habitats modulaires vont être enlevés par l'association Coallia à partir du 3 mai prochain, et l'endroit remis en état. "L'étude du devenir du site, situé sur une zone vulnérable", est encore en attente, annonce la mairie de Montpellier.