Montpellier : droit au logement pour les “sans-toit” de la Pompignane

Les représentants du DAL, national et local, sur place à Montpellier pour aider les "sans toit" de la Pompignane. / © F3LR
Les représentants du DAL, national et local, sur place à Montpellier pour aider les "sans toit" de la Pompignane. / © F3LR

Le propriétaire avait tenté de les déloger en démolissant le toit de leur maison. A 15 jours de la fin de la trêve hivernale, le porte-parole de Droit au Logement est intervenu à Montpellier pour dénoncer le silence des autorités face à la détresse des locataires de la Pompignane.

Par Sylvie Bonnet

Elle a passé l'hiver dans sa maison, dans la banlieue-est de Montpellier. Sans toit depuis le 30 novembre. Avec des bâches pour limiter les fuites et en se réfugiant au rez-de-chaussée. A 15 jours de la fin de la trêve hivernale, Audrey fait ses cartons. Un peu perdue. Entre temps, son compagnon et sa belle-fille sont partis, la chambre et la salle de jeux de la petite ayant été totalement détruits sous les combles de la maison. Aujourd'hui Audrey ne sait pas où aller.
L'association le DAL, Droit au Logement, lui rend visite. Et son porte-parole national, Jean-Baptiste Eyraud veut faire remonter le dossier au gouvernement. Car la loi a été bafouée avec la démolition sauvage, au coeur de l'hiver, du toit qui abritait la famille
 

Le DAL dénonce l'impunité du propriétaire


D'une certaine façon, dans ce bras de fer illégal, le propriétaire a déjà gagné. Puisque de guerre lasse, Audrey fait ses cartons et renonce à rester dans la maison jusqu'à ce que la procédure aboutisse. 

"Il faut impérativement que la justice s'empare de ce dossier et engage des poursuites pénales contre ce promoteur" s'insurge Jean-Baptiste Eyraud.
 

Le porte-parole national du DAL, Jean-Baptiste Eyraud, écoeuré par la violence du dossier.
Propos recueillis par Sylvie BONNET et Brian BOCK. - F3LR
Au pénal, la société Hectare qui a envoyé ses ouvriers démolir le toit, risque jusqu'à 3 ans de prison et 30 mille euros d'amende pour expulsion illégale et a déja été condamnée au civil à verser 6000 euros de dommages et intérêts.
 

La locataire en détresse


Mais Audrey n'a encore rien touché. Et n'a plus d'économies. Toutes englouties dans l'arnaque dont elle a été victime lorsqu'elle a loué cette maison en juin dernier. Celui qui avait passé l'annonce n'était pas le propriétaire mais un imposteur qui lui a extorqué plusieurs milliers d'euros de caution. Des problèmes financiers dans un contexte d'insécurité physique permanent.
Audrey, la locataire de la Pompignane peine à faire ses cartons avant la fin de la trêve hivernale. / © F3LR
Audrey, la locataire de la Pompignane peine à faire ses cartons avant la fin de la trêve hivernale. / © F3LR

"Dès qu'il vente, dès qu'il pleut, la maison n'est plus étenche, et moi je ne dors plus".

Depuis le début de cette affaire, Audrey a surtout perdu toute confiance en elle. Le ciel lui est tombé deux fois sur la tête. Le DAL promet de ne pas la laisser tomber. L'association qui défend le droit au logement a vu bien des manoeuvres d'intimidation des propriétaires pour contourner la trêve hivernale. Mais la destruction du toit en plein hiver, quand les locataires sont dans la maison, c'était du jamais vu.

"On a vu des propriétaires changer les serrures ou couper l'eau ou l'electricité, mais ça, c'est du jamais vu" s'insurge le porte-parole du DAL.
 

Dans quinze jours, c'est la fin de la trêve hivernale. Le DAL comme la Ligue des Droits de l'homme qui a pris le dossier en main dès le premier jour seront vigilants. Si expulsion il y a , elle doit être faite dans les règles, ordonnée par les autorités compétentes, et non pas à coups de buldozer. 

Reportage, à Montpellier de Brian BOCK et Sylvie BONNET
Sans toit ni loi : le DAL s'insurge à Montpellier
Brian BOCK et Sylvie BONNET ont suivi la visite du DAL aux victimes de la Pompignane. - F3LR

 

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