Montpellier : de faux mineurs mais un vrai préjudice

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Dans l'Hérault, une filière fournissant de faux documents d’identité à des migrants, leur permettant de se faire passer pour des mineurs, et ainsi de bénéficier d’aides, a été démantelée par la police aux frontières.

Par RD

Cinq jeunes Ivoiriens ont été placés en détention provisoire à Villeneuve-lès-Maguelone, dans l’Hérault, poursuivis pour délit d’escroquerie et fraude sociale : âgés de 18 à 20 ans, ils se sont fait passer pour des mineurs en France, prétendant avoir entre 15 et 17 ans.

La police aux frontières les a interpellés à Montpellier, après six mois d’enquête. Leurs actes de naissance, portant tous le même numéro, ont en effet attiré l’attention. Ils avaient en fait été achetés à Daloa, en Côte d’Ivoire, à un faussaire qui a de son côté été interpellé par la police ivoirienne.

Ces cinq jeunes, arrivés en France l’année dernière, sont passés par la Libye puis l’Italie. Ils ont également fait croire qu’ils étaient orphelins, alors que leurs parents, en Côte d’Ivoire, étaient bel et bien vivants.

L’intérêt de cette tromperie : être pris en charge par le Conseil départemental, à hauteur de 284 euros par jour et par mineur.


825 000 euros de préjudice en trois mois


Face au préjudice, le Conseil départemental de l’Hérault s’est porté partie civile. Mais cette affaire est loin d’être un cas isolé. En 2017, 29 plaintes à ce sujet (ayant donné lieu à 16 poursuites) ont été déposées. En 2018, déjà 17 plaintes ont été enregistrées dans l’Hérault.

Les montants impliqués sont importants : l’an passé, le préjudice subi s’élevait ainsi à 932 000 euros. Cette année, en trois mois, il s’élève déjà à 825 000 euros.

La plupart des faux mineurs non accompagnés étrangers, ou mineurs isolés, sont condamnés à une peine entre trois et cinq mois de prison, assortie d’une obligation de quitter le territoire français.

Malgré les sanctions le phénomène tend à prendre de l’ampleur. Récemment, un homme de 32 ans s’est ainsi fait passer pour un mineur.

Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, entend "mettre un frein à ces filières de traite des êtres humains" :

Montpellier : de faux mineurs mais un vrai préjudice
Christophe Barret, procureur de la République de Montpellier. - France 3 Occitanie


Dans l’Hérault, 285 mineurs isolés sont actuellement pris en charge par le Conseil départemental.


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