A Montpellier un militant du DAL droit au logement en grève de la faim depuis 12 jours, a obtenu gain de cause

La grève de la faim pour être entendu. Sébastien Allary, militant associatif bien connu dans l'Hérault, se bat depuis de nombreuses années contre le mal logement. Son combat pour obtenir aujourd'hui un logement plus digne que celui qu'il occupe est un combat au nom des "invisibles". 

Contre le mal logement un militant du DAL à Montpellier se met en grève de la faim
Contre le mal logement un militant du DAL à Montpellier se met en grève de la faim © France 3
Sébastien Allary a 46 ans. Ce militant associatif acharné a pris fait et cause depuis de nombreuses années pour la défense des droits des plus démunis, des plus humbles. Voici 12 jours il avait décidé de ne plus s'alimenter et de patienter dans la rue sur une chaise. Il avait donc entamé une grève de la faim.

Une chambre de 7 m2 pour 325 euros dans un logement sans confort

Depuis son arrivée dans le foyer il y a un an et demi, foyer administré par le bailleur social Adoma, société d’économie mixte détenue par CDC Habitat et l’État, Sébastien Allary n'a de cesse d'alerter sur les conditions de vie des quelques 280 résidents. 
En froid avec son bailleur social qui l'accuse de ne pas être à jour de ses loyers, 325 euros pour 7m2, avec douche, sanitaires et cuisine sur le palier, Sébastien Allary dénonce une absence totale d'écoute. Handicapé par une maladie de longue durée, sans moyen de transport il demande à être relogé pas loin du centre ville pour pouvoir continuer à vivre à peu près normalement. 

3 propositions de relogement selon ADOMA

De son côté la direction régionale d'Adoma avoue ne pas comprendre l'attitude de son locataire. Elle lui a fait 3 propositions de relogement, dans des foyers lui appartenant, dont un tout neuf situé dans le quartier Euro Médecine pas trés loin du centre ville. Les trois propositions ont selon Michel Kessouari, le responsable Adoma Occitanie, toutes été refusées par Sébastien Allary, jugeant les loyers trop élevés proches de ceux pratiqués dans le secteur privé, nous a-t-il dit. Le bailleur social avoue être démuni et explique que le foyer dans lequel vit actuellement Sébastien Allary n'est plus aux normes et qu'il sera de toute façon détruit et remplacé en 2021. 

Mais cette attitude qui semble être conciliante de la part d'Adoma n'est pas du tout pour plaire au gréviste de la faim. Bien au contraire.
Reportage Grève de la faim Adoma de Laurent Beaumel et Franck Detranchant

Gentrification du centre ville inacceptabe et absence de volonté de mixité sociale.

Ce foyer vétuste de la rue du Père Soulas à Montpellier doit-être démoli en 2021, mais le représentant du DAL n'accepte pas d'être relogé de la sorte. Pour lui, "il existe des solutions, mais la volonté des services sociaux c'est d'éloigner la misère". Son combat va donc bien au-delà de sa petite personne.
Sébastien Allary par son attitude jusqu'au boutiste, veut remettre en cause le système d'hébergement social, indapaté à ses yeux. Il dénonce aussi l'absence d'un véritable suivi des personnes hébergés dans ces foyers.

25 000 demandes de logement ne seraient pas satisfaites sur Montpellier

Faire une grève de la faim n'était pas une décision facile à prendre, nous avoue-t-il, d'autant que sa santé est chancelante. Dans le contexte sanitaire actuel ces 12 jours sont donc trés risqués. Mais dans son combat Sébastien Allary n'est pas seul. De nombreuses associations le soutiennent.
En revanche les résidents du foyer n'osent pas trop s'exprimer par peur de représailles, de perdre leur droits. Certains de ces travailleurs sont là depuis plusieurs années et préfèrent se taire même si au fond d'eux, ils savent que le combat de Sébastien Allary est en grande partie pour que leur vie de misère ne soit plus invisible.   

Gain de cause

Ce samedi 14 novembre après 12 jours de grève, le militant a fini apr avoir gain de cause. Il a recommencé à s'alimenter. La direction d'Adoma "ayant pris en compte qu'effectivement, les solutions jusqu'alors proposées étaient inappropriées", vont réexaminer sa situation
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
social économie logement insalubre logement société grève