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Montpellier : l'oeuvre radicale de Jean-Michel Meurice exposée au musée Fabre

Jean-Michel Meurice / © Jepi-dunkerque/Creative Commons
Jean-Michel Meurice / © Jepi-dunkerque/Creative Commons

Artiste singulier ayant mené parallèlement une carrière de documentariste et de peintre abstrait, Jean-Michel Meurice, proche de Pierre Soulages, expose au Musée Fabre de Montpellier à partir de samedi 27 janvier une quarantaine d'oeuvres élégantes et radicales.

Par AFP

Artiste singulier ayant mené parallèlement une carrière de documentariste et de peintre abstrait amoureux des couleurs éclatantes et des matériaux contemporains, Jean-Michel Meurice, proche de Pierre Soulages, expose au Musée Fabre de Montpellier à partir de samedi 27 janvier une quarantaine d'oeuvres élégantes et radicales. 

"Parcours: 1956-2018" du 27 janvier au 29 avril permet de découvrir "quatre peintres en un" plaisante Meurice : quatre salles présentent chacune une phase du travail de cet acteur majeur du renouveau de la peinture en France à partir des années 1960.

Alors qu'il est mobilisé en Algérie de 1959 à 1962, Meurice peint comme un clin d'oeil à sa future carrière sur un support inattendu: une bobine de film, avec le geste le plus répétitif possible. Ce "film peint" accueille le visiteur de l'exposition.    

"Pour moi, la peinture est d'ordre rupestre, et la question est comment occuper l'espace et les murs"


Employant dès lors des couleurs éclatantes et des matériaux contemporains (aérosols, vinyle, rhodoïd ou aluminium), il se lance dans une perpétuelle remise en question visant à se libérer des contraintes imposées par le pinceau, le mur et le châssis, tout en nourrissant son esthétique à travers de nombreux voyages.

Au cours des années 1970, Meurice intensifie la recherche de la systématisation du geste et couvre l'espace de bandes de couleur inlassablement répétées. Parmi les productions de cette époque, "Pénélope" une toile (teinture et acrylique) de 6 mètres sur 2,50 mètres qui se déroule au sol tel un tapis aux bandes de couleurs chatoyantes.

"Pour moi, la peinture est d'ordre rupestre, et la question est comment occuper l'espace et les murs", explique Jean-Michel Meurice.

Proche du mouvement Support/Surfaces auquel il est régulièrement associé dans des expositions, l'artiste poursuit pourtant une "recherche solitaire" dans laquelle Soulages, rencontré en 1963, a été "un parrain" et un "soutien".

Une passion pour l'art islamique


Au cours des années 1980-1990, Meurice se passionne pour l'art islamique, à la faveur notamment de voyages en Asie centrale, et le motif réapparait dans son oeuvre sous la forme de grandes compositions de motifs végétaux aux élégantes arabesques tel son "Kaariye Walid", composée selon la technique du pochoir avec des feuilles de platanes.

Au cours de la décennie suivante, il revient au dessin, à travers des ipomées obsédantes et raffinées dont les corolles sont tracées sur des rideaux de douches synthétiques dans des bleus et des rouges somptueux.
Né à Lille en 1938, Jean-Michel Meurice est diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Tournai, en Belgique.

Parallèlement à sa carrière de peintre, il a réalisé plus de 150 documentaires, notamment sur la peinture (Simon Hantaï, Pierre Soulages, Caravage...), mais aussi sur la guerre d'Algérie ou la finance, et a été un des fondateurs de la chaîne de télévision Arte.

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