A Montpellier, le pôle France de karaté entre bonheur de reprendre et incertitude en vue des Jeux Olympiques de Tokyo

Les karatékas "kata" du Pôle France de Montpellier ont retrouvé leur staff pour un stage cette semaine de mi-juillet. Pour la plupart excités de refouler les tatamis héraultais, ils se préparent dans l'espoir de disputer pur la première fois les Jeux olympiques de Tokyo en 2021. S'ils ont lieu.

Alexandra Feracci, en plein entraînement de karaté, à Castelnau-le-Lez.
Alexandra Feracci, en plein entraînement de karaté, à Castelnau-le-Lez. © C. Bres - France 3 Languedoc-Roussillon
La pilule a été difficile à avaler. Ils se faisaient une joie d'aller à Tokyo cet été pour défendre pour la première fois le drapeau de la France pour les Jeux Olympiques. Alors, à l'annonce du report en 2021, la déception a habité les karatékas du Pôle France de Montpellier, réunis en stage jusqu'au dimanche 19 juillet pour la première fois depuis le confinement, lié à la propagation du coronavirus. 

"Ca a été dur à accepter", explique Alexandra Feracci, médaillée de bronze en kata individuel aux Championnats d'Europe de karaté 2019 à Guadalajara (Espagne) qui s'est remobilisée de suite. "Finalement, j'ai vu une issue positive, j'allais avoir plus de temps pour me préparer et me perfectionner."
 

"Ca fait quatre ans que je fais énormément de sacrifices pour les Jeux Olympiques"

Jonathan Maruani, karatéka


Pour Jonathan Maruani, qui devait disputer le tournoi de qualification olympique (TQO), ça a été "une grande, grande déception. J'ai très difficilement accueilli ce report, j'avais repris exclusivement pour disputer les Jeux Olympiques. Ca fait quatre ans que je fais énormément de sacrifices pour ça".

Deuxième carrière

Le karatéka de 33 ans a entamé une deuxième carrière en 2016 après une première carrière (2005-2013) auréolée de plusieurs médailles européennes et mondiales. Ce report vécu comme un coup de massue aurait pu le faire arrêter. "Ma femme et mon fils m'ont redonné la force de reprendre", explique celui qui est cadre d'Etat au ministère des Sports.

Comme bon nombre de sportifs, ces spécialistes du karaté "kata" n'ont pas tous pu s'entraîner dans des conditions similaires durant le confinement. "Ce n'était pas évident pour s'entraîner, il nous faut un dojo. J'ai quand même essayé de m'entretenir un maximum", relate Maruani. "Psychologiquement, c'était un peu dur de tenir, ajoute Feracci. Chez moi, j'ai aménagé un grenier avec un tatami et des appareils de musculation. Ca fait plaisir de revenir après toute cette période sans entraînement et sans voir le staff France."

"Je m'attendais à plus de blessures que ça"

Pour autant, le kiné de l'équipe de France Adrien Parzy a été surpris positivement par la condition physique de ses athlètes.
 

"Ils ont tous un peu arrêté de s'entraîner ou avec une intensité relativement réduite. Ils n'ont pas pas énormément perdu malgré tout. Les coachs ne sont pas forcément très tendres, donc il y a de la récupération à faire après les séances. Je m'attendais à plus de blessures que ça, ils ont été sérieux dans leurs programmes de préparation physique."

Adrien Parzy, kiné de l'équipe de France de karaté "kata"


Sans échéance particulière d'ici la fin de l'année 2020, mis à part peut-être la Coupe de France, les karatékas se projettent d'emblée sur 2021 : "On va recommencer à reprendre le circuit international, puis les championnats d'Europe, le tournoi de qualificaton olympique et les Jeux derrière", indique Alexandra Feracci.

Avec toujours les Jeux Olympiques - ce serait les premiers en karaté - dans un coin de leur tête. Notamment celle de Jonathan Maruani, obnubilé par "ce rêve de gamin" : "Même s'il reste 1 % de chance d'être qualifié, je la tenterai. Je ne lâcherai rien, ca toujours été mon leitmotiv, j'ai un mental qui fait que je n'abandonne pas, je suis mauvais joueur", dit-il sourire aux lèvres. On a envie de le croire.


Reportage de Laurent Beaumel et Cécilia Brès
 
A Montpellier, le pôle France de karaté entre bonheur et incertitude en vue des Jeux Olympiques
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