Montpellier : la réalité virtuelle pour distraire les malades en chimiothérapie

Pendant 12 minutes, Dany part à la découverte d'une grotte en Ardèche grâce à une vidéo 360°, un moyen pour elle de s'évader le temps de sa chimiothérapie - 8 novembre 2019 / © FTV - J.Mériot
Pendant 12 minutes, Dany part à la découverte d'une grotte en Ardèche grâce à une vidéo 360°, un moyen pour elle de s'évader le temps de sa chimiothérapie - 8 novembre 2019 / © FTV - J.Mériot

Une société montpelliéraine a développé la réalité virtuelle comme support de soins. Pendant une vingtaine de minutes, les patients sont immergés à 360° dans un décor dans lequel ils peuvent se balader. Le procédé est actuellement en expérimentation à Montpellier.

Par Joane Mériot

A l’institut du Cancer de Montpellier, près de 60 000 malades sont soignés ici chaque année. Des traitements lourds qui parfois obligent les patients à rester toute la journée à l’institut. C’est le cas de Dany, elle est atteinte d’un cancer depuis 4 ans, elle subit toutes les deux semaines des séances de chimiothérapie de 4 heures, certaines plus douloureuses que d’autres.
 

Voyager en dehors des murs de l'hôpital


Et aujourd’hui, pour la première fois, entre deux séances de chimiothérapie, elle enfile un casque sur les oreilles et un masque de réalité virtuelle pour s’évader un peu.

Voyage à la plage, à la montagne ou en pleine nature, Dany a choisi de partir à la découverte de la grotte de l’Aven d’Orgnac, dans l'Aveyron. Après 12 minutes quand elle enlève le casque, elle est conquise :

Je viens de vivre un grand voyage, c’était génial, je me suis baladée dans la grotte avec trois autres personnes à l’intérieur. C’était un très beau voyage. Et pendant ce temps je n’étais pas ici. C’est super, c’est apaisant, c’est ce qu’il nous faut avec tous ces traitements.

J’étais bien tranquille, c’est vrai que ça permet d’oublier où l’on est, les produits que l’on reçoit, ajoute Dany.


Un autre moyen pour Dany d’occuper son temps :

D’habitude pendant ces quatre heures, je lis, j’apporte ma tablette, j’essaye toujours de faire quelque chose qui m’occupe l’esprit en dehors de ça.

Réduire l'anxiété 


Comme Dany, ils sont une cinquantaine de patients, en soins à l’Institut du Cancer de Montpellier, à avoir testé la réalité virtuelle. Et tous, selon la direction de l’institut, ont été conquis :

Pour les patients, ça leur apporte d’une part une réduction du niveau de stress et d’angoisse lors d’une première séance de chimiothérapie, mais c’est aussi l’opportunité pour eux de sortir de l’environnement hospitalier et de se désolidariser finalement du cadre habituel d’une hospitalisation classique, précise Cédric Guillaumon, directeur de soins à l’ICM de Montpellier.
 

Vers une réduction de la douleur ? 



A l’Institut du Cancer de Montpellier, conquis par le dispositif, on réfléchit déjà à de nouveaux projets :

Nous avons travaillé dans un premier temps à une activité occupationnelle, mais aussi en matière d’hypnose puisque nous avons la volonté de déployer ce type de technologie pour préparer les patients à une intervention chirurgicale voire en peropératoire lors de gestes qui peuvent être invasifs et potentiellement douloureux, et pourquoi ne pas à terme remplacer une solution médicamenteuse.


Ce dispositif de soin par réalité virtuelle a été développé par la société montpelliéraine Caycéo
 

Quand on est sur des séances sur l’anxiété on va chercher le relâchement musculaire, l’apaisement au niveau de la respiration, on va chercher à travailler sur le rythme cardiaque de la personne, dans le cas de séance on l’on va travailler sur la douleur on va venir dissocier ce que ressent la personne dans son corps à ce qu’elle vit intérieurement.



Si le procédé est en expérimentation à Montpellier, il a déjà fait ses preuves dans d’autres établissements de santé de France, comme Marseille où l’immersion de Caycéo a déjà permis de réduire les produits anesthésiants. Bientôt, d’autres CHU comme Toulouse et Bordeaux prévoient de développer la réalité virtuelle.

Le reportage de Jean Michel Escafre, Joane Mériot et Sendrine Bonnefond 

 

 

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