Montpellier : reprise d'Orchestra-Prémaman, le tribunal de commerce tranche en faveur de Pierre Mestre

Ils étaient deux candidats à se disputer la reprise du groupe Orchestra-Prémaman, société spécialisée dans les vêtements pour enfants et la puériculture. Ce vendredi 19 juin, le tribunal de commerce a choisi l'offre présentée par le patron et créateur du groupe, Pierre Mestre. 
Le siège d'Orchestra-Prémaman est à Saint-Aunès, près de Montpellier - 2020.
Le siège d'Orchestra-Prémaman est à Saint-Aunès, près de Montpellier - 2020. © F3 LR

La décision était attendue par les salariés du groupe depuis maintenant plusieurs semaines. Le tribunal vient tout juste de trancher. Malgré les "considérations relatives à la morale des affaires", c'est l'offre proposée par Pierre Mestre, patron et créateur d'Orchestra qui a été retenue pour la reprise du groupe héraultais Orchestra-Prémaman. 

 

On va se battre pour ceux qui restent, c'est une victoire collective.

Pierre Mestre

 

Pierre Mestre s'est adressé à ses salariés pour annoncer la décision du tribunal de commerce - 19.06.20
Pierre Mestre s'est adressé à ses salariés pour annoncer la décision du tribunal de commerce - 19.06.20 © FTV - S. Banus

 

La décision a immédiatement fait réagir l'avocat du Comité social d'entreprise (CSE) - qui s'était fermement affiché contre la candidature de Pierre Mestre - Ralph Blindauer : 

 

C’est un avis unanime du CSE, nous sommes choqués par cette décision que nous considérons comme un scandale judiciaire. Mais finalement nous ne sommes pas surpris, elle est dans la droite ligne de ce que l'on a vécu depuis le début.

 

Lourde dette

 

Accumulant une dette d'environ 650 millions d'euros, le groupe avait été placé en redressement judiciaire depuis fin avril.

C'est mardi 16 juin, que l'audience s'est tenue au tribunal de commerce de Montpellier pour statuer sur les 2 offres de reprise du groupe héraultais Orchestra-Prémaman. Deux candidats s'étaient présentés : 

Le dossier de reprise prévoyait environ 150 suppressions d'emplois et la fermeture de l'entrepôt logistique de Saint-Aunès, proche de Montpellier, qui emploie 130 salariés. Celui-ci serait transféré dans le Pas-de-Calais à Arras.

Le dossier de reprise envisagerait "la sauvegarde immédiate d'une partie importante de l'emploi, le maintien du siège à Saint-Aunès et de l'entrepôt logistique de Montpellier".

 

Dossiers retoqués le 4 juin dernier

 

Les deux dossiers avaient été retoqués une première fois le 4 juin dernier. A l'époque le tribunal avait demandé aux repreneurs d'améliorer leurs offres, estimant que les dossiers étaient insuffisants, notamment en matière de refinancement et de sauvegarde des emplois. 

 

 

Pour les syndicats de l'entreprise et de nombreux salariés, c'est l'offre du groupe saoudien qui était la plus intéressante pour l'emploi. Ces derniers ont d'ailleurs manifesté à plusieurs reprises contre le plan de reprise de leur ex-patron.

Le dernier rassemblement en date, lundi 15 juin, lors d'un Comité social d'entreprise (CSE) au siège de l'entreprise à Saint-Aunès, 200 salariés européens du groupe textile étaient présents.

 

Des emplois menacés

 

Selon eux, l'entreprise étrangère injectait plus d'argent pour redresser la trésorerie et elle permettait de sauver 2 fois plus d'emplois. "Choqué" par cette décision, le CSE a prévu d'interjeter appel. Ce recours sera discuté lors de la prochaine réunion du CSE fixée au lundi 22 juin prochain.

 

Nous également demander le sursis à exécution de la décision c’est à dire de suspendre l’exécution provisoire. On pense que c’est que c’est une décision qui va mener l’entreprise dans le mur rapidement. Elle ne résistera pas aux premiers problèmes conjoncturels. Lorsque ce sera le cas, nous demanderons des comptes à ceux qui nous y ont mis.

Ralph Blindauer, avocat du CSE

 

 

Orchestra-Prémaman, emploie actuellement 1 260 collaborateurs contre 2 920 avant la crise. Les pertes financières du groupe ont débuté en mai 2017, après le mariage avec le groupe américain Destination Maternity en décembre 2016, un rachat finalement avorté "pour des raisons de réglementation boursière" en juillet 2017.

 

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