Montpellier : une banque végétale pour les générations futures

Arcad : c'est le nom du nouveau bébé de la recherche à Montpellier. Inauguré le mercredi 6 octobre 2021, ce bâtiment est un centre de ressources génétique. Arcad permet de conserver la diversité végétale cultivée en Méditerranée.

L'adaptation au changement climatique est une nécessité qui s'impose dans tous les secteurs, y compris en agriculture. Dans de nombreux laboratoires de recherche, des scientifiques espèrent trouver de nouvelles espèces résistant mieux aux différents aléas climatiques. Arcad, le centre de conservation inauguré ce mercredi à Montpellier, est un outil qui doit faciliter ces recherches... et les découvertes !

C'est un bâtiment situé sur le campus de Lavalette, à proximité de l'école Supagro et qui fonctionne depuis juin 2019. En son sein sont stockés près de 50.000 échantillons de végétaux : vigne, maïs, sorgho, blé dur, riz, mil, coton, arachide, cacao, arbres forestiers et bien d'autres. Ils sont stockés sous forme de graine, de plantes in vitro ou parfois juste de matériel génétique.
Arcad est un bâtiment construit en forme de "H", autour du plateau de conservation des graines. On y conserve la diversité végétale cultivée en Méditerranée et dans les pays du Sud.

 90 chercheurs

Autour du stockage, trois plateaux techniques de génotypage/séquençage, de phénotypage des semences et de cryoconservation. 90 chercheurs travaillent sur place dans cet équipement construit à la fois par le CIRAD, l'IRD (Institut de recherches sur le développement), l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) et l'école Supagro.

"Etudier la diversité des plantes cultivées et de leurs apparentées sauvages est primordial dans un contexte de mondialisation et de changements globaux", nous apprend le communiqué des 4 instituts. Qui poursuit : "Certaines variétés anciennes ou sauvages, parfois menacées de disparition, peuvent être moins sensibles aux aléas climatiques, à des maladies émergentes ou bioagresseurs qui se diffusent sur le globe. Elles peuvent aussi être utilisées comme parents de nouvelles variétés plus adaptées à ces nouveaux contextes."

Claire Billot est la directrice de l'Agap-Institut, une unité de recherche qui s'intéresse à l'amélioration génétique et à l'adaptation des plantes. Elle nous explique en quoi Arcad va simplifier la vie des chercheurs qui s'intéresssent à ces questions : " Cette collection nous permet de retracer l'arbre généalogique des plantes : leur zone d'apparition, leur histoire mais aussi les pratiques culturales qui les ont modifié au fil des siècles. Elle nous permet ainsi de retrouver les plantes sauvages à l'origine des espèces domestiquées. Pour éventuellement y chercher un trait génétique intéressant, qui n'a pas été conservée."

Une bibliothèque plutôt que des archives

Un outil à destination des agriculteurs, des chercheurs français ou étrangers. Qui peuvent même consulter le catalogue des collections à distance. Arcad n'est pas une collection "morte", mais bien vivante, selon Claire Billot : "C'est un lieu ouvert. Les agriculteurs, les passionnés, les particuliers sont invités à échanger avec nous. Car ils peuvent nous poser des questions que nous n'envisagerions même pas mais qui sont bien pertinentes."

La réserve de graînes de Svalbard en Norvège abrite des espèces du monde entier pour les générations futures et ressemble donc à des archives. Arcad, lui, est plus proche d'une bibiothèque, où chacun est invité à utiliser les plantes selon des règles bien définies.

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