Sofiane, 17 ans, séquestré et battu à mort : 5 hommes jugés à Montpellier à partir de lundi

Sofiane Perrin, âgé de 17 ans, avait été séquestré, puis battu à mort avant d’être abandonné dans la rue en 2016. Ce lundi, 5 hommes, ses meurtriers présumés et leurs complices comparaissent devant la justice. 

Sofiane Perrin était âgé de 17 ans lorsque le drame a eu lieu.
Sofiane Perrin était âgé de 17 ans lorsque le drame a eu lieu. © H. Perrin.

Il y a 5 ans, le 30 mars 2016, le corps sans vie du jeune Sofiane est retrouvé sur un trottoir à proximité de la clinique Clémentville à Montpellier. A ses côtés, Edouard A., son ami, vivant mais le corps recouvert de contusions. Si le second a été secouru, les pompiers ne pourront que constater le décès de l’adolescent. A 17 ans, Sofiane a été séquestré et battu à mort. 

5 hommes sur le banc des accusés

Les auteurs présumés du meurtre comparaissent ce lundi 8 mars devant la cour d’assises de Montpellier.  Un procès que la mère et la sœur de Sofiane, qui se sont constituées partie civile, attendent depuis 5 ans : « Elles sont traumatisées. Elles ont perdu un fils et un frère dans des conditions abominables », insiste maître Abratkiewicz, leur avocat. «Elles ont besoin de justice et de vérité, mais aucun ne reconnait les faits, ne reconnait sa responsabilité. »

4 hommes, actuellement en détention provisoire sont mis en examen pour séquestration (ou complicité), violences et violences ayant entraîné la mort. Un cinquième homme, lui, est accusé de ne pas être intervenu et de ne pas avoir porté secours à Sofiane et son ami. Pour la plupart d’entre eux, ce rendez-vous avec la justice n’est pas une première : sur les 5 accusés, 4 comptent déjà une dizaine de condamnations chacun à leur actif. Djamel Fellah sortait de prison, il avait été condamné à 10 ans de réclusion par la cour d’assises de l’Hérault pour avoir battu un homme jusqu’à le laissé handicapé à 85%.

Règlement de comptes sous fond de trafic de drogue

C’est un cambriolage qui est à l’origine de ce déferlement de violence. Anouar Taibi est en séjour à Vénissieux, près de Lyon avec sa compagne lorsque son domicile est forcé. 15 000 euros lui auraient été dérobés, les fruits de son trafic de cannabis. Ses hommes de main se chargent de retrouver les coupables : leurs soupçons se portent d’abord sur Nicolas R., la première victime. Le jeune homme est alors séquestré toute une journée dans une maison de Capestang (Hérault). Battu à coups de poings, de pieds, de batte de baseball et de taser, il nie pourtant jusqu’au bout et sera relâché dans la nuit. 

Le lendemain, l’argent n’ayant toujours pas été retrouvé, Hicham El Moutaouakil et Adamee Reghi décident de s’en prendre à Sofiane et son ami Edouard. Il font alors appel à un troisième homme : Djamel Fellah. Ensemble, ils vont séquestrer Sofiane et Edouard dans une caravane située sur un terrain vague de Capestang.

Les deux jeunes, ligotés, seront battus jusqu’à l’aube. Les coups pleuvent, qu’ils proviennent de pieds, de mains, de batte de baseball mais aussi du canon d’un fusil à pompe. Gravement blessé à la tête, Sofiane commence à divaguer au milieu de la nuit mais les coups ne s’interrompent pas. Il endure 7 heures de torture continue. 

7 heures de torture

Pendant ce temps, Anouar Taibi, le propriétaire de l’argent volé, est constamment au téléphone avec ses hommes, réclamant chaque fois plus de violence pour les faire avouer. Au petit matin, Sofiane et Edouard sont transportés par les 3 hommes de main dans un appartement de Montpellier. Sofiane vomit, perd connaissance. Il a cessé de respirer.

J’ai rarement vu un dossier où les accusés avaient aussi peu de compassion, aussi peu de regret. Ils sont sans foi ni loi, seules leurs règles comptent.

Maître Abratkiewicz, avocat de la mère et de la sœur de Sofiane

Le groupe panique alors et embarque ses deux victimes en direction d’une clinique. Ne parvenant pas à la trouver, il jette Edouard et le corps de Sofiane depuis la voiture, les abandonne dénudés sur le trottoir. Les secours ne pourront rien faire, l’adolescent est mort des suites des coups répétés qu’il a reçu toute la nuit pour le faire avouer.

Sofiane a nié jusqu’au bout être l’auteur du cambriolage. Les accusés risquent la prison à perpétuité. 

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