Mort de Sofiane, battu à mort à Montpellier : "J’ai peur que les assassins de mon fils sortent"

En 2016, le corps de Sofiane Perrin était retrouvé dans une rue de Montpellier. Ce jeune homme de 17 ans avait été séquestré et battu. Aujourd’hui les auteurs présumés, en détention provisoire, n’ont toujours pas été jugés, et pourraient être libérés.
 

Cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier.
Cour d'assises de l'Hérault, à Montpellier. © V. Luxey-Cohen. FTV
A la douleur du meurtre de son fils, il y a quatre ans, Laurence Perrin voit maintenant s’ajouter la crainte de voir les coupables présumés être remis en liberté. Dans le domaine de la justice, le temps est compté : impossible de garder éternellement en détention provisoire des accusés.

Or pour la mort de Sofiane Perrin, la justice tarde, et le procès se fait toujours attendre. Ce jeune homme de 17 ans avait été enlevé, puis battu à mort à coups de batte de base-ball. Ses tortionnaires avaient ensuite abandonné son corps dans la rue, cité Astruc à Montpellier, le 30 mars 2016.

Pour ce crime cinq personnes doivent être jugées devant la Cour d’assises de l’Hérault. Quatre d’entre elles sont actuellement derrière les barreaux, le cinquième suspect, dont le rôle n’aurait été que mineur, ayant été remis en liberté. A mesure que les semaines, puis les mois puis les années passent, le risque grandit que tous les suspects soient relâchés, en cas de dépassement du délai raisonnable de détention provisoire.

"J'ai peur que les assassins de mon fils sortent. Je ne veux surtout pas qu’ils sortent, je veux le procès au plus vite", confie Laurence Perrin.
   

L'un des accusés était en liberté conditionnelle au moment du meurtre


Depuis le début, la famille de Sofiane ne cesse de recevoir des demandes de mise en liberté des accusés. Notamment celle de Djamel Fellah, actuellement détenu au centre pénitentiaire de Béziers. L'homme était en liberté conditionnelle à l'époque du crime et avait été condamné six ans plus tôt à dix ans de prison pour des faits de violences en réunion suivi de mutilation.

"C’est du harcèlement ce qu'il nous fait !, témoigne Hourya, sœur de Sofiane. Il est dans son droit, on a bien compris, il joue de ses droits. Nous nous n’avons toujours pas les réponses que nous attendons et à côté de ça, on a le risque que cette personne soit remise en liberté, on sait très bien qu'il ne se présentera pas à la justice."

Pour Maître Luc Abratikiewicz, avocat de la famille Perrin, ses clients sont des victimes collatérales du manque de moyens de la Justice : "Ça fait plus d'un an à Montpellier que l'on attend un cinquième président de cour d'assises et des greffiers supplémentaires, pour mettre en œuvre une réforme de la justice et la cour criminelle. Rien n'arrive, rien n'est fait, et il y aura nécessairement dans les mois qui viennent des gens qui seront remis en liberté."


Je suis pour la liberté avec un contrôle judiciaire mais nous savons tous qu'il y a des gens dangereux qui vont être remis en liberté, et ça c’est impensable.


Déterminée à se battre pour que le procès ait lieu au plus vite, la famille de Sofiane compte écrire une lettre à Emanuel Macron.
 
Mort de Sofiane, battu à mort à Montpellier : "J’ai peur que les assassins de mon fils sortent"


 
Des précédents
Libérer des accusés faute de procès dans un délai raisonnable ne serait pas une première. Tout récemment encore, Ramon Cortès, condamné pour féminicide à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assise des Pyrénées-Orientales le 25 octobre 2017, a été remis en liberté à défaut d'avoir son procès en appel.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société assises