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A Sète, Cash Investigation enquête sur la pêche au thon rouge : “ça remue la merde pour rien”

Des thons viennent d'être péchés au large du Grau du roi et viennent d'être contrôlés, pesés et bagués par les affaires maritimes. / © Maxppp
Des thons viennent d'être péchés au large du Grau du roi et viennent d'être contrôlés, pesés et bagués par les affaires maritimes. / © Maxppp

"Pêche industrielle: gros poissons en eaux troubles": cette enquête de Cash Investigagion, diffusée ce mardi soir sur France 2, est en partie consacrée aux pêcheurs sétois. Elise Lucet a posé ses caméras dans le premier port de pêche français pour le thon rouge en Méditerranée. Ambiance Houleuse!
 

Par Isabelle Bris

Enregistrés à Sète l'été dernier, dans le cadre de ce numéro de Cash Investigation consacré à la pêche industrielle, plusieurs reportages et entretiens ont été diffusés ce mardi 5 février à 21 h sur France 2.

Dans cette enquête, les journalistes expliquent avec pédagogie comment les gros pêcheurs tirent légalement profit des aides à la «pêche durable» délivrées par l’Union européenne et comment ils bénéficient en grande majorité des quotas de pêche au thon rouge au détriment des petits pêcheurs locaux. 

Bertrand Wendling face à Elise Lucet 


Elise Lucet est allée demander à Bertrand Wendling, directeur général de la SATHOAN (syndicat Sardine, Thon, Anchois qui rassemble 120 marins pêcheurs dont la moitié de petits métiers) des explications sur la répartition des quotas de thon rouge : une répartition qui profite principalement aux plus gros.

En effet, une vingtaine de bateaux se partage près de 90% du gâteau, en Méditerranée.

Le reste du quota français de thon rouge, les 11 %, ce sont cent vingt-deux bateaux qui se les partagent. Ce qui semble pour le moins injuste.

Mais pour Bertrand Wendling, cela correspond à la régle européenne de l'antériorité : les quotas reviennent à ceux qui ont déclaré les thons rouges pêchés lors des années antérieures. Bref, plus on a pêché avant, plus on aura le droit de pêcher aujourd'hui et demain.

Ce qui veut dire que ceux qui, notamment les petits métiers, n'ont rien déclaré  (les artisans pêcheurs n’enregistraient pas forcément très bien leurs captures par le passé) sont pénalisés, car ils ne bénéficient pas de quotas.

Une règle érigée aussi, selon lui, pour éviter une sur-capacité de pêche, car avec la loi de l'antériorité, aucun nouveau pêcheur ne peut prétendre aller en mer à la pêche au thon rouge, ni croquer dans ce gâteau très surveillé en France.  


Voici un extrait de l'entretien avec Elise Lucet, ambiance cordiale mais tendue :

 



Mais les entretiens sont parfois plus houleux, notamment ceux réalisés avec deux poids lourds du monde des thoniers senneurs sétois : celui de Jean-Marie Avalonne qui racccroche au nez de la principale enquêtrice de l'émission ou encore avec le patron de plusieurs gros navires de pêche, Raphaël Scannapieco, sur un quai devant l'un de ses bateaux.

Interrogé sur l'identité du proprétaire d'un bateau lybien dont il est le gérant et sur ses mises en examens survenues en 2008 pour avoir minoré, entre autre, les déclarations de pêche au thon rouge de plusieurs tonnes, le prud'homme majeur de Sète n'a pas apprécié la tournure de la discussion, ni le ton de l'enquête en général.


Cette émission remue la merde pour rien, alors que toutes les casseroles au cul, on les a réglées et que l'on donne depuis des années dans la pêche durable


Cette émission "remue la merde pour rien, alors que toutes les casseroles au cul, on les a réglées et que l'on donne depuis des années dans la pêche durable" pestait-t-il au téléphone ce mercredi.
 

 

11 ans de procédure judiciaire


Une enquête a été ouverte fin 2007 sur la pêche frauduleuse de thon rouge en Méditerranée.

En juin dernier, plus de dix ans après le début des investigations judiciaires, Raphaël Scannapieco et Jean-Marie Avalonne comparaissaient en appel au  tribunal de grande instance de Montpellier. Ils sont toujours mis en examen pour : 

- travail dissimulé commis entre 2008 et 2011 à Sète et en Lybie,

- non respect par armateur ou capitaine des règles de travail, nourriture ou couchage en 2008,

- déclaration mensongère à une administration en vue d'obtenir un avantage indu entre 2008 et  2011 à Sète,

- pêche en quantité ou en poids supérieurs à ceux autorisés commis entre 2008 et 2011 à Sète,

- abus de confiance.


Un procès toujours en cours


Déjà reportée à octobre 2017, l'audience avait donc encore été renvoyée en juin 2018 à une date ultérieure, qui reste d'ailleurs indéterminée, car selon le greffe du tribunal, une partie de la procédure est instruite en ce moment en cour de cassassion.

Tant que ce volet n'aura pas été jugé en cassassion, l'ensemble de l'affaire ne pourra pas passer devant le TGI de Montpellier.

Aucune date n'a pour l'heure été annoncée par la justice.

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