Sète : deux députés visitent le centre de rétention avant le projet de loi asile et immigration

Des députés accompagnés d'une de nos équipes de journalistes ont visité le centre de rétention administratif de Sète - 12 février 2018 / © France 3 LR
Des députés accompagnés d'une de nos équipes de journalistes ont visité le centre de rétention administratif de Sète - 12 février 2018 / © France 3 LR

Ce lundi, deux députés et un sénateur ont visité le centre de rétention de Sète, nos journalistes ont pu les suivre. L’occasion de découvrir les images des conditions de vie des personnes en voie d’expulsion, mais aussi de préparer le projet de loi asile et immigration pour les députés.

Par J.Mériot avec S.Banus

Une semaine avant la présentation du projet de loi sur l’asile et l’immigration, une trentaine de députés et sénateurs, de divers bords politiques, dans toute la France ont visité des centres de rétention administrative.

Dans l’Hérault, à Sète, les députés Patrick Vignal (LREM), Muriel Ressiguier (Insoumis) et le sénateur Henri Cabanel ont utilisé leur droit de visite des lieux de privations de liberté pour voir la réalité avant de légiférer. Une visite surprise pour les policiers en charge des lieux.

Le reportage de Sébastien Banus et Franck Detranchant

Sète : deux députés visitent le centre de rétention avant le projet de loi asile et immigration
Ce lundi, deux députés ont visité le centre de rétention de Sète, dans l’Hérault deux de nos journalistes ont pu les suivre. L’occasion de découvrir les images des conditions de vie des personnes en voie d’expulsion, et l’occasion pour les députés de préparer le projet de loi asile et immigration. - France 3 LR - Sébastien Banus et Franck Detranchant

16 hommes sont retenus dans ce centre de rétention de Sète. Si aujourd’hui, ils sont là c’est parce qu’ils ont tous la même soif de l’Europe. Mais ils ne s’attendaient sûrement pas à se retrouver enfermés ici.

Nous n’avons rien ici, pas de loisirs pour passer le temps, nous avons juste ça une cellule et encore, ça ne fonctionne pas toujours bien. Et il fait très froid ici.


Ils ont quitté leurs pays pour échapper à des conditions de vie qui sont pires.

Les conditions de vie chez moi ne sont pas bonnes, sinon je ne risque pas ma vie dans un petit bateau pendant 26h.


Les hommes retenues dans ce centre de rétention peuvent y rester jusqu’à 45 jours.
Un peu plus loin, un homme fait la grève de la faim depuis près de 9 jours, il ne veut pas être expulsé en Algérie.


Se retrouver ici enfermés comme si ils avaient commis un crime, d’avoir quelqu’un comme lui qui est en grève de la faim depuis neuf jours, qu’il est désespéré, qu’il n’a pas de solutions, bien sûre cela pose des questions sur notre capacité à rester humain.
 

La question sur les 90 jours soulevée ... 


Ces questions ont été soulevées par l’opposition et ont été partagées par une partie de la majorité. Le projet de loi immigration et asile divise dans les rangs des députés de la république en marche, notamment sur le rallongement de la période de rétention à 90 jours, comme pour Patrick Vignal, député LREM de l’Hérault :

Je le dis c’est un mouroir ici, comment les gens peuvent rester plus de 45 jours, matelas par terre, je ne suis pas certain que les 90 jours servent à quelque chose.


Une dizaine de députés en Marche jugeant le projet de loi trop sécuritaire projetteraient de déposer des amendements pour l'adoucir. Une mini fronde qui serait une première dans ce quinquennat.

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