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Assises du Lot : 25 ans de prison pour l'agriculteur lotois poursuivi pour le meurtre de sa femme à Gorses

© France 3 Occitanie
© France 3 Occitanie

La cour d'assises du Lot a condamné Jean-Paul Gouzou à 25 ans de prison pour l'assassinat de sa femme en mars 2017. Malgré les signalements pour violences, l'agriculteur avait tué sa jeune épouse malienne de trois coups de fusil. La préméditation a été retenue. Il a 10 jours pour faire appel.

Par Juliette Meurin

Les jurés ont rendu leur verdict. L'agriculteur lotois poursuivi pour l'assasssinat de sa femme est condamné à 25 ans de prison.

L'avocat général des assises du Lot avait requis 25 ans de réclusion criminelle contre Jean-Paul Gouzou, un éleveur à la retraite jugé pour le meurtre de sa jeune femme malienne, Djeneba Bamia, en retenant contre lui la préméditation. 

 "Je m'appelle Djeneba (...) j'ai tout quitté pour suivre l'homme que j'aime et qui m'a abattue", a lancé le magistrat, Frédéric Amendros, dans un réquisitoire très théâtralisé, largement consacré aussi à dédouaner les institutions de toute responsabilité dans ce féminicide. 
 Alors que l'accusé a affirmé avoir agi pour "la survie" des trois enfants du couple, craignant pour leur sort, alors que leur mère devait les emmener en vacances au Mali, l'avocat général a indiqué qu'il demanderait la déchéance de l'autorité paternelle.

 " Lui a condamné ses enfants à perpétuité ", a-t-il déploré, en reprochant à l'accusé de n'avoir pas eu depuis le début du procès mercredi "le moindre mot" pour sa victime, de 20 ans sa cadette. 
 Réagissant à cette interpellation, Jean-Paul Gouzou, 69 ans, a pour la première fois laissé percer une émotion, demandant "pardon", en pleurant, à Djenaba Bamia.

Pour la défense, Me Edouard Martial a fait le portrait d'un homme "amputé de la vie", car "incapable d'ouvrir la porte à l'autre" et amené à "une distorsion grave de son raisonnement" par les craintes nourries pour ses enfants. 
Les experts témoignant jeudi avaient aussi dessiné une personnalité rigide, enfermée dans une logique folle. Mais la déléguée départementale aux droits des femmes avait, elle, évoqué un "prédateur" qui s'était "offert une esclave domestique et sexuelle".

 "Cela vous poursuivra toute votre vie. Tant pis pour vous, vous porterez votre fardeau, cette expiation", a ajouté Me Martial, comme pour convaincre les jurés de ne pas enchérir dans la sévérité. 
 Ancien officier de réserve dans la gendarmerie, le retraité avait lui-même appelé les gendarmes pour se livrer, après avoir tué sa femme de trois coups de fusil, en mars 2017, devant sa ferme à Gorses, un village à 80 km au nord-est de Cahors.

Le couple s'était marié en 2008, après une rencontre au Mali entre le retraité, en voyage professionnel, et sa victime, technicienne vétérinaire. 
Ils s'étaient séparés en 2016, sur fond "de  violences psychologiques et de brimades", selon une amie de la victime. Durant l'enquête, elle avait dénoncé sous le nom d'emprunt de Nicole l'inertie des institutions, mettant notamment en cause le parquet du Lot. 
"L'institution judiciaire n'est pas responsable de près ou de loin de la mort de Djeneba Bamia", lui a indirectement répondu l'avocat général, en faisant de l'accusé le seul responsable de son geste. 
    
 En 2017 en France, 130 femmes ont été tuées par leur conjoint, ex-conjoint, petit ami, amant ou ex-amant, contre 123 en 2016, soit plus d'une tous les trois jours, selon les derniers chiffres du gouvernement.
 

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