Lot : le sanglier abattu dans l'agglomération de Cahors représentait un "danger imminent" selon les autorités

Pour écarter toute polémique sur le sujet, le directeur départemental de la sécurité publique à Cahors, Patrick Meynier, précise "que les chasseurs qui ont abattu le sanglier sur ordre du maire ne chassaient pas au centre-ville. Appelés par les habitants apeurés , ils ont suivi le protocole".

Illustration : sanglier
Illustration : sanglier © C.Watier/MaxPPP

"Nul ne sait d’où sortait cet animal ou comment il a été blessé. Dans tous les cas il n’était pas poursuivi par les chasseurs", précise le directeur départemental de la sécurité publique à Cahors, Patrick Meynier. "Il a pu être percuté par un véhicule, il claudiquait sur trois pattes et s’est réfugié près d’un Ehpad  au centre-ville de Pradines". 

Comme le montre le tweet ci-dessous, les faits se sont déroulés ce dimanche 7 février à Pradines dans le département du Lot. Des habitants affolés par la présence de l’animal blessé appellent les chasseurs à la rescousse. Les chasseurs se rendent alors sur place et contactent le maire de la commune, Denis Marre, pour lui expliquer la situation. L’animal est blessé, nerveux et se situe en plein centre-ville. Il trouve alors refuge près d'un Ehpad. Agressif il charge à deux reprises et blesse les chiens des chasseurs.  

 

En présence du maire, les équipes sur place contactent alors le lieutenant de louveterie habilité à intervenir et assermenté. Au téléphone les chasseurs et le maire font un état des lieux. L’animal est blessé agressif, menace de sortir et blesse deux chiens, le temps que le lieutenant se rende sur les lieux, il pourrait charger à tout moment. Face à cette situation d’urgence "de danger imminent pour la population", le maire autorise les chasseurs à abattre le sanglier en prenant soin que les conditions de sécurité de tirs soient réunis.

"Au moment des faits aucun chasseur n'avait d'armes, il fallait prendre une décision face à un animal très dangereux en pleine après-midi. J'ai donné l'nstruction au chasseur de le tuer", précise le maire de Pradines, Denis Marre.

"Il a fait ce qu’il fallait faire pour protéger la population", analyse Patrick Meynier.

Je peux comprendre les personnes qui ont été choquées par les faits, c’est une émotion légitime mais ce qui prévaut avant tout est la sécurité des personnes. Devant un danger imminent grave notre mission est d’intervenir.

"Cette histoire a ouvert le débat entre les anti-chasses et les chasseurs, alors que la question était de faire abattre sur place ou pas un animal blessé, dangereux, prêt à charger", explique le maire André Marre. 

Prolifération d’animaux sauvages et dangereux dans les centres-villes

Il y a trois semaines, un sanglier a été abattu au centre-ville de Cahors, un animal de 80 kg qui a traversé trois fois le Lot et chargé un vététiste. L'animal s'était réfugié en cœur de ville dans une zone d’habitation, au fond d’un garage. "L’animal dangereux prêt à charger a dû être abattu car il représentait un réel danger pour la population", raconte le directeur départemental de la sécurité publique à Cahors.

Dans le Lot ces incidents ont malheureusement tendance à se répéter. "Toutes les semaines des sangliers ou des chevreuils percutent des voitures, le phénomène devient récurrent, il y a une explosion de la faune sauvage et la régulation est très compliquée", précise Patrick Meynier.

La sècheresse pourrait en partie expliquer le phénomène. Ces animaux manquent de nourriture naturelle, ils se rapprochent donc des villes et se réfugient dans les jardins de particuliers. De nombreux riverains demandent à la mairie l’autorisation d’installer des clôtures à leur domicile afin d’éviter l’intrusion des sangliers. "C'est un réel problème", rajoute le maire de Pradines.

La sanglier abattu en plein centre-ville de Pradines a suscité une vive émotion auprès de certains résidents. La mort du jeune Morgan Keane tué dans un accident de chasse à Calvignac, il y a deux mois, est dans tous les esprits. Dans ce contexte, les chasseurs ont été rappelés à l’ordre par l’intermédiaire des présidents des sociétés de chasse du Lot. Tous se sont engagés à respecter la règlementation. 

 

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