60 000 connexions internet pour le procès du loup à Florac

José Bové au tribunal de Florac, en Lozère, pour le procès du loup - 12 septembre 2015 / © Capture d'écran télédéraille
José Bové au tribunal de Florac, en Lozère, pour le procès du loup - 12 septembre 2015 / © Capture d'écran télédéraille

Le tribunal de Florac n'a pas jugé le loup mais le vrai faux procès installé dans le tribunal d'instance a permis un débat construit durant une journée. Débat sur le loup, les éleveurs, mais aussi sur notre regard d'homme face au prédateur.Débat filmé et retransmis sur le net par télédraille.

Par L.C.

La salle du petit tribunal d'instance de Florac était comble pour entendre le jugement du loup. Mais le président Marcel Lemonde a expliqué qu'un tribunal n'était pas un outil de condamnation et que l'important était que le débat sur le loup a été ouvert.
Il a toutefois reconnu que les éleveurs et les bergers sont des victimes et a bien entendu la phrase prononcée par  Geneviève Carbone ethnozoologiste : "on peut détruire une espèce on ne peut pas la recréer."

Un débat passionnant de près de 8 heures ouvert par l'émotion du berger Bernard Grellier lisant les témoignages de ces éleveurs confrontés aux attaques répétés de loup. Il a encore conduit 900 bêtes à l'alpage cet été.
Il décrit le prédateur comme capable de préférer les proies faciles et de revenir dans les mêmes lieux. Pour Bernard Grellier "les Italiens font garder leurs troupeaux par des Kosovars qui savent se battre".
Geneviève Carbone biologiste qui a consacré sa vie à l'étude du loup spécialement dans le Mercantour a longuement expliqué que la présence du loup faisait partie intégrante de notre milieu naturel et que nous avons toujours considéré le loup comme un ennemi à la différence d'autres pays européens.
Débats passionnés pour le procès du loup à l'ancien tribunal de Florac, en Lozère
A. Grellier et Y. Le Teurnier

Le procureur Coste dans ses réquisitions a rappelé que les Anglais et les Irlandais vivaient sans un seul loup sur leur sol et que cela ne posait aucun problème. François-Louis Coste veut envoyer le loup sur l'île au diable. Ce qui n'échappera pas à Gérard Christol avocat de la défense qui rappellera que c'est Dreyfus qu'on enfermera sur l'ïle au diable. Me Christol insiste sur la nécessité du conflit dans notre démocratie et de savoir affronter le loup.

Le président qui a suivi comme juge d'instruction à Lyon, le dossier d'action directe ou dernièrement le procès au Cambodge des khmers rouges, insiste sur le fait que ce tribunal d'instance de Florac qui ferme ses portes, comme plus d'une centaine de petits tribunaux en France, aura permis d'ouvrir le dialogue, de poser le débat dans son entier.

Un débat parfaitement retransmis par la webtélé des Cévennes, Télédraille, qui a pour slogan "la télé qu'on ne regarde pas comme des moutons". La télé locale qui nous a permis de relayer sur ce site, en direct, cet événement. Le live stream du procès du loup a recueilli 60 000 connexions.

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